Wednesday, May 4, 2011

Le Mali : Etat de droit ou Etat policier?





Après l’affaire de la maîtresse du Président, de triste mémoire, voilà que le régime d’ATT veut revenir à ses reflexes primaires en enfreignant avec mépris la précieuse liberté d’expression qui est le fondement de toute démocratie. Principe intangible, extrêmement nécessaire en démocratie, elle est l’une des plus importantes libertés publiques. Notre constitution dans son article 4 octroie ce droit fondamental à tout citoyen malien; ” Toute personne a droit à la liberte de pensée, de conscience, de religion, de culte, d’opinion, d’expression et de création dans le respect à la loi.”
L’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 stipule: "Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit"
La liberté d'expression est un principe fondamental, sacré, immuable et inviolable qui autorise toute personne sans restriction à émettre librement une opinion, positive, négative, flatteuse ou farfelue, sur un sujet mais aussi sur une personne physique ou morale, une institution… Ce droit a certes ses limitations juridiques.
Ces rappels nécessaires nous placent théoriquement dans le cadre de l’Etat de droit. On parle d’Etat de droit dès l’instant où le pays est doté d’une constitution dans laquelle figure la déclaration des droits des citoyens.
Notre pays, le Mali est un Etat en ceci qu’il s’est doté d’une constitution dans laquelle est consignée la déclaration des droits des citoyens. Ces droits et leurs abus doivent être les mieux partagés pour tout le monde. L’arbitraire ne devrait s’y impatroniser. Qu’on soit puissant ou misérable, les jugements de la cour devraient nous rendre blanc ou noir, pour pasticher le grand fabuliste français.
Mes frères Guillaume Diallo et Aliou Ifra Ndiaye ont abordé ce problème avant moi avec leurs propres grilles de lecture. Qu’il me soit permis de l’aborder en ma manière.
De quel meurtre le pauvre Moctar C Dicko a t-il été coupable pour qu’on le mìt à l’inquisition? Il a eu le tort d’exprimer librement son opinion au sujet du prix Kéba Mbaye dont ATT a été le bénéficiaire. La question de l’adresse officielle de son service ne fut qu’un prétexte fallacieux. Certaines personnes qui semblent être déconnectées des réalités du monde ambiant, oublient que l’ère du stalinisme, du totalitarisme est le souvenir d’un passé douloureux, les méthodes policières pour intimider, sévir les honnêtes citoyens sont à jamais révolues. C’est une véritable déviation du bon sens que de vouloir utiliser le baîllon pour un contrôle social des libres penseurs et des anti-conformistes. La victoire des Alliés a scellé le sort des régimes totalitaires en 1945. Le mur de Berlin s’est effrité en novembre 1989 et a accouché de sa belle délivrance la liberté, en 2011 un vent nouveau a soufflé à partir de Sidi Bouzid, rien ne sera plus comme avant. Certains ne réalisent-ils pas que c’est du passé , les temps glorieux de la dictature où on embastillait les gens pour avoir exprimé leurs idées avec des formules pompeuses et alambiquées du genre: “ offense au chef de l’Etat ou atteinte à l’ordre public ou à la sécurité de l’Etat”? Pourquoi vouloir châtier Mr Dicko de sa témérité, sans autre forme de procès comme l’agneau de la Fontaine? C’est un acte anti-constitutionnel que de vouloir dépouiller Mr Dicko de son droit à la liberté de penser, pourquoi vouloir l’inquiéter, l’intimider ou le sanctionner pour ses opinions qu’il croit justes? Dès lors qu’un directeur Mr Mahamane A. Maiga et un sécrétaire général du ministre de la Justice, Mr Badou Traoré zélés , soucieux de conserver leur fauteuil et leurs” pains”, interfèrent au nom d’une autorité publique qui ne dit pas son nom, il y a indubitablement une enfreinte à la liberté d’expression. Et pourtant, à ce que je sache, il n’a pas à travers ses idées, menacé un tant soit peu la paix ou l’ordre social, il n’a pas tenu de propos racistes, xénophobes nauséabonds, discriminatoires et rédhibitoires. Dans son argumentaire, il a tout simplement dit des choses qui dérangent certaines personnes. Monsieur Dicko a eu le toupet de dire tout haut ce que le commun des maliens ne sait que trop. Les réunions du PDES tenues dans les salles de conférence du ministère de la Justice, dirigées par le Ministre Marafa Traoré étaient permises. La justice n’était-elle pas censée s’y appliquer à tout le monde, petit ou grand, directeur ou ministre? L’égalité du droit est elle une vue de l’esprit sous nos latitudes de doux tropiques? Certains font-ils assaut de grande ardeur en servant une autorité ou leurs interêts? Le zèle hypocrite pour leur propre bien paraît plus évident que le zèle au service du Prince. Qu’on veuille bien nous dire si nous sommes dans une vraie démocratie bananière avec une Gestapo version malienne. Veut-on habilement nuire aux opposants réels ou supposés, internes ou externes de ATT? Si tel est le cas, il y a lieu de mener au Mali une autre bataille: celle de la liberté d’expression. ‘Nous n’avons qu’une liberté: la liberté de nous battre pour conquérir la liberté” l’ancien journaliste française Henri Jeanson ne croyait pas si bien dire. Ce qui se passe au Mali est revoltant, il y a lieu de s’en insurger avec véhemence surtout quand on sait que le ministre de la justice n’est pas étranger à cette mascarade. Nous nous plaignons du fait qu’on veuille emmuseler les citoyens. Ils ne seront pas seuls, nous souffrirons en communion avec eux. L’heure n’est plus au baîllonnement. Dans nos espaces de discussion, nous abordons les sujets brûlants du pays, tout en faisant usage de notre droit sacré de liberté d’exprimer hardiment ce que nous ressentons. Nous sommes attentifs à toute volonté malveillante de nous brider. Personne ne saurait brandir le spectre de la justice pour nous intimider, mettre la muselière à “ nos gueules” pour tomber nos jactances même si le Mali est malade de sa justice qui ne nous semble pas crédible pour défendre et protéger nos libertés d’expression. D’ailleurs, la frontière entre la liberté d’expression et son pouvoir de nuisance est tellement tenue qu’il relève de l’habileté juridique que d’en faire la démarcation. Il tient de la maladresse que de vouloir persécuter aujourd’hui les gens à cause de leurs idées. Un soleil nouveau brille sur le monde. Qu’on veuille gentillement nous laisser nous épancher sur nos fora, et autres espaces de discussion où nous donnerons libre cours à nos idées, à nos fantasmes, à nos élucubrations débridées. Quitte à dire que le Président de la Republique ne mérite pas sa médaille de l’éthique, qu’il est le maître de l’esbrouffe et du bluff. Que le Mali a été pendant son règne une démocratie du folklore basée sur une économie palatiale.
Dans un article antérieur, j’avais dit qu’il est simpliste et primaire d’honnorer notre démocratie en se satisfaisant de l’aberration de l’autoflagellation et de l’autodafé en soutenant que nous sommes une vitrine attrayante de la vraie démocratie. A quel niveau du developpement démocratique se juche le Mali? Quelle est la nature réelle du pouvoir qui s’y exerce? Qu’on se le tienne pour dit: le droit est au pouvoir ce qu’est la théorie à l’action, l’idéalisme au matérialisme. Nul n’est dupe, les maliens, surtout les fonctionnaires d’Etat sentent dangereusement la présence de l’épée de Damoclès au dessus de leur tête. A y regarder de très près le Mali ressemble à s’y méprendre au Manding de Soumangourou Kanté dont l’aura terrifiant poussait les sujets à parler dans la gourde. A la faveur de ce qui se passe présentement autour de nous, aucun peuple n’est prêt à se laisser engoncer dans un corset dictatorial ou policier qui l’étreindrait douloureusement. La volonté est réelle chez tous les peuples de soulever les chapes de plomb dont on voudrait malhabilement les couvrir.
La liberté ne s’use que si l’on ne s’en sert pas, disait comiquement Guy Bedos. Du pied de la statue de la liberté, véritable symbole de la liberté et de l’émancipation vis à vis de l’oppression, sise dans mon New Jersey adoptif, j’userai de ma liberté d’opinion en disant que ATT à une fascination particulière pour les médailles, que le prix Kéba Mbaye frise la complaisance et le ridicule. En décernant, ce prix au chef de l’état malien, à quelle éthique les sénégalais faisaient-ils allusion? ATT a été le complice coupable d’un système économique palatin basé sur la plutocratie et la cleptocratie, il a cautionné la corruption qui vit ses plus beaux jours, il a accordé son onction à une élite bureaucratique hédoniste, il endosse la responsabilité de la faillite économique de notre pays: l’aide internationale détournée et gaspillée, les dividendes de l’exploitation de nos ressources minières empruntent des destinations autres que les caisses de l’Etat, l’impunité est devenue une règle de gouvernance, le pouvoir d’ATT fut une espèce de bonapartisme éldulcoré……Dans un Etat de droit, est –ce un abus de mon droit d’exprimer que de dire que le pouvoir dans la durée a poussé ATT à tomber petitement dans les travers du narcissisme, du nombrilisme et de la mégalomanie? Nous disons librement à ATT, à sa police secrète et autres ouailles illuminées que ses différentes médailles reçues sont frappées par le sceau de l’incartade.
Liberty enlighten the world ( La liberté éclairante du monde) est le vrai nom de la statue de la liberté au pied de laquelle j’ai redigé ces lignes. J’ose espérer de tout mon coeur que cette liberté aille au délà de l’immensité de l’océan atlantique pour atteindre les rivages du fleuve djoliba et tomber dans le creux de l’oreille de ceux là qui veulent dans leur dévotion, leur envoûtement et fascination mystico-réligeuse transformer notre Etat de droit en Etat policier moyen-âgeux.
Fatogoma Mohamed ouattara
Orange, New Jersey
USA
http://fouattara.blogspot.com
fouattara2@comcast.net

Tuesday, April 5, 2011

Le nouveau Premier Ministre:


Le nouveau Premier Ministre:
Cent jours pour convaincre



Après trois ans à la Primature, Modibo Sidibé et son équipe érodée et écornée, ont montré leurs limites. Le besoin de changement du cartel gouvernemental défaillant s'imposait à l'évidence. Pour pasticher Ronald Reagan qui disait que l’Etat n’était pas la solution , il est le problème, le malien lamda a compris depuis belle lurette que ce gouvernement n’était pas la solution , il était le problème à nos malheurs. Le Prince de Koulouba a fait languir en faisant durer le suspens pour les raisons qui lui sont propres. Pendant environ un an, la presse nationale a fait du remaniement gouvernemental un tel sujet de fixation qu'il a fini par tomber dans la désuétude et le ridicule. Tel un couperet la décision tant attendue a fini par tomber.
Donner la grande impulsion à un gouvernement malade moribond, et sauver une fin de règne par une politique volontariste et vigoureuse tient de tours de passe passe politique qui n’est pas à la portée du commun des mortels. Pour réussir cette gageure, il convient d’avoir du génie mais aussi l'art de concilier les mouvements de douleur et de fureur pour transcender les obstacles et atteindre les résultats. Changer le statu-quo ne va pas sans faire de mécontents. Ce challenge, c'en est vraiment un, ne sera pas , à ne pas en douter une partie de plaisir. Pour ce faire, le nouveau PM a besoin d’une période de grâce. Nous donnons une période probatoire de cent jours à notre premier ministre Madame Cissé Mariam Kaïdama Sidibé pour nous donner une idée claire de ce qu’elle sait faire en politique. En politique, cette période de mise à l’épreuve d’un novice s’étend généralement sur cent jours suffisants pour juger de la capacité d’un gouvernement à faire face aux dossiers brûlants d’un pays. Nous l’attendons de pieds fermes sur la lutte contre la corruption, la reforme du service public, l'école, le foncier, les reformes institutionnelles, la préparation des élections présidentielles crédibles et transparentes. Les premières impressions des trois premiers mois sont importantes et durables. Donc la balle se trouve être dans son camp.
Sa personnalité, la composition de son gouvernement, sa volonté de changement et les résultats seront nos critériums de vérité pour en bien juger.
Première femme malienne à se hisser à un tel haut niveau de responsabilité politique, sa nomination est un camouflet à l’ego des phallocrates qui vont faire des pieds et des mains pour lui rendre son magistère très compliqué. Elle sera en butte à deux dangers: le machisme de la classe politique et le sexisme médiatique. On ne saurait balayer du revers de la main une conception mysogyne multiséculaire solidement ancrée dans le subconscient d'un peuple en passe d'être pris en otage par les islamistes. Pour se faire accepter, elle a donc besoin d’avoir une personnalité forte: une véritable amazone. En fait de courage mâle et guerrier, elle en a besoin. Elle se doit d'être une femme de poigne de fer et de séduction, d’énergie et de fermété pour commander et sévir. Pour aspirer nettoyer l’écurie d’Augias qu’est l’administration publique malienne, il y’a lieu pour elle d’être une véritable dame de fer qui ne se gênerait pas aux entournures pour cogner par ci , par là , avec une main d'acier dans un gant de velours. Gardons nous de tout procès d'antériorité à son endroit. Accompagnons la avec notre pâteline onction et bénédictions. Point n’est besoin pour elle de mener une vie de cloître et de s’enfermer dans une espèce de monastère politique pour recevoir des leçons et des pressions des uns et des autres. Elle a besoin d’être une cheftaine autoritaire, volontaire et rétive qui refusera de se faire cabrer par un ATT dont le jeu de prédilection est d’offrir les autres en pâtures. Toute attitude de mollesse et de condescence de sa part serait des plus suicidaires. Nous osons espérer pour une fois que cette bonne dame ne sera pas offerte comme une offrande rituelle comme l’a été le VEGAL, sacrifice expiatoire d'une certaine politique machiavélique aux antipodes de toute moralité.
La composition de l'effectif de son équipe sera indubitablement le noeuf gordien de la rude tâche qu'est la sienne, la clef de voûte de l'action qu'elle entendra mener.
Nous convenons que l'héritage légué à la pauvre hère n'est pas des plus faciles à gérer. Robert Louis Stevenson, célèbre écrivain écossais, auteur de "L'île au trésor" disait que: " Dans la vie, il ne s'agit pas nécessairement d'avoir un beau jeu, mais de bien jouer de mauvaises cartes". Il tient des douze travaux herculéens que de changer le statu-quo au Mali en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire ou l'écrire. S'il était demandé à Madame Cissé Mariam Sidibé de choisir parmis les épreuves herculéennes, elle se ferait tirer par les oreilles pour nettoyer l'écurie d'Augias qu'est notre administration publique pour lui en donner sa splendeur. Comme dans la mythologie grecque, le prix à payer par elle en vue d'acquérir l'immortalité politique s'avère être la laborieuse misssion d'éradiquer la corruption, véritable frein mortel à notre développement. Comme dans la mythologie, les écuries maliennes n'ayant pas été nettoyées depuis bientôt vingt ans, il faudrait les bras vigoureuses d'une héroïne courageuse. Mais l'immensité de cette épreuve ne doit nullement refroidir ses ardeurs, sa volonté réelle et inébranlable à s'y essayer. En cas d'échec, l'immensité de la tâche l'excusera. Faire son possible est toujours possible.
Et enfin, les résultats mitigés ou probants atteints par notre nouveau PM n'entameraient nullement la sincérité de sa tentative si et seulement si elle privilégiait l'intérêt supérieur de la nation malienne dans le choix de son consortium et de ses orientations. En cas d'échec, c'est le pire que nous puissions lui souhaiter, elle tracerait les sillons creux et bien espacés d'une nouvelle ère politique pour la gente féminine au Mali.
Comparaison n’est pas raison. Cependant, souvenons nous d’une certaine Edith Cresson, détentrice de la palme du règne le plus éphémère sous la V République à Matignon. Elle était venue donner un coup de fouet à la politique agonisante d’un Mitterrand en fin de mandat. Elle a succédé à Michel Rocard après trois ans à la Primature. Souhaitons pour Madame Cissé Mariame que ce magistère ne soit un regrettable poisson d'Avril empoisonné consacré par un passage météorique à la Primature. Quelque soit le résultat auquel elle sera parvenue, l’histoire retiendra qu’au Mali, à travers l’élection de Madame le Premier Ministre, l’espoir est né. Puisse t-il dévenir la chose la mieux partagée pour les femmes maliennes! Amen.
Fatogoma Mohamed ouattara
Orange, New Jersey
USA
Fouattara2@comcast.net
http://fouattara.blogspot.com

Sunday, March 27, 2011

Mars 1991-Mars 2011


Mars 1991-Mars 2011
Vingt ans après: révolution ou involution?





Ante scriptum: cette réflexion a été originellement offerte au journal “info-matin” à l’occasion du vingtième anniversaire de mars 1991



Mon credo est qu'en politique, c'est une forfaiture que de regarder dans le rétroviseur. Je le crois, parce que c’est absurde (Credo quia absurdum). Cependant, il tient de la sagesse, en un moment ou à un autre de la vie, que de s'arrêter pour faire le point du trajet parcouru. Dresser une espèce de bilan résumant les acquis et les tares, les comptes d’actif et de passif tient de la rationalité. Après une bonne vingtaine d'années d'exercice démocratique, n’étant pas honnêtement à même d’offrir un portrait idyllique et paradisiaque, j’aurais aimé pour une fois, ne pas offrir une image kafkaïenne de la situation d’ensemble de l’évolution de notre pays. Il m’est cependant difficile de me départir de la fresque cauchemardesque et sinistre de notre société malienne actuelle où de nouveaux bourgeois bureaucratico-compradores ont fait main basse sur le Mali. Cette” objectivité extrêmement étrange” m’amène à offrir ma réflexion, de façon alambiquée, sous une forme interrogative. A chacun de la répondre avec sa propre sensibilité ou selon qu’on se place derrière une oeillère ou une grille. La façon atypique qu’est la mienne de célébrer la messe risque de me faire paraître comme un rabat -joie. Que me soit permis de poser quelques vastes interrogations qui m’écrabouillent la tête. Ces vingt ans, seront ils consacrés à solenniser nos fragiles et timides acquis suffisants pour mériter la grâce divine ou à commémorer la mémoire de ceux-là qui sont vaillamment morts sur les champs d’honneur? Les beaux cantiques des panégyristes, des crapauds des marais chantés à la gloire de leurs idoles (Konaré et Touré) vont ils se mêler inextricablement aux pleurs de tristesse qui célèbreront nos martyrs morts? Allons nous couronner d’applaudissements, de discours dithyrambiques et laudatifs le héros de mars 1991 pour qui, certaines ouailles soumises à une fascination mystico-religieuse sont prêtes à mourir? (ATT anbé sa ino fè: ATT nous mourons pour toi). Allons nous tresser des couronnes de lauriers pour Alpha Oumar Konaré et ses compagnons dont le passage à la magistrature suprême de notre pays ne fut pas des plus catholiques? Allons nous nous interroger sur le scrupule de ceux qui ont dirigé la transition et les convier dans un prétoire ? Ou célébrerons nous la mémoire de ceux qui ont disparu sous la charge de la dictature de Moussa Traoré? Ou après un sage exercice d'introspection, allons nous prendre du recul à seule fin de corriger nos lacunes?
Dans la vie des hommes ou des peuples, il est des événements qui méritent d’être célébrés. Soit on les célèbre dans la joie et l’allégresse dans une atmosphère purement ludique ou on les fête dans une espèce d’introspection qui est une période de réflexion, et d’autocritique par un retour vers soi même. Notre choix de l’une ou l’autre manière dépendrait de l’acception qu’on aurait volontiers donné aux vocables de révolution et d’involution.
Sur le plan politique, les mêmes acteurs omnipotents sont toujours là, faisant et défaisant la vie politique de la nation à souhaits. Ceux qui ont été les compagnons fidèles du Général Moussa Traoré sont aujourd'hui les maîtres d'oeuvre de la vie politique malienne si bien que l'âge venant , on se trouve en face de gérontocrates qui croient toujours à leur destin national. Cette sénescence politique révèle notre incapacité à renouveller notre classe politique alors que tout autour de nous dans le monde la classe politique prend un salutaire bain de jouvence. Les intérêts particuliers des politiciens ont pris le pas sur l’intérêt national, ce qui n’a pas manqué d’engendrer une effroyable coupure sociale. La richesse ostentatoire et insolente d’une nouvelle classe malhonnêtement enrichie nargue cyniquement le bas peuple qui ne sait plus à quel saint se vouer. D’où une certaine apathie et une crise de confiance. La faillite morale et éthique des hommes politiques a dramatiquement pris les allures de problème insoluble telles la trisection de l’angle, la construction de l’heptagone régulier, ces problèmes de géométrie sans issue dans l’Antiquité grecque. La corruption et son corollaire, le saccage des déniers publics sont restés au travers de la gorge des maliens telles des arêtes de poisson.
Le multipartisme débridé a été un échec cuissant pour notre pays. Il est ridicule pour un petit pays de 13 millions d’âmes, sans ressources véritables, d’avoir une escarcelle garnie de plus de 130 partis politiques. Le besoin de revoir notre copie s’impose.
En 1997, en butte à sa premiere crise instituionnelle, notre démocratie a failli être victime de sa maladie infantile. Ce qu’on avait perçu comme la manifestation de mauvaise humeur d’un petit merdeux est malheureusement présent comme maladie d’adolescence. Chacun de nous a conscience des imperfections de notre code électoral. Au lieu de le raboter pour lui en donner de nouvelles moulures agréables, on préfère attendre la dernière minutes pour nous offrir un travail bâclé. A la présentation du rapport de Daba sur la réforme institutionnelle, il s’est imposé au bon sens de mettre la râpe sur le sabot du cheval de troie qu’on nous avait présenté. Une espèce de nébuleuse semblait étrangement planer sur ce texte. A quelques encablures des consultations présidentielles, rien n’a été fait comme si les dirigeants se plaisaient à maintenir le flou et la confusion. Quelle approximation! Ce texte imparfait va –t-il être un autre cri de douleur pour les maliens?

Sur le plan social, le tableau n’est guère reluisant. Le panier de la ménagère est dramatiquement vide. Les retraités volontaires de la fonction publique sont venus grossir le nombre des jeunes chômeurs sortis de nos écoles, véritables fabriques en la matière. Tant de familles assises sur de véritables malles aux trésors, tirant le diable par la queue, obérées de dettes, affaiblies par les effets progressifs et lents de la pauvrété et de la misère, sans ressource et tombées dans la dernière nécessité, ne savent plus à quel saint se vouer. Combien en sont-ils pendant ces vingt dernières annnées à s’être immolés à l’eau et à la terre, ces jeunes gens désoeuvrés à la recherche du bien être par délà leur pays? Le chômage, l’insertion des jeunes, l’insécurité, le déficit public, la faillite morale et éthique….sont des réalités criardes de notre pays.
L’école malienne est dans le creu de la vague depuis des lustres. Le forum visant à la sauver fut une véritable diversion. “L’Enseignant” et le “Militaire” ont tous deux piteusement échoué à l’arracher des affres de sa lente agonie. Le niveau de l’élève malien des vingt dernières années laisse à désirer. On s’interroge sur l’avenir du Mali dans les années à venir.
Si le Mali peut se targuer d’avoir un paysage audiovisuel luxuriant avec plus d’une centaine de radios privées, une télévision nationale qui régente l’information avec passion, on peut être à bon droit de se poser la question de savoir si la notion de liberté d’opinion et d’expression, le droit de l’information sont des réalités tangibles. Certains journaux n’existent que par la présence de certains plumitifs prompts à se laisser soudoyer au grand mépris de la déontologie de ce noble métier. La presse qui aurait du jouer le rôle qui est le sien dans cette atmosphère de monarchisme modéré qu’on nous a imposé, n’a pas pu courageusement jouer son rôle de contre pouvoir. Craignant offenser les Dieux de Koulouba, elle fut timorée comme si l’histoire de la “maîtresse du Président” a tempéré ses ardeurs et affecté son imagination.
Un autre Mali était possible. Nous n’avons assisté à la mise sur pied d’aucun projet de développement sérieux. Le pays fut soumis à la fourche caudine du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale avec son corollaire de drames sociaux. Un désespoir mortel a succédé à la privatisation sauvage de nos enterprises d’Etat. Avec une population d’environ 13 millions, le Mali exporte peu, importe beaucoup. Tout se fait avec l’aide des partenaires économiques et financiers. Une situation qui nous fait ridiculement nous accrocher aux basques des autres et à leur bon vouloir. On ne saurait reposer le développpement d’un pays sur l’empathie, la bienveillance, l’altruisme des autres. On les appelle affectueusement et ridiculement au bord du fleuve djoliba, “les partenaires économiques et financiers” Il faudrait de véritables projets de développement audacieux pour aspirer entrer dans le gotha des pays émergeants. L’élaboration de véritables projets de développement n’est pas tant une dette que les politiciens des vingt dernierès années doivent au Mali mais l’aveu de ce qu’ils doivent par la volonté réelle de prévoir un avenir radieux dans l’indépendance. Hélas! Aucun effort réel n’a été entrepris dans ce sens. La réforme agraire, l’école adaptée aux exigences du monde moderne, l’industrialisation et l’exportation sont le sésame, ouvre-toi. Nos dirigeants ont agi autrement.

Faudrait-il concevoir, stricto sensu, notre révolution dans une acception purement astronomique: retour d’un astre au point où il était parti? Ou devrions nous l’approcher lato sensu, en la définissant comme un événement aux allures historiques qui a lieu dans un groupe où une communauté humaine en insurrection prend le pouvoir au prix de sacrifices en vue de changements profonds, d’une remise en cause radicale? Ces changements affectent la vie politique, économique, sociale...). Faudrait-il aborder l’involution sous une optique purement philosophique qui s’entend comme un développement inverse de l’évolution, un retour à l’homogène, à l’uniformité? Si dans le Cid, le choix entre l’amour et l’honneur fut cornélien, la difficulté et la douleur du mien est entre révolution et involution. A chacun de faire son choix et de répondre à mon dilemme. Comme le disait William Shakespeare, le célèbre poète et dramaturge anglais: “That’s the question!”.
Fatogoma Mohamed ouattara
Orange, New Jersey
USA
Fouattara2@comcast.net
http://fouattara.blogspot.com

Sunday, March 13, 2011

La drôle de guerre.




Etrange particularité que celle du landerneau politique malien! Après la démocratie consensuelle, va t-on assister à la drôle de guerre? Si la drôle de guerre est née de la déclaration de guerre entre l’Allemagne et les Alliés, celle à la malienne va t-elle précéder la période des conflicts pré-électoraux et post-électoraux? L’escarmouche déloyale engagée ces derniers temps par le Pr Bretaudeau à l’encontre du Parena constitue à n’en pas douter les prémisses d’interminables combats de fleurets mouchetés que certains intellectuels brusquement surgis des bois vont livrer aux partis politiques dans les mois à venir. Le professeur Alhousseini Bretaudeau a commis un esclandre. Dire que " un mauvais fichier électoral vaut mieux que l'absence de fichier électoral" ou "des élections un peu sales valent mieux que pas d'élections" est une véritable pierre de scandale. Je conteste ce principe d'expression de la volonté populaire en proposant ironiquement le vote à main levée. D’autres coups de jarnac suivront. C’est une évidence que de dire que l’opposition malienne a été majoritairement frileuse, aphone et complaisante vis à vis de l’exercice du pouvoir monarchique de Amadou I &II. Si nous devons nous souvenir qu’il y’a quelques partis politiques qui, dans cette situation de méli-mélo, ont courageusement tiré leurs épingles du jeu, il serait inujuste d’en venir à oublier le Parena. Nos intellectuels maliens qui s’étaient volontairement et complaisamment murés dans leurs tours d’ivoire, veulent subitement sortir de leurs cachettes et du haut de leurs chaires professorales daignent nous dispenser ex cathedra des cours de sciences politiques. Il tient de la banalité que de se livrer au double jeu du silence et de la parole. Nous leur demandons, par respect pour notre démocratie –qui va cahin caha en suivant son petit bonhomme de chemin-de bien vouloir rester derrière la ligne maginot ou alpine derrière laquelle ils se sont volontairement retranchés. Qu’ils aient la décence de se taire. A quelques encablures des échéances électorales, d’autres partis politiques ne manqueront pas d’enjamber la ligne Siegfried qu’ils s’étaient tracée pour mener d’autres assauts .
Dans la situation socio-politique dégradante de notre pays, devant la démission des partis politiques dans leur majorité, nous avons souhaité voir des intellectuels révolutionnaires, engagés pour jouer le rôle de contre-pouvoir. Je pousse l’outrécuidance à poser la question de savoir combien sont-ils ces intellectuels maliens qui peuvent se targuer d’avoir défrayé la chronique par leur courage et leur engagement politique aux côtés des masses populaires? Et Dieu seul sait s’il y’avait des causes justes pour lesquelles ils devraient s’enflammer ! Au lieu de dénoncer les dérapages du régime actuel et contrarier le prince, ils ont joué la politique de l’autruche en cachant leur tête dans les livres encyclopédiques. Nous nous doutions qu’ils avaient une conscience politique ces personages-doctes ès comédie. Selon Platon, ils ressemblent à des Athéniens qui excellent dans l’abondance et l’élégance du parler. Leur éloquence ne serait-elle pas une injure à la réalité sociétale ambiante ? Si la Libération a donné naissance à Sartre, prototype de l’intellectuel engagé politiquement, qu’est ce que notre révolution de mars 1991 aura t-elle enfanté? Une caste d’intellos bourgeois avec une “mauvaise foi” de sa conscience qui se cramponne à ses avantages administratifs. Raymond Aron, philosophe et politologue français touché par la muse disait que chaque pays génère ses intellectuels.
Quel procès de mauvais aloi veut on intenter au Parena? Certains nostalgiques veulent ils revoir le scenario de la situation délétère dans laquelle ont lieu les élections de 1997 ou de 2007? Le crime de ce parti politique est d’avoir eu la sagesse de nous demander de prendre des dispositions en vue d’éviter une re-belotte. Point n’est besoin d’être pythonisse ou devin pour augurer un monstrueux tohu bohu à n’en plus s’entendre aux lendemains des prochaines élections présidentielles. Ce qui se passe actuellement au Bénin doit nous enseigner. La Côte d’ivoire et la Guinée furent en butte aux mêmes casus beli. C’est simpliste et primaire d’honorer notre démocratie en se satisfaisant de l’aberration de l’autoflagellation et de l’autodafé en disant que le Mali est un exemple de démocratie. Allons nous offrir au reste du monde, après nos élections, l’image de nos jacasséries? A l’instar de ceux qui n’ont pas prévenu, allons nous reporter la date de nos consultations, compter et récompter les voix, légitimer le CENI au détriment de la Cour Constitutionnnelle ou vice versa? Les sages ont toujours prévu mais ont-ils été toujours compris? Oui ! les membres du Parena sont de vrais patriotes, les mauvais patriotes sont ceux là qui ont oublié les fautes des processus électoraux antérieurs. La vraie faute n’est elle pas celle qu’on ne corrige pas? Peut on nous garantir la toute perfection de notre code électoral? Pourquoi le black-out total sur le RAVEC? Connaissant les approximations du pouvoir actuel, serait- ce erronné de dire que toutes les précautions utiles sont déjà prises exceptés nos cartes d’électeurs, le matériel électoral? La sagesse pratique voudrait qu'on s'y attèle hic et nunc.
Je voudrais dans mes propos, attirer l’attention des uns et des autres sur l’attitude de cette bourgeoisie nouvelle privilégiée qui au Mali s’est contentée de s’aggriper à ses avantages, de se cloîtrer dans le luxe douillet des bureaux administratifs, des bibliothèques et des chaires universitaires et qui a oublié qu’elle avait une responsabilité sociale consubstancielle à son statut d’intellectuel. Il n’est nullement dans mes intentions de gloser sur le rôle de l’intellectuel dans une approche historique mais plutôt dans une approche sociopolitique visant à secouer un tant soit peu tel un cocotier l’orgueil nobiliaire de ces intellos, ennemis de notre démocratie de par le péché de leur concupiscence. A la faveur des progrès fabuleux des moyens de communicaction à travers les réseaux sociaux, l’internet, les fora de discussion, ils n’ont pas réalisé que la communication est essentielle, simple et accessible pour jouer leur partition avec des prises de position audacieuses dans les enjeux sociaux et politiques. Allergique à la contestation, consciente que tout enjeu comprend des conséquences, elle ne s’est pas risqué de perdre ses avantages. Nous nous inquiétons de l’attitude cynique de retrait, de démission sous-tendue par une propagande ou une théorisation à leurs profits et à ceux du pouvoir. Véritables ennemis de notre démocratie, ces épigones de Joseph Goebbels, spécialistes de la manipulation de l’opinion publique et de la démagogie, veulent user de manoeuvres dilatoires obscures pour fausser notre perception de notre réalite socio-politique. Alors extrême méfiance! N’oublions pas qu’un autre grand intellectuel, docteur de son état, excelle à régenter l’information avec passion dépuis son quartier-bunker de Bozola. N’oublions pas que le légendaire Paul Joseph Goebbels était un très grand intellectuel. On connait la suite.
La chute du mur de Berlin a fondamentalement modifié la carte de l’Europe. Le nouveau vent venu de Bouazizi (la Tunisie) va radicalement modifier la carte démocratique de notre continent, les consciences aussi. Le peuple malien est sorti de la candeur de son enfance. Il conjugue maturité et transcendance. Maître de son destin, il a le pouvoir de “néantiser” aujourd’hui le déterminisme, la fatalité que certains voudraient s’ingénier à lui imposer. Vivement que le Parena fasse des émules dans notre univers politique! Les porteurs de nouveaux messages ont toujours malheureusement porté le chapeau. Si d’aventure, la manipulation politique, la médisance et la calomnie venaient à avoir raison du courage et du patriostisme du Parena, je leur dirais de cogiter sur la profondeur de cette sagesse de Thomas Edison de mon cher New Jersey: “ Je ne me décourage pas car toute tentative infructueuse qu’on laisse derrière soi constitue un pas en avant.”.
Fatogoma Mohamed Ouattara
Orange, New Jersey
Fouattara2@comcast.net
http://fouattara.blogspot.com



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Tuesday, March 8, 2011

Misère au temps des élections présidentielles de 2012





L’historiographie se plaira un jour à consigner dans les livres que sous le monarchisme constitutionnel d’Amadou Toumani Touré, l’opposition politique malienne fut mystérieusement absente, aphone, au nom d'une curieuse démocratie consensuelle. Mais curieusement, tous ceux des politiques qui étaient frappés de laryngite chronique trouveront subitement l’usage de la parole à la faveur des élections présidentielles. Cette "opposition" n'eût d'autres intérêts que les siennes. Le pauvre peuple malien aura pris les allures de maître aliboron de cette farce de Maître Pathelin. A quelques encablures des présidentielles, les états-majors de ces soi-disant partis de gauche redynamisant leurs structures, partiront pour leur offensive de charme à la conquête d'un électorat blasé et désabusé. Ceux qui avaient perdu l'usage de la parole ne manqueront pas de bruire au point de nous tympaniser telles des pétrôleuses avec leur bruit de bottes, leurs déclarations incendiaires et leurs promesses mirobolantes. Ils vont “:criailler à nos oreilles comme qui verserait dans un entonnoir “et notre charge serait de rire d’eux sous cape. Telle dans une jungle, ils vont se déchirer, s'offenser, se haïr, se dire des misères. Véritable misère d'une période électorale!
Molière ne croyait pas se tromper en mettant dans la bouche d’un de ses acteurs, Tartuffe dans la pièce qui porte son nom :
« Le scandale du monde est ce qui fait l’offense,
Et ce n’est pas pécher que pécher en silence »
L’opposition malienne, muette comme une carpe, n’a pas su jouer sa partition de contre-pouvoir au régime de Amadou Touré. Un véritable péché, ce silence exaspérant et cette démission qui ont fait de la politique une espèce de misère pour les maliens. Pour ce peuple qui n'est plus un enfant de choeur, la question qui se pose est de savoir combien sont-ils à être crédibles?
Il tient de la sagesse pratique que de ne pas trier mais plutôt de brûler quand le champs est envahi par de mauvaises herbes. Comme la nature et la politique ont horreur du vide, nous n'aurons d'autres choix que de réfléchir mûrement puis débrouiller et trier sur le volet le futur locataire du palais de Koulouba.
Modibo Sidibé
Certains analystes politiques mettent en avant sa longévité et la diversité des postes occupés dans notre système politico-administratif : directeur de cabinet du chef de l’Etat sous la transition, une décade dans le fauteuil ministériel sous Konaré, une demie-décennie comme sécrétaire général de la présidence, puis locataire de la Primature dépuis le début du second et dernier mandat de Touré.
L’arbre ne doit pas cacher la forêt. Sa présence dans la gestion du pays dépuis l’avénément du Mali démocratique ne plaide pas en sa faveur, me semble-t-il. Il doit humblement partager la responsabilité de l’échec de son dernier serviteur quant à la lutte contre la corruption et la délinquence financière. Même si sa moralité n’est pas douteuse(qui sait ?), il a dirigé une “ Caverne des Grands Voleurs”, une véritable équipe d’écornifleurs appparentée à une plutocratie doublée d’une kleptocratie. Pourquoi n’a-t-il pas rendu le tablier pour soigner son image de futur présidentiable qui est malheureusement écornée par ce péché? Il partage avec ATT le bilan mitigé de sa gouvernance dans bon nombre de domaines. L’échec cuissant de la fameuse initiative-riz ne plaide nullement en sa faveur. Et enfin, l’homme semble être distant et reservé, d’une grande froideur qui frise à la limite l’impassibilité et l’indifférence, ce qui serait de nature à lui coûter sa tête s’il n’y prend garde. Il a l’air d’une statue de cire au Musée Madame Tussaud de Londres, d’un marbre d’Italie qui ne s’émeut pas en raison de son flegme, de sa froidure à moins qu’il n’ait un coeur chaud, attendrissant et plein de grâce pour se pencher sur les préoccupations et les douleurs profondes du peuple.
Ibrahim Boubacar Keita du RPM (Rassemblement Pour le Mali), véritable dinausaure qui veut faire de la politique une carrière. Il est le prototype de la mastodonte politique, au propre et au figuré. Il a connu ses grandeurs et sa décadence, mais refuse d’être habité par la sagesse qui lui ferait renoncer au prestige de la couronne suprême. Ne réalise-t-il pas qu’il a blanchi sous le harnais et que son étoile a pâli depuis belle lurette? Il n’a pas grand’chose à prouver si ce n’est ses gaucheries perfides, ses allégeances souterraines et subreptices quand il s’est agi pour lui de faire preuve de courage politique pour se prononcer sur les grands dossiers de ce pays. Le rêve obsessionnel de son hypothétique diadème présidentiel l’a rendu toujours aphone et complaisant. La gloire passée de ce personnage-institution ne saurait être un argument massue pour lui quand l’heure du choix aura sonné. Il a intérêt à s’éclipser en sortant par la grande porte.

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Soumaila Cissé
Cet ancien ministre de l’Economie et des finances de Alpha Oumar Konaré sera le probable candidat de URD (Union pour la République et la Démocratie ). Sorti de la matrice de l'Adema, ce parti et son candidat ne sont pas exempts de reproches. Dépuis sa création en Juin 2003, il ne s'est pas fait entendre sur les grands sujets brûlants concernant la vie de la nation. Ils n'ont eu pour ambition que de glaner des fauteuils ministériels et parlementaires. Riche comme Crésus, brillantissime intellectuel, ce candidat naturel, peut il inspirer confiance quant à son choix à la magistrature suprême? Cet ange des ténèbres peut –il se reconvertir et aspirer à la redemption pour conquérir nos coeurs? Ses crimes consacrés en seraient –ils moins des crimes? La reminiscence de ces souvenirs risque d’éclairer le peuple. Il ne serait pas désenchanté de voir le peuple malien oublier sa gestion peu glorieuse de la CMDT et de l’ACI. Il lui serait aussi difficile de se démêler des affaires de casseroles de son parti originel qu’est l’ADEMA. De sa tour d’ivoire de l’UEMOA, il a adopté une attitude de retenue et de précaution vis à vis du débat politique interne. Après son échec de 2002, avec la carte de la revanche en mains, il aspire faire valoir les arguments qui sont les siens pour grimper à Koulouba. Un candidat sérieux avec lequel il faudrait compter. Ses chances de succès existent.
Diancouda Traoré -ADEMA-PASJ: orateur froid, manquant effroyablement de bagout, incapable de toucher et convaincre son auditoire et soi-même. Est –il à même d’enflammer les foules? Ce parti mythique qui porte une grande responsabilité dans la dérive de notre pays, ne risquerait-il pas d'être victime des ambitions personnelles de ses nombreux caciques qui majoritairement traînent des casseroles? Les ambitions individuelles, la cristallisation des rancoeurs des uns et des autres dans le canevas d'une division risqueront à coup sûr d'être fatales à leur candidat.
Le PDES
Parlant du PDES et de son candidat, permettez moi de pasticher Jean de la Fontaine en disant :
“La cigale, ayant chanté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue.
Quand la bise fut venue;
Pas un seul morceau
De mouche ou de vermisseau”
Le peuple malien mature, n'ayant pas la mémoire courte et ne souffrant d'aucune cécité sensorielle est témoin de ceux là qui le narguent au quotidien avec un luxe insolent à l'antipode de sa misère existentielle. Va-t-il accepter d'accorder son suffrage moyennant des t-shirts, des képis, du sucre, du thé et quelques billets de banque? Le sage peuple malien sera -t-il prêt à donner les moyens à cette nouvelle bourgeoisie dont la posture frise le cynisme le plus révoltant, de s'enrichir de plus belle? Une bande de flagorneurs et de panégyristes-prébendiers qui ont vécu, à tout venant, au dépend d'un Prince- complice qui leur aura tout permis. Tout sauf le PDES dans un Mali revanchard désireux de changement et de rébondissement. Les maliens ne seront pas candides, suicidaires et sadiques pour accorder leurs suffrages à ces bouffons et fous du roi Amadou Toumani Touré qui ont été les faussoyeurs de notre économie en devenant des milliardaires; ces bouffons attitrés assez amusants qui ne seront pas gênés aux entournures pour narguer le peuple malien après avoir cyniquement et impunément vidé ses déniers. Ces saltimbanques vont se livrer aux spectacles de rue, aux méga-meetings politiques pour amuser et abuser de la crédulité de la populace en lui promettant monts et merveilles. Le bruit des casseroles qu’ils traînent derrière eux est tellement strident qu’il empêchera les électeurs maliens à succomber naïvement au son de leurs sirènes tentatrices, de leurs promesses mensongères.

Les jeunes loups: Moussa Mara, Mamadou Djigué “Jeff”, Cheick Boucadary Traoré ”bouga”, Bamba Gagny Kiabou, Kassoum Coulibaly, Abidine Ould Ganfoud (peut être reviendra –t-il sur sa décision?), Madani Tall, Amadou Diarra, Abdoulaye Diallo, des inconnus du grand public et les compléments d’effectif ou figurants tenteront leurs chances sans vraiment croire en leurs étoiles, mais ils attendront leur heure qui n'aura pas encore sonné. A ces fretins de se rapppeler la sagesse de La Fontaine:
“Petit poisson deviendra grand
Pourvu que Dieu lui prête vie;”
En politique, la patience et le rêve sont des vertus.
Cheick Modibo Diarra
Lui, ce n’est pas du fretin, on peut l’appeler avec respect et égards Docteur Modibo Diarra. Il en impose par son curriculum vitae hors du commun. L’homme docte ou l’homme politique? Voici toute la question. Comme dans une compétition sportive on pénalise les meilleurs pour niveler les chances des compétiteurs, il ne serait pas déplacé de parler de handicap chez Cheick M Diarra. D’abord son agréable et étroite proximité d’avec la famille de l’ancien dictateur Traoré n’est pas le plus grand avantage pour arracher le coeur d’une large frange de la population électorale encore circonspecte vis à vis de ce génie qui est une fierté nationale. Dans un second temps, son tableau de chasse politique ne semble pas être des plus garnis. A la vérité, en fait d’engagement politique, il n’a pas d’attestation honorable. Il a posé quelques actes philanthropiques qui s’apparenteraient à s’y méprendre à une opération de charme auprès des populations locales. Ses détracteurs ne manqueront pas de franchir le rubicon en lui rappelant..

Zoumana Sacko- Oumar Mariko: le probable duo gagnant
Avec le nombre pléthorique des candidats, tout se jouera à la faveur des alliances entre partis politiques mais aussi à la bourse qui fera mieux que la harangue et les projets de societés. C’est un aphorisme politique que de dire que l’union fait la force. Dans cette course marathon pour Koulouba, le vraisemblable duo choc gagnant avec une capacité de résilience à toute épreuve s’avère être le ticket : Zoumana Sacko_Oumar Mariko, qui entend le chic et versé dans les subtilités et finesses de l’arcane politico-administratif. Cette hypothèse est plausible, non pas pour la croire avec une certitude absolue, mais croire qu’elle a des chances sérieuses de succès. Deux surdoués politiques au courage exceptionnel, pour lesquels les consciences morale et professionnelle ne sont pas de vains mots. Dans le contexte de morosité sombre et pâteuse dans lequel se trouve notre pays, nous osons espérer vivement que ces deux hommes de proue de la politique malienne feront preuve de grandeur d’âme et de patriotisme en formant un couplage salutaire tout en donnant tort à la fameuse maxime de La Rochefoucaud: “Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt comme les fleuves se perdent dans la mer”. ”L’union fait la force. Oui. Mais la force de qui?” disait Alain. Il faudrait que l’un accepte de renoncer à ses ambitions présidentielles, de travailler à l’ombre de l’autre. Il ne faut pas se leurrer: l’héritage légué par ATT, ami de la corruption et des voleurs à col-blancs, ne sera pas des plus simples à gérer. Il laisse derrière lui un pays qui va désespérement à vau-l’eau. Il nous faut un Deus ex machina, ce dieu grec qui apportait providentiellement un dénouement heureux à une situation désesperée, pour transformer le désespoir ambiant en espérance. La complementarité synergique entre ces deux hommes aux personnalités intrinsèquement différentes ne pourra que permettre au Mali de réaliser le bond qualitatif, des performances socio-économiques d’échelle insoupconnées. Cependant, la synergie négative ou l’antagonisme entre eux serait préjudiciable aux attentes qu’un Mali en panne placerait en eux. .
Si ces deux hommes, acceptent de sacrifier leurs ambitions personnelles sur l’autel de l’intérêt national, ils pourraient constituer une espèce de sysmothérapie, un électrochoc qui ne manquerait pas d’insuffler le souffle de printemps pur et salutaire dont le Mali a besoin.
Avec des yeux de lynx, ils sauront décéler les fourberies et le ridicule des judas de ce combat de jungle luxuriante et dense de près de (130)cent trente partis politiques.
Il est un impératif catégorique que d’élaborer une véritable stratégie politique de conquête de pouvoir en fonction de leurs forces et faiblesses et des réalités spécifiques du landerneau politique malien où tous les impondérables sont envisageables.

“Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies.” disait Marcel Proust. Cette élucubration était l’expression de ma petite folie dans laquelle je persiste à seule fin d’appartenir au cercle restreint des sages. Une monstrueuse aberration fait croire à certains bien-pensants qu’en me frondant vertement pour avoir pensé autrement qu’ils prouveront leur raison. “La raison et la vérité ne sont-elles pas communes à chacun de nous? “La raison est elle garant de ce que fait un fou?” Peut être comme le fou de Jean de la Fontaine, je vends la sagesse.
A bon entendeur salut!



Fatogoma Mohamed ouattara
Fouattara2@comcast.net
http://fouattara.blogspot.com
Orange, New Jersey
USA

Friday, February 11, 2011

Le héros est mort, vive le contre-héros!

Le 5 février 2011 fera date dans l’histoire du Mali. Cette journée aura consacré l’encouragement de l’insuppportable médiocrité d’un homme à la tête de notre pays par une bande de mercantis, de prébendiers dirigée par Jeamille Bittar. Le peuple malien que les maîtres d’oeuvre de la haute comédie prennent pour givré ou comme le dernier des peuples dingues de l’histoire ne s’est nullement trompé sur la signification réelle d’un pareil montage politico-médiatico-mensonger qu’on pourrait d’ailleurs intituler : “ les voleurs et le prince-receleur”. Qui du voleur ou du receleur est coupable? Le principe de la légalité criminelle se pose. Le secteur privé malien pour lequel l’ingratitude est un crime, après avoir gracieusement bénéficié de crédits d’impôt, d’exonérations, de ristournes, de marchés fictifs, …..s’est montré royalement reconnaissant à l’endroit de celui- là qui a donné à la corruption toute son onction pateline et ses véritables lettres de noblesse au Mali sous son règne. Une pièce d’orfevrerie( médaille d’un kilo d’or), véritable quote- part du lion, dédiée aux enfants, les amis du Président. Le plus grand cadeau qu’on puisse faire aux enfants, c’est de poser la primauté de l’école, de l’éducation sur tout projet de développement. A l’issue des deux mandats de notre samaritain de Président, l’avenir de ses amis les enfants est dramatiquement bouché.

Qui dit que comparaison n’est pas raison? L’année 2002 aura vu ATT et Lula accéder à la magistrature suprême de leurs pays respectifs, concomitemment. Luis Ignacio Lula se serait senti insulté devant une telle mascarade, lui qui aura permis au Brésil d’entrer dans le BRIC(Pays émergeants) en affichant d’excellents résultats économiques doublés d’un envol insolent: ruée des investisseurs étrangers, inflation presque inexistante, taux de scolarisation des enfants élevé, diminution de la pauvrété, émergence d’une classe moyenne jouissant du système bancaire et accès aux crédits. Les troubadours-panégyristes d’ATT le comparent à l’Empereur Auguste qui se targuait par la célèbre formule d’avoir “ trouvé un Rome de briques; et laissé un Rome de marbre”. Avec les formules pompeuses , les crapeauds des marais, chantres d’un certain PDES qui marche à une vitesse hypersonique, symbole “d’un Mali qui gagne” n’arrêtent de coassser, de bruire. Peut-on parler de progrès miraculeux après les deux mandatures de ATT qui lui vaudrait d’être célébré? Soyons sérieux, on n’évalue pas le progrès d’un pays à l’aune des échangeurs, des logements sociaux d’attbougou, de la cité administrative, de la colombe de la paix….. A combien s’élève réellement le taux moyen de la croissance? A combien s’élève l’ardoise de la dette extérieure qu’il lègue aux générations futures? A quel niveau se trouve aujourd’hui l’école malienne? En presque dix ans d’exercice du pouvoir, qu’a-t-il fait pour faire sortir l’école malienne du gouffre? A quel niveau d’industrialisation se trouve le Mali ? Et les exportations du Mali? A-t-il créé suffisamment d’emplois? La répartition des biens est-elle équitable? Les maliens mangent –ils à leur faim? Et le combat contre la pauvrété? Et l’indice du développement humain: espérance de vie, scolarisation, pouvoir d’achat..! La situation sécuritaire au Nord du Mali? A-t-il su sauvegarder cette nation malienne à toutes épreuves tant à l’intérieur qu’à l’extérieur? La diplomatie malienne sur l’échiquier internationale? Autant de questions auxquelles il faudrait honnêtement répondre. Est-il besoin de soutenir que nous posons plus de questions que nous n’avons de réponses?


Si l’appeler pater patriae(père de la nation) peut prêter à la polémique sémantique, il ne serait pas moins exact de l’affubler de titre de héros de mars 1991 qui aura été l’artisan de la naissance d’un nouveau régime politique: la démocratie. Après les moments d’euphorie, la déception, la désolation et le désespoir ont fait irruption dans la vie des maliens: la montagne a accouché d’une souris. Nous avons aujourd’hui glissé d’un monarchisme constitutionnnel à une kleptocratie(gouvernement des voleurs). L’exercice du pouvoir, sur la durée, a corrompu l’homme. Il abuse et continue d’en abuser. Lord Acton ne s’était pas du tout trompé. Le héros sauveur d’un certain mars 1991 n’a pas échappé à la sacro-sainte règle.

“ Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée: car chacun pense en être bien pourvu.” Au Mali d’ATT, la honte est la chose la mieux partagée. Elle ne tue pas, ne dérange les consciences ni des généreux donateurs ni des heureux récipiendaires. L’orgueil et la modestie n’étant plus partie prenante de nos éthiques personnelles, tout devient alors possible. Devant des cadeaux pour lesquels on n’a pas droit, on dit non par orgueil qui tient lieu de raison. Partager les dividendes de la délinquence financière autorisée par ATT avec ATT, renvoyer l’ascensseur à ATT c’est bien, mais lui enseigner la modestie, la mesure et l’honnêtété, démonstrations d’une certaine sagesse, c’est lui rendre un grand service. L’image non reluisante que nous offre aujourd’hui notre Président de la République paraît si écornée qu’elle ne correspond plus à celle du héros national dans son acception la plus pure. Un héros se caractérise par son courage, l’audace, le sens du sacrifice et du patriotisme pour son pays. Il est recompensé de façon honorifique par l’Etat en guise de reconnaissance d’un service civil ou militaire. Le vrai héros, digne de ce nom, garant de l’autorité morale se serait contenté humblement d’une palme emblématique si tant est que la recompense était justifiée. Personne ne se serait offusqué de voir une figure emblématique bénéficier d’un insigne emblématique. L’homme a ridiculement manqué de modestie. Mes chers compatriotes, tenez vous bien! La réprésentation théatrale n’est pas encore finie. Si l’Empereur romain Auguste après s’être miré à l’approche de la mort s’était exclamé en laissant choir: Plaudite, acta est fabula !"(Applaudissez, la pièce est finie !), tel n’est pas le cas de mon général-président. Il ne lui déplairait pas de voir ses laudateurs, ses flagorneurs-profiteurs qui ne manquent pas d’ingéniosité de monter d’autres pièces comiques en son honneur. Après les quartiers attbougou, la médaille de 220 millions au musée national, il restera à donner son nom aux rues, ériger des statues à son honneur, classer sa maison paternelle et la mosquée qui est a quelques encablures, dans le patrimoine de l’humanité, honorer Soud’Baba en érigeant un mausolée après sa mort et le classer huitième merveille du monde et frapper son effigie sur la monnaie nationale, les timbres, célébrer sa date de naissance. …

Nous surmontons notre timidité en frondant de concert ces impertinents de laquais et l’incartade du héros d’hier qui n’a pas daigné laisser le sage peuple malien et l’Histoire juger ce qu’il mérite. Depuis belle lurette, les maliens, loin d’être d’une naïve candeur mais avisés, dans leur vaste majorité ont brulé le héros de mars 1991 à la faveur de la dérive monarchique, de la plutocratie( règne de l’argent), de la bureaucratie, du népostisme, du clientélisme, de l’à peu près de sa gestion du pays, de l’impunité; de la chèreté de la vie, le chômage et l’absence d’avenir radieux pour une jeunesse désemparée. La misère est ambiante. Il y’a une espèce de honte d’être le heureux récipiendaire d’une palme de 220 millions à la vue d’une certaine misère sociale sans nom.

Le héros de mars 1991 s’est lamentablement commué en contre -héros. Dommage qu’il n’est de si beau jour qui n’amène sa nuit. Je tire le rideau sur ses frasques ridicules, ils sont inadmissibles; je les fustige car il est piteusement tombé dans les travers de la mégalomanie, de la cupidité, du narcissisme et de la petitesse. J’ai bien peur que cette affreuse décoration ne réussisse à cacher sa vraie nature. Et oui, il est un mortel comme nous!

Une contribution de Fatogoma Mohamed ouattara
Fouattara2@comcast.net
http://fouattara.blogspot.com
Orange, New Jersey, USA

Sunday, January 2, 2011

La méprise grossière d'une certaine presse

A chaque fois que la liberté de presse est transgressée, les journalistes crient à la violation flagrante de leur droit sacré de nous informer. Ironiquement bon nombre des leurs, cyniquement trangressent les bornes établies par la déontologie de leur sacerdoce. Le comportement d’une certaine presse n’a pas ces derniers temps honoré la vraie presse malienne pour qui nous avons une admiration et une dévotion à nulle autre pareille.
Le comportement d’une certaine presse dans notre pays a frisé le manque de professionalisme, de pensée raisonnable, de convenance et d’intelligence. Notre presse, si imaginative, inventive et ingénieuse d’habitude, devient triviale et piteuse sitôt qu’elle s’intéresse à la vie privée d’honnêtes citoyens qui ont eu le tort de réussir ou d’être des vedettes. Cette presse ne s’est pas gênée de tirer à hue et à dia sur Oumou Sangaré et d’embourber méchamment notre Président de la république. Les textes étaient d’une architecture si grossière, si légère qu’ils reflétaient une indigence et une stérilité pitoyables. Telles des chouettes, certains journalistes frustes ont pris un malin plaisir à huer sur Oumou Sangaré. Quel lynchage médiatique horrible! Si je ne m’abuse, trois journaux différents ont intenté le même procès à l’endroit de la pauvre dame. Pour cacher astucieusement leur manque d’imagination, veulent –ils tirer les marrons du feu avec la patte de chat? Et pourtant les sujets à traiter pour intéresser les lecteurs et vendre profitablement leurs papiers ne manquent pas. Si l’on veut s’en donner la peine, il y’a chaque jour que Dieu fait un sujet d’un intérêt indéniable à traiter au Mali.
Nous nous emmerdons avec des nouvelles de carrefour que tous les maliens savent par coeur à force de les avoir apprises dans les grins, dans les SOTRAMA. Dans toutes les sociétés, les personnes publiques ont le plus souvent payé un lourd tribut à leur notoriété. C’est fort regrettable que les Mamadou Lamine Doumbia de l’Indépendant, Amadou Salif Guindo du Matin, Kassim Traoré de Bamako Hebdo……….après avoir traîné aux gémonies la pauvre hère nous témoignent de leur hargne en signant la sentence capitale de celle qui a conféré à notre musique son lustre sur le plan international . Ce genre de malveillance, de vacherie(propos dur, injuste et méchant) peut peser dans les balances de la justice et dans les nôtres. De quel puritanisme veut –on nous parler dans un Mali où……….? Une presse ne saurait aspirer à la grandeur si ses articles frisent le ridicule qui est à l’antipode de la noblesse originelle qui est incarnée(in carnis) par cette profession.
Les allégations mensongères, indigestes, ridiculeusement fagotées du Nouveau Réveil relatives à l’intervention d’ATT auprès de la BCEAO pour le salaire des fonctionnaires ivoiriens du gouvernement de Laurent Gbagbo, l’article d’un bas étage de Dabaoué Audrianne Kani de l’Express du Faso quant à une” position bien ambiguë de notre Président dans la crise ivoirienne”, chantés en choeur avec un journal de la place, furent de véritables giffles à notre nation toute entière. Le nationalisme ne s’applique pas qu’aux politiques. Nous avons tous un devoir d’amour, de loyauté et de défense vis à vis de ce pays à toutes épreuves.
Après nous avoir gavé d’intoxication, certains journalistes veulent-ils faire de notre presse un écrin de recueil de bêtises qu’ils ont rélevées ça et là sur la vie de nos honnêtes citoyens? Neni! Heureusement que la grisaille s’embellit avec la finesse, l’imagination, la bravoure et le ….courage des Seydina Oumar Diarra, Sambi Touré, Birama Fall, Alexis Kalambry, Mahamane Hamèye Cissé qui ont connu les affres de la Bastille malienne pour avoir exercé leur métier. Au rebours de ceux qui font porter des chapeaux aux autres, nous nous inclinons devant tous les vrais journalistes que nous n’avons pas nommés, chapeaux bas! Qu’ils soient glorifiés à travers ma critique boutade.
Faisons attention! Ce qui se passe dans la Côte d’Ivoire voisine doit interpeler la conscience des uns et des autres. Le dérapage de la presse a été à l’origine de bien de désagréments dans bon nombre de pays. Nous sommes à l’orée d’une année électorale dans notre pays. Que la presse soit une aiguille pour nous rassembler et non un instrument diabolique pour lyncher, traîner certaines honnêtes gens dans la boue.

Voltaire, le chantre défenseur de la liberté d’expression, à qui on a injustement attribué la fameuse citation de Evelyn Hall: “ je ne partage pas ce que vous dites mais je me battrais jusqu’à ma mort pour que vous puissiez le dire”, disait que” je vous pardonne d’être ignorant, mais je ne vous pardonne pas d’être un homme grossier, qui a l’insolence de mêler dans cette querelle et de nommer des gens qui ne devaient pas s’y attendre”. A bon entendeur salut!

Fatogoma Mohamed Ouattara
Orange, New Jersey
USA
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