Tuesday, March 8, 2011

Misère au temps des élections présidentielles de 2012





L’historiographie se plaira un jour à consigner dans les livres que sous le monarchisme constitutionnel d’Amadou Toumani Touré, l’opposition politique malienne fut mystérieusement absente, aphone, au nom d'une curieuse démocratie consensuelle. Mais curieusement, tous ceux des politiques qui étaient frappés de laryngite chronique trouveront subitement l’usage de la parole à la faveur des élections présidentielles. Cette "opposition" n'eût d'autres intérêts que les siennes. Le pauvre peuple malien aura pris les allures de maître aliboron de cette farce de Maître Pathelin. A quelques encablures des présidentielles, les états-majors de ces soi-disant partis de gauche redynamisant leurs structures, partiront pour leur offensive de charme à la conquête d'un électorat blasé et désabusé. Ceux qui avaient perdu l'usage de la parole ne manqueront pas de bruire au point de nous tympaniser telles des pétrôleuses avec leur bruit de bottes, leurs déclarations incendiaires et leurs promesses mirobolantes. Ils vont “:criailler à nos oreilles comme qui verserait dans un entonnoir “et notre charge serait de rire d’eux sous cape. Telle dans une jungle, ils vont se déchirer, s'offenser, se haïr, se dire des misères. Véritable misère d'une période électorale!
Molière ne croyait pas se tromper en mettant dans la bouche d’un de ses acteurs, Tartuffe dans la pièce qui porte son nom :
« Le scandale du monde est ce qui fait l’offense,
Et ce n’est pas pécher que pécher en silence »
L’opposition malienne, muette comme une carpe, n’a pas su jouer sa partition de contre-pouvoir au régime de Amadou Touré. Un véritable péché, ce silence exaspérant et cette démission qui ont fait de la politique une espèce de misère pour les maliens. Pour ce peuple qui n'est plus un enfant de choeur, la question qui se pose est de savoir combien sont-ils à être crédibles?
Il tient de la sagesse pratique que de ne pas trier mais plutôt de brûler quand le champs est envahi par de mauvaises herbes. Comme la nature et la politique ont horreur du vide, nous n'aurons d'autres choix que de réfléchir mûrement puis débrouiller et trier sur le volet le futur locataire du palais de Koulouba.
Modibo Sidibé
Certains analystes politiques mettent en avant sa longévité et la diversité des postes occupés dans notre système politico-administratif : directeur de cabinet du chef de l’Etat sous la transition, une décade dans le fauteuil ministériel sous Konaré, une demie-décennie comme sécrétaire général de la présidence, puis locataire de la Primature dépuis le début du second et dernier mandat de Touré.
L’arbre ne doit pas cacher la forêt. Sa présence dans la gestion du pays dépuis l’avénément du Mali démocratique ne plaide pas en sa faveur, me semble-t-il. Il doit humblement partager la responsabilité de l’échec de son dernier serviteur quant à la lutte contre la corruption et la délinquence financière. Même si sa moralité n’est pas douteuse(qui sait ?), il a dirigé une “ Caverne des Grands Voleurs”, une véritable équipe d’écornifleurs appparentée à une plutocratie doublée d’une kleptocratie. Pourquoi n’a-t-il pas rendu le tablier pour soigner son image de futur présidentiable qui est malheureusement écornée par ce péché? Il partage avec ATT le bilan mitigé de sa gouvernance dans bon nombre de domaines. L’échec cuissant de la fameuse initiative-riz ne plaide nullement en sa faveur. Et enfin, l’homme semble être distant et reservé, d’une grande froideur qui frise à la limite l’impassibilité et l’indifférence, ce qui serait de nature à lui coûter sa tête s’il n’y prend garde. Il a l’air d’une statue de cire au Musée Madame Tussaud de Londres, d’un marbre d’Italie qui ne s’émeut pas en raison de son flegme, de sa froidure à moins qu’il n’ait un coeur chaud, attendrissant et plein de grâce pour se pencher sur les préoccupations et les douleurs profondes du peuple.
Ibrahim Boubacar Keita du RPM (Rassemblement Pour le Mali), véritable dinausaure qui veut faire de la politique une carrière. Il est le prototype de la mastodonte politique, au propre et au figuré. Il a connu ses grandeurs et sa décadence, mais refuse d’être habité par la sagesse qui lui ferait renoncer au prestige de la couronne suprême. Ne réalise-t-il pas qu’il a blanchi sous le harnais et que son étoile a pâli depuis belle lurette? Il n’a pas grand’chose à prouver si ce n’est ses gaucheries perfides, ses allégeances souterraines et subreptices quand il s’est agi pour lui de faire preuve de courage politique pour se prononcer sur les grands dossiers de ce pays. Le rêve obsessionnel de son hypothétique diadème présidentiel l’a rendu toujours aphone et complaisant. La gloire passée de ce personnage-institution ne saurait être un argument massue pour lui quand l’heure du choix aura sonné. Il a intérêt à s’éclipser en sortant par la grande porte.

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Soumaila Cissé
Cet ancien ministre de l’Economie et des finances de Alpha Oumar Konaré sera le probable candidat de URD (Union pour la République et la Démocratie ). Sorti de la matrice de l'Adema, ce parti et son candidat ne sont pas exempts de reproches. Dépuis sa création en Juin 2003, il ne s'est pas fait entendre sur les grands sujets brûlants concernant la vie de la nation. Ils n'ont eu pour ambition que de glaner des fauteuils ministériels et parlementaires. Riche comme Crésus, brillantissime intellectuel, ce candidat naturel, peut il inspirer confiance quant à son choix à la magistrature suprême? Cet ange des ténèbres peut –il se reconvertir et aspirer à la redemption pour conquérir nos coeurs? Ses crimes consacrés en seraient –ils moins des crimes? La reminiscence de ces souvenirs risque d’éclairer le peuple. Il ne serait pas désenchanté de voir le peuple malien oublier sa gestion peu glorieuse de la CMDT et de l’ACI. Il lui serait aussi difficile de se démêler des affaires de casseroles de son parti originel qu’est l’ADEMA. De sa tour d’ivoire de l’UEMOA, il a adopté une attitude de retenue et de précaution vis à vis du débat politique interne. Après son échec de 2002, avec la carte de la revanche en mains, il aspire faire valoir les arguments qui sont les siens pour grimper à Koulouba. Un candidat sérieux avec lequel il faudrait compter. Ses chances de succès existent.
Diancouda Traoré -ADEMA-PASJ: orateur froid, manquant effroyablement de bagout, incapable de toucher et convaincre son auditoire et soi-même. Est –il à même d’enflammer les foules? Ce parti mythique qui porte une grande responsabilité dans la dérive de notre pays, ne risquerait-il pas d'être victime des ambitions personnelles de ses nombreux caciques qui majoritairement traînent des casseroles? Les ambitions individuelles, la cristallisation des rancoeurs des uns et des autres dans le canevas d'une division risqueront à coup sûr d'être fatales à leur candidat.
Le PDES
Parlant du PDES et de son candidat, permettez moi de pasticher Jean de la Fontaine en disant :
“La cigale, ayant chanté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue.
Quand la bise fut venue;
Pas un seul morceau
De mouche ou de vermisseau”
Le peuple malien mature, n'ayant pas la mémoire courte et ne souffrant d'aucune cécité sensorielle est témoin de ceux là qui le narguent au quotidien avec un luxe insolent à l'antipode de sa misère existentielle. Va-t-il accepter d'accorder son suffrage moyennant des t-shirts, des képis, du sucre, du thé et quelques billets de banque? Le sage peuple malien sera -t-il prêt à donner les moyens à cette nouvelle bourgeoisie dont la posture frise le cynisme le plus révoltant, de s'enrichir de plus belle? Une bande de flagorneurs et de panégyristes-prébendiers qui ont vécu, à tout venant, au dépend d'un Prince- complice qui leur aura tout permis. Tout sauf le PDES dans un Mali revanchard désireux de changement et de rébondissement. Les maliens ne seront pas candides, suicidaires et sadiques pour accorder leurs suffrages à ces bouffons et fous du roi Amadou Toumani Touré qui ont été les faussoyeurs de notre économie en devenant des milliardaires; ces bouffons attitrés assez amusants qui ne seront pas gênés aux entournures pour narguer le peuple malien après avoir cyniquement et impunément vidé ses déniers. Ces saltimbanques vont se livrer aux spectacles de rue, aux méga-meetings politiques pour amuser et abuser de la crédulité de la populace en lui promettant monts et merveilles. Le bruit des casseroles qu’ils traînent derrière eux est tellement strident qu’il empêchera les électeurs maliens à succomber naïvement au son de leurs sirènes tentatrices, de leurs promesses mensongères.

Les jeunes loups: Moussa Mara, Mamadou Djigué “Jeff”, Cheick Boucadary Traoré ”bouga”, Bamba Gagny Kiabou, Kassoum Coulibaly, Abidine Ould Ganfoud (peut être reviendra –t-il sur sa décision?), Madani Tall, Amadou Diarra, Abdoulaye Diallo, des inconnus du grand public et les compléments d’effectif ou figurants tenteront leurs chances sans vraiment croire en leurs étoiles, mais ils attendront leur heure qui n'aura pas encore sonné. A ces fretins de se rapppeler la sagesse de La Fontaine:
“Petit poisson deviendra grand
Pourvu que Dieu lui prête vie;”
En politique, la patience et le rêve sont des vertus.
Cheick Modibo Diarra
Lui, ce n’est pas du fretin, on peut l’appeler avec respect et égards Docteur Modibo Diarra. Il en impose par son curriculum vitae hors du commun. L’homme docte ou l’homme politique? Voici toute la question. Comme dans une compétition sportive on pénalise les meilleurs pour niveler les chances des compétiteurs, il ne serait pas déplacé de parler de handicap chez Cheick M Diarra. D’abord son agréable et étroite proximité d’avec la famille de l’ancien dictateur Traoré n’est pas le plus grand avantage pour arracher le coeur d’une large frange de la population électorale encore circonspecte vis à vis de ce génie qui est une fierté nationale. Dans un second temps, son tableau de chasse politique ne semble pas être des plus garnis. A la vérité, en fait d’engagement politique, il n’a pas d’attestation honorable. Il a posé quelques actes philanthropiques qui s’apparenteraient à s’y méprendre à une opération de charme auprès des populations locales. Ses détracteurs ne manqueront pas de franchir le rubicon en lui rappelant..

Zoumana Sacko- Oumar Mariko: le probable duo gagnant
Avec le nombre pléthorique des candidats, tout se jouera à la faveur des alliances entre partis politiques mais aussi à la bourse qui fera mieux que la harangue et les projets de societés. C’est un aphorisme politique que de dire que l’union fait la force. Dans cette course marathon pour Koulouba, le vraisemblable duo choc gagnant avec une capacité de résilience à toute épreuve s’avère être le ticket : Zoumana Sacko_Oumar Mariko, qui entend le chic et versé dans les subtilités et finesses de l’arcane politico-administratif. Cette hypothèse est plausible, non pas pour la croire avec une certitude absolue, mais croire qu’elle a des chances sérieuses de succès. Deux surdoués politiques au courage exceptionnel, pour lesquels les consciences morale et professionnelle ne sont pas de vains mots. Dans le contexte de morosité sombre et pâteuse dans lequel se trouve notre pays, nous osons espérer vivement que ces deux hommes de proue de la politique malienne feront preuve de grandeur d’âme et de patriotisme en formant un couplage salutaire tout en donnant tort à la fameuse maxime de La Rochefoucaud: “Toutes les vertus des hommes se perdent dans l’intérêt comme les fleuves se perdent dans la mer”. ”L’union fait la force. Oui. Mais la force de qui?” disait Alain. Il faudrait que l’un accepte de renoncer à ses ambitions présidentielles, de travailler à l’ombre de l’autre. Il ne faut pas se leurrer: l’héritage légué par ATT, ami de la corruption et des voleurs à col-blancs, ne sera pas des plus simples à gérer. Il laisse derrière lui un pays qui va désespérement à vau-l’eau. Il nous faut un Deus ex machina, ce dieu grec qui apportait providentiellement un dénouement heureux à une situation désesperée, pour transformer le désespoir ambiant en espérance. La complementarité synergique entre ces deux hommes aux personnalités intrinsèquement différentes ne pourra que permettre au Mali de réaliser le bond qualitatif, des performances socio-économiques d’échelle insoupconnées. Cependant, la synergie négative ou l’antagonisme entre eux serait préjudiciable aux attentes qu’un Mali en panne placerait en eux. .
Si ces deux hommes, acceptent de sacrifier leurs ambitions personnelles sur l’autel de l’intérêt national, ils pourraient constituer une espèce de sysmothérapie, un électrochoc qui ne manquerait pas d’insuffler le souffle de printemps pur et salutaire dont le Mali a besoin.
Avec des yeux de lynx, ils sauront décéler les fourberies et le ridicule des judas de ce combat de jungle luxuriante et dense de près de (130)cent trente partis politiques.
Il est un impératif catégorique que d’élaborer une véritable stratégie politique de conquête de pouvoir en fonction de leurs forces et faiblesses et des réalités spécifiques du landerneau politique malien où tous les impondérables sont envisageables.

“Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies.” disait Marcel Proust. Cette élucubration était l’expression de ma petite folie dans laquelle je persiste à seule fin d’appartenir au cercle restreint des sages. Une monstrueuse aberration fait croire à certains bien-pensants qu’en me frondant vertement pour avoir pensé autrement qu’ils prouveront leur raison. “La raison et la vérité ne sont-elles pas communes à chacun de nous? “La raison est elle garant de ce que fait un fou?” Peut être comme le fou de Jean de la Fontaine, je vends la sagesse.
A bon entendeur salut!



Fatogoma Mohamed ouattara
Fouattara2@comcast.net
http://fouattara.blogspot.com
Orange, New Jersey
USA

Friday, February 11, 2011

Le héros est mort, vive le contre-héros!

Le 5 février 2011 fera date dans l’histoire du Mali. Cette journée aura consacré l’encouragement de l’insuppportable médiocrité d’un homme à la tête de notre pays par une bande de mercantis, de prébendiers dirigée par Jeamille Bittar. Le peuple malien que les maîtres d’oeuvre de la haute comédie prennent pour givré ou comme le dernier des peuples dingues de l’histoire ne s’est nullement trompé sur la signification réelle d’un pareil montage politico-médiatico-mensonger qu’on pourrait d’ailleurs intituler : “ les voleurs et le prince-receleur”. Qui du voleur ou du receleur est coupable? Le principe de la légalité criminelle se pose. Le secteur privé malien pour lequel l’ingratitude est un crime, après avoir gracieusement bénéficié de crédits d’impôt, d’exonérations, de ristournes, de marchés fictifs, …..s’est montré royalement reconnaissant à l’endroit de celui- là qui a donné à la corruption toute son onction pateline et ses véritables lettres de noblesse au Mali sous son règne. Une pièce d’orfevrerie( médaille d’un kilo d’or), véritable quote- part du lion, dédiée aux enfants, les amis du Président. Le plus grand cadeau qu’on puisse faire aux enfants, c’est de poser la primauté de l’école, de l’éducation sur tout projet de développement. A l’issue des deux mandats de notre samaritain de Président, l’avenir de ses amis les enfants est dramatiquement bouché.

Qui dit que comparaison n’est pas raison? L’année 2002 aura vu ATT et Lula accéder à la magistrature suprême de leurs pays respectifs, concomitemment. Luis Ignacio Lula se serait senti insulté devant une telle mascarade, lui qui aura permis au Brésil d’entrer dans le BRIC(Pays émergeants) en affichant d’excellents résultats économiques doublés d’un envol insolent: ruée des investisseurs étrangers, inflation presque inexistante, taux de scolarisation des enfants élevé, diminution de la pauvrété, émergence d’une classe moyenne jouissant du système bancaire et accès aux crédits. Les troubadours-panégyristes d’ATT le comparent à l’Empereur Auguste qui se targuait par la célèbre formule d’avoir “ trouvé un Rome de briques; et laissé un Rome de marbre”. Avec les formules pompeuses , les crapeauds des marais, chantres d’un certain PDES qui marche à une vitesse hypersonique, symbole “d’un Mali qui gagne” n’arrêtent de coassser, de bruire. Peut-on parler de progrès miraculeux après les deux mandatures de ATT qui lui vaudrait d’être célébré? Soyons sérieux, on n’évalue pas le progrès d’un pays à l’aune des échangeurs, des logements sociaux d’attbougou, de la cité administrative, de la colombe de la paix….. A combien s’élève réellement le taux moyen de la croissance? A combien s’élève l’ardoise de la dette extérieure qu’il lègue aux générations futures? A quel niveau se trouve aujourd’hui l’école malienne? En presque dix ans d’exercice du pouvoir, qu’a-t-il fait pour faire sortir l’école malienne du gouffre? A quel niveau d’industrialisation se trouve le Mali ? Et les exportations du Mali? A-t-il créé suffisamment d’emplois? La répartition des biens est-elle équitable? Les maliens mangent –ils à leur faim? Et le combat contre la pauvrété? Et l’indice du développement humain: espérance de vie, scolarisation, pouvoir d’achat..! La situation sécuritaire au Nord du Mali? A-t-il su sauvegarder cette nation malienne à toutes épreuves tant à l’intérieur qu’à l’extérieur? La diplomatie malienne sur l’échiquier internationale? Autant de questions auxquelles il faudrait honnêtement répondre. Est-il besoin de soutenir que nous posons plus de questions que nous n’avons de réponses?


Si l’appeler pater patriae(père de la nation) peut prêter à la polémique sémantique, il ne serait pas moins exact de l’affubler de titre de héros de mars 1991 qui aura été l’artisan de la naissance d’un nouveau régime politique: la démocratie. Après les moments d’euphorie, la déception, la désolation et le désespoir ont fait irruption dans la vie des maliens: la montagne a accouché d’une souris. Nous avons aujourd’hui glissé d’un monarchisme constitutionnnel à une kleptocratie(gouvernement des voleurs). L’exercice du pouvoir, sur la durée, a corrompu l’homme. Il abuse et continue d’en abuser. Lord Acton ne s’était pas du tout trompé. Le héros sauveur d’un certain mars 1991 n’a pas échappé à la sacro-sainte règle.

“ Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée: car chacun pense en être bien pourvu.” Au Mali d’ATT, la honte est la chose la mieux partagée. Elle ne tue pas, ne dérange les consciences ni des généreux donateurs ni des heureux récipiendaires. L’orgueil et la modestie n’étant plus partie prenante de nos éthiques personnelles, tout devient alors possible. Devant des cadeaux pour lesquels on n’a pas droit, on dit non par orgueil qui tient lieu de raison. Partager les dividendes de la délinquence financière autorisée par ATT avec ATT, renvoyer l’ascensseur à ATT c’est bien, mais lui enseigner la modestie, la mesure et l’honnêtété, démonstrations d’une certaine sagesse, c’est lui rendre un grand service. L’image non reluisante que nous offre aujourd’hui notre Président de la République paraît si écornée qu’elle ne correspond plus à celle du héros national dans son acception la plus pure. Un héros se caractérise par son courage, l’audace, le sens du sacrifice et du patriotisme pour son pays. Il est recompensé de façon honorifique par l’Etat en guise de reconnaissance d’un service civil ou militaire. Le vrai héros, digne de ce nom, garant de l’autorité morale se serait contenté humblement d’une palme emblématique si tant est que la recompense était justifiée. Personne ne se serait offusqué de voir une figure emblématique bénéficier d’un insigne emblématique. L’homme a ridiculement manqué de modestie. Mes chers compatriotes, tenez vous bien! La réprésentation théatrale n’est pas encore finie. Si l’Empereur romain Auguste après s’être miré à l’approche de la mort s’était exclamé en laissant choir: Plaudite, acta est fabula !"(Applaudissez, la pièce est finie !), tel n’est pas le cas de mon général-président. Il ne lui déplairait pas de voir ses laudateurs, ses flagorneurs-profiteurs qui ne manquent pas d’ingéniosité de monter d’autres pièces comiques en son honneur. Après les quartiers attbougou, la médaille de 220 millions au musée national, il restera à donner son nom aux rues, ériger des statues à son honneur, classer sa maison paternelle et la mosquée qui est a quelques encablures, dans le patrimoine de l’humanité, honorer Soud’Baba en érigeant un mausolée après sa mort et le classer huitième merveille du monde et frapper son effigie sur la monnaie nationale, les timbres, célébrer sa date de naissance. …

Nous surmontons notre timidité en frondant de concert ces impertinents de laquais et l’incartade du héros d’hier qui n’a pas daigné laisser le sage peuple malien et l’Histoire juger ce qu’il mérite. Depuis belle lurette, les maliens, loin d’être d’une naïve candeur mais avisés, dans leur vaste majorité ont brulé le héros de mars 1991 à la faveur de la dérive monarchique, de la plutocratie( règne de l’argent), de la bureaucratie, du népostisme, du clientélisme, de l’à peu près de sa gestion du pays, de l’impunité; de la chèreté de la vie, le chômage et l’absence d’avenir radieux pour une jeunesse désemparée. La misère est ambiante. Il y’a une espèce de honte d’être le heureux récipiendaire d’une palme de 220 millions à la vue d’une certaine misère sociale sans nom.

Le héros de mars 1991 s’est lamentablement commué en contre -héros. Dommage qu’il n’est de si beau jour qui n’amène sa nuit. Je tire le rideau sur ses frasques ridicules, ils sont inadmissibles; je les fustige car il est piteusement tombé dans les travers de la mégalomanie, de la cupidité, du narcissisme et de la petitesse. J’ai bien peur que cette affreuse décoration ne réussisse à cacher sa vraie nature. Et oui, il est un mortel comme nous!

Une contribution de Fatogoma Mohamed ouattara
Fouattara2@comcast.net
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Orange, New Jersey, USA

Sunday, January 2, 2011

La méprise grossière d'une certaine presse

A chaque fois que la liberté de presse est transgressée, les journalistes crient à la violation flagrante de leur droit sacré de nous informer. Ironiquement bon nombre des leurs, cyniquement trangressent les bornes établies par la déontologie de leur sacerdoce. Le comportement d’une certaine presse n’a pas ces derniers temps honoré la vraie presse malienne pour qui nous avons une admiration et une dévotion à nulle autre pareille.
Le comportement d’une certaine presse dans notre pays a frisé le manque de professionalisme, de pensée raisonnable, de convenance et d’intelligence. Notre presse, si imaginative, inventive et ingénieuse d’habitude, devient triviale et piteuse sitôt qu’elle s’intéresse à la vie privée d’honnêtes citoyens qui ont eu le tort de réussir ou d’être des vedettes. Cette presse ne s’est pas gênée de tirer à hue et à dia sur Oumou Sangaré et d’embourber méchamment notre Président de la république. Les textes étaient d’une architecture si grossière, si légère qu’ils reflétaient une indigence et une stérilité pitoyables. Telles des chouettes, certains journalistes frustes ont pris un malin plaisir à huer sur Oumou Sangaré. Quel lynchage médiatique horrible! Si je ne m’abuse, trois journaux différents ont intenté le même procès à l’endroit de la pauvre dame. Pour cacher astucieusement leur manque d’imagination, veulent –ils tirer les marrons du feu avec la patte de chat? Et pourtant les sujets à traiter pour intéresser les lecteurs et vendre profitablement leurs papiers ne manquent pas. Si l’on veut s’en donner la peine, il y’a chaque jour que Dieu fait un sujet d’un intérêt indéniable à traiter au Mali.
Nous nous emmerdons avec des nouvelles de carrefour que tous les maliens savent par coeur à force de les avoir apprises dans les grins, dans les SOTRAMA. Dans toutes les sociétés, les personnes publiques ont le plus souvent payé un lourd tribut à leur notoriété. C’est fort regrettable que les Mamadou Lamine Doumbia de l’Indépendant, Amadou Salif Guindo du Matin, Kassim Traoré de Bamako Hebdo……….après avoir traîné aux gémonies la pauvre hère nous témoignent de leur hargne en signant la sentence capitale de celle qui a conféré à notre musique son lustre sur le plan international . Ce genre de malveillance, de vacherie(propos dur, injuste et méchant) peut peser dans les balances de la justice et dans les nôtres. De quel puritanisme veut –on nous parler dans un Mali où……….? Une presse ne saurait aspirer à la grandeur si ses articles frisent le ridicule qui est à l’antipode de la noblesse originelle qui est incarnée(in carnis) par cette profession.
Les allégations mensongères, indigestes, ridiculeusement fagotées du Nouveau Réveil relatives à l’intervention d’ATT auprès de la BCEAO pour le salaire des fonctionnaires ivoiriens du gouvernement de Laurent Gbagbo, l’article d’un bas étage de Dabaoué Audrianne Kani de l’Express du Faso quant à une” position bien ambiguë de notre Président dans la crise ivoirienne”, chantés en choeur avec un journal de la place, furent de véritables giffles à notre nation toute entière. Le nationalisme ne s’applique pas qu’aux politiques. Nous avons tous un devoir d’amour, de loyauté et de défense vis à vis de ce pays à toutes épreuves.
Après nous avoir gavé d’intoxication, certains journalistes veulent-ils faire de notre presse un écrin de recueil de bêtises qu’ils ont rélevées ça et là sur la vie de nos honnêtes citoyens? Neni! Heureusement que la grisaille s’embellit avec la finesse, l’imagination, la bravoure et le ….courage des Seydina Oumar Diarra, Sambi Touré, Birama Fall, Alexis Kalambry, Mahamane Hamèye Cissé qui ont connu les affres de la Bastille malienne pour avoir exercé leur métier. Au rebours de ceux qui font porter des chapeaux aux autres, nous nous inclinons devant tous les vrais journalistes que nous n’avons pas nommés, chapeaux bas! Qu’ils soient glorifiés à travers ma critique boutade.
Faisons attention! Ce qui se passe dans la Côte d’Ivoire voisine doit interpeler la conscience des uns et des autres. Le dérapage de la presse a été à l’origine de bien de désagréments dans bon nombre de pays. Nous sommes à l’orée d’une année électorale dans notre pays. Que la presse soit une aiguille pour nous rassembler et non un instrument diabolique pour lyncher, traîner certaines honnêtes gens dans la boue.

Voltaire, le chantre défenseur de la liberté d’expression, à qui on a injustement attribué la fameuse citation de Evelyn Hall: “ je ne partage pas ce que vous dites mais je me battrais jusqu’à ma mort pour que vous puissiez le dire”, disait que” je vous pardonne d’être ignorant, mais je ne vous pardonne pas d’être un homme grossier, qui a l’insolence de mêler dans cette querelle et de nommer des gens qui ne devaient pas s’y attendre”. A bon entendeur salut!

Fatogoma Mohamed Ouattara
Orange, New Jersey
USA
Fouattara2@comcast.net
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Monday, December 27, 2010

Côte d’Ivoire: requiem pour un caïd

Alexis de Tocqueville disait que l’histoire est une galérie de tableaux où il y’a peu d’originaux mais beaucoup de copies. Comme dans un jeu de dominos, de proche en proche les violences post-électorales risquent, si on n’y prend garde, de s’étendre à d’autres pays du continent. Ce qui annihilerait tout effort de progrès démocratique auquel nous nous sommes attelés au cours des vingts dernières années. Après les sinistres précédents du Kenya en décembre 2007 où Mwai Kibaki a spolié le pouvoir de Raila Odinga après la décision des urnes et du Zimbabwé en mars 2008 où le sénile Robert Mugabé a refusé de passer le relais à Morgan Tsvangirai, la guerre de dévolution du pouvoir en Côte d’Ivoire continue de ternir l’image de notre continent et d’endeuiller des familles entières. Le refus obsessionnel, maniaco-dépressif de Laurent Gbagbo à céder le pouvoir à Alassane Ouattara constitue un sevère soufflet reçu par les démocrates africains, une prise en otage regrettable de la démocratie. Il serait difficile à ceux des illuminés authentiques qui soutiennent encore Laurent Gbagbo dans ses errements de convaincre du bien –fondé de son entêtement vicieux à refuser de lâcher du lest . Nous ne prendrons pas le parti de ce qui est contre ce qui sera. Au contraire de Ponce Pilate, nous ne saurons nous en laver les mains. Conjuguons nos voix et nos forces pour enrayer l’invasion de la république par l’anarchie. Le cas de figure actuel de la Côte d'Ivoire ne saurait être encouragé car ce faisant, il risquerait de faire des émules. Attention aux effets de domino !

La nouvelle Côte d’Ivoire bicéphale inquiète et trouble nos sommeils, à l’allure où les événements se déploient. Le pays est au bord du chaos. Le spectre d’une guerre civile tient de la probabilité, à moins que la vraie sagesse n’habite Laurent Gbagbo. Ce qui tient de l’improbable. En fait, l’homme est loin d’être fou.” La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent.” disait Albert Einstein. Laurent Gbagbo, le boulanger, a toujours usé avec un art consommé les mêmes techniques pour “rouler dans la farine” ses adversaires politiques, pour justifier ses crimes en nous disant invariablement ceci: ” je suis innocent du sang de mon peuple bien aimé”. Connaissant Laurent Gbagbo car l'ayant admiré avant d’en être déçu, suivi de bonne heure dépuis son retour de l'exil, je peux dire qu'il est un fin animal politique , très doué, possédant à ravir une capacité manoeuvrière machiavélique hors du commun, il serait naïf de croire qu'il va céder son fauteuil facilement. Il est téméraire. Avec un front et un coeur d’airain , il ne recule devant rien. Les supplices, les exactions perpétrés indifferemment contre les dioulas, les musulmans et tous les sympathisants d’ADO font de lui un poncife du crime hideux. Il devient le plus sanguinaire des princes au grand damn de Néron et d’ Henri VIII. Le malheureux peuple ivoirien n’a que trop souffert des jours de sang, des charniers, des escadrons de la mort et de calamités.
La démesure de l’ego de ce bandit l’aveugle, le fait accrocher au pouvoir contre vents et marées. En cela, il est suivi par une horde de somnambules, d’ouailles en proie à une fascination mystico-réligieuse du héro anti-impérialiste qui ne réalise pas qu’il les embarque dans une aventure incertaine et suicidaire. Les socialistes français ont refusé de jouer les thérapeutes peu scrupuleux de “son syndrome du justicier-victime”. La question qui se pose est de savoir à quel moment précis le caïd va essuyer la bourrasque. Rien ne saurait défaire ici bas un homme vicieux que son propre vice. Il faut pendre cet animal sanguinaire dans son pré carré pour attiédir les velléités d’autres pas loin de nous. Ils sont à nos portes. On ne saurait faire d'omelettes sans casser d'oeufs, la solution est militaire: ivoirienne, africaine ou internationale, peu importe. A un ami j’ai exprimé ma crainte de voir un coût humain élevé que la Côte d’Ivoire payerait à une expédition militaire expéditive. Il m’a gratifié de cette formule poétique: une fin tragique est préférable à une tragédie sans fin.

La vigoureuse levée de boucliers conjuguée avec la forte pression tous azimut achevera de briser sa résistance et de fondre son orgueil qui se refuse à se dédommager. Son obsession à renoncer à la vanité, à la concupiscence, à la mégalomanie et au nombrilisme lui fait accrocher désespérement au pouvoir. En criant au complot et en jouant la carte de la victimisation il se livre de façon paranoìaque à un divertissement ridicule. Le temps, qui n’est pas non plus son meilleur allié, joue contre lui car le tout risquera de se jouer à l’usure. Dans sa crise hallucinatoire, derrière les murs épais de son bunker volontaire du quartier chic de Cocody, il semble entendre retentir le chant funèbre de sa mort politique et physique certaines. Dans les jours à venir, il ne faudrait pas s'attendre à voir le ciel ivoirien peuplé de jolies étoiles, les nuits seront longues, les journées aussi.
Si l’ONU, les américains et les occidentaux dans leurs condamnations nous ont prouvé qu’il ont le sens de l’histoire car ne voulant plus souffrir d’une certaine culpabilité du silence devant le crime (cas du génocide rwandais), les chefs d’Etats africains, aphones, excepté le Kenya, nous avaient laissé perplexes. Et brusquement, ils sortent de leurs torpeurs et nous surprennent agréablement pour une fois par “leur courage et leur prise de position ferme”. Une franc-maçonnerie composée des Abdoulaye Wade, Comapaoré, Faure… aura t-il le courage d’envoyer un contingent militaire en Côte d’Ivoire pour la sauver? Faudrait-il voir en filigrane une certaine diplomatie souterraine de la France, marrionnettiste? Ne serait-il pas un exercice mal aisé pour ces nouveaux Dons Quichottes de l’arbitraire du pouvoir de nous prouver qu’ils sont plus sages que Laurent Gbagbo? En se regardant dans une glace, au lieu de voir Laurent Gbagbo, ne se verront –ils pas eux mêmes?
L’hypothèse la plus plausible me paraît la prise en charge de son destin par le peuple ivoirien lui même comme a su le faire vaillamment le peuple nigérien pour chasser cet autre avide du pouvoir, Mamadou Tanja. S’il y’a des causes justes, il n’y a pas d’armées justes. Donc l’armée ivoirienne a “un devoir historique de violence” à jouer. Si Michelle Alliot Marie dit qu’il n’est pas trop tard pour Gbagbo de sortir honorablement, il ferait mieux de sortir de sa rêvasserie pour méditer sur la profondeur et le sérieux de cette reflexion de Pierre Marivaux:” En général, il faut se redresser pour être grand: il n'y a qu'à rester comme on est pour être petit.”

Fatogoma Mohamed Ouattara
Orange, New Jersey
USA
Fouattara2@comcast.net
http://fouattara.blogspot.com

Tuesday, December 14, 2010

Remaniement présidentiel

Au cours de l’année écoulée, la machine gouvernementale était si grippée que la presse malienne a appelé à cor et à cri un remaniement ministériel qui a fini par devenir une espèce de fixation ridicule. Le chien a aboyé et la caravane a passé. Nous voilà à quelques encablures des échéances de 2012. Je voudrais entreprendre une audacieuse voltige résultant de la souffrance de mon patriotisme, de mon coeur et de celle de tout un peuple devant une certaine gestion de la politique au Mali. Je préfère entretenir, sans m’accommoder aux goûts des bien-pensants pour plaîre, d’un sujet qui est un tantinet iconoclaste: le remaniement présidentiel. Notre amour de la patrie malienne et la volonté réelle de la servir nous astreint à un devoir sacré de dire et d’imaginer des belles et jolies choses. Au rebours des patriotes de clocher qui se soucient de leur postes, de leurs douces situations matérielles aisées, nous nous préoccupons du bonheur de tous, de l’image et du rang de notre pays sur l’échiquier mondial.
En politique, c’est une forfaiture grave que de regarder dans le retroviseur pour contempler béatement le chemin parcouru en portant ses couronnes de lauriers pour cacher sa calvitie. Les lauriers doivent a contrario empêcher de dormir. Il tient de la sagesse de regarder l’avenir en face. Cet avenir, c’est notre présent à mettre en ordre pour paraphraser Antoine de Saint -Exupery. Pendant les deux mandats d’ATT, il y’a eu des acquis mais aussi des imperfections qu’il convient de corriger. Le pouvoir étant rupture et continuité, nous osons croire que le choix du nouveau président sera le noeud gordien. Pour le dénouer, il appartient au peuple malien de trancher le noeud pour réconquerir son autorité: la démocratie (pouvoir du peuple par le peuple). Selon la légende, quiconque aurait tranché le noeud deviendrait le maître. Se voulant le maître incontesté de la situation, le peuple malien souverain n’a pas le droit de se tromper sur le choix de son prochain Président de la République. Ce peuple blasé et désabusé ne s’est pas senti concerné par la chose politique, d’où une certaine apathie. C’est ce peuple, cocufié, de mauvaise humeur qui doit prendre son destin en main en faisant preuve de maturité en sanctionnant les politiciens qui ont sacrifié l’intérêt national sur l’autel de leurs ambitions personnelles égoïstes. La démocratie consensuelle a causé plus de tort que de biens à notre pays. Les intellectuels ont démissionné en refusant de jouer le rôle qui est le leur. La presse aussi.
Je mets alors les pieds dans les plats: d’abord, il s’impose de briser cette conception monarchique du pouvoir. Pendant les deux mandats de Amadou Touré, nous n’avons pas eu le sentiment d’être dans une République mais dans une monarchie moderée où tous les pouvoirs furent concentrés dans la main d’un seul homme qui aura exercé le pouvoir et aura fait ce qu’il a voulu. Il faudra une évolution dialectique de la personnification du pouvoir vers la République accompagnée par une consolidation des concepts de séparation et d’indépendance des pouvoirs: l’exécutif, le légistatif, le judiciaire et…..la presse. Un contre-pouvoir incarné par une opposition digne de ce nom qui conférera au pouvoir politique toute sa légitimité.
Ensuite, je me provoque la juste indignation des dieux, leurs panégyristes et leur sot bétail électoral en jetant le pavé dans la mare: je propose de conférer à notre paysage politique toute sa superbe en l’expurgeant de ses caciques, de ses mandarins, ces potentats et notables puissants. C’est un poncif que d’alléguer que le pouvoir use et émousse ceux qui l’exercent durablement. Nos mastodontes politiques possédant d’énormes défenses au propre et au figuré ont usé leur jeunesse, leur génie et talent pour servir ce pays, usé leurs yeux à force de lire les piles de dossiers administatifs, détérioré leur fond de pantalons, leurs corps robustes, connu leurs grandeurs et décadences accepteront-ils de sacrifier leur santé décadente, leurs prestiges passés, leurs étoiles pâlissant à l’apothéose d’être Président de la République?. Ayant blanchi sous le harnais, ces colosses n’ont plus rien à nous prouver si ce n’est leur silence affecté, leur gaucherie perfide, leur allégeance souterraine et subreptice qu’ils ont magistralement joué en maintes occasions lorsqu’il s’est agi de se prononcer sur les grands dossiers du pays. N’ayant pas encore perdu leurs illusions, fatigués, amoindris et avachis par l’âge, devenus stériles et budgétivores pour nos maigres ressources, nos dinosaures, ces personnages -institutions obsolescents de notre landerneau politique dont la gloire d’antan les fait accrocher à la politique malgré tout, aideraient royalement le Mali en s’éclipsant de l’univers politique. Certains hommes affidés et sbires du Général Moussa Traoré sont toujours là, insatisfaits. D’autres ont servi depuis l’avénément de la démocratie jusqu’à ce jour, insatiables aussi. Suivez mon regard ! Scrutons autour de nous pour nous rendre compte que de par le monde le pouvoir fait une salutaire cure de jouvence.
Avec une certaine ironie piquante qui est souvent une espèce de retour sur soi et qui traduit la mesure du malheur de notre façon d’avoir conçu la politique pendant ces dix dernières années, je plaisante tout en étant sérieux comme l’était Socrate dans les fameuses ironies qui portent son nom. Je propose qu’on mette en avant, qu’on discute et réflechisse sur l’idée de la présence d’une femme à la magistrature suprême, car les hommes ont démissionné. Nos hommes politiques, aphones, timides et timorés ont déçu sur toute la ligne. A la veille de l’année électorale, ils vont commencer à bruire de toutes parts pour nous ébranler les tympans avec leurs bruits de bottes et leurs déclarations incendiaires en nous promettant monts et merveilles. Triste tragédie de nos hommes politiques ridicules!
“ L’hymne de l’empire du Wassoulou proclame :
- Si tu ne peux organiser, diriger et défendre le pays de tes pères, fais appels aux hommes les plus valeureux ;
- Si tu ne peux dire la vérité en tout lieu et en tout temps, fais appel aux hommes les plus courageux ;
- Si tu ne peux être impartial, cèdes le trône aux hommes justes ;
- Si tu ne peux protéger le fer pour braver l’ennemi, donnes ton sabre de guerre aux femmes qui t’indiqueront le chemin de l’honneur ;…..………” (Regard sur le passé: Bembeya National de Guinée). Ayant lamentablement échoué, la queue entre les jambes, les hommes peuvent s’éclipser pour céder la place aux femmes qui tiendront le haut du pavé devant la médiocrité des hommes en nous emmenant vers des avenirs radieux. Louis Napoléon Bonaparte disait que: "Gouverner, ce n'est plus dominer les peuples par la force et la violence ; c'est les conduire vers un meilleur avenir, en faisant appel à leur raison et à leur cœur." Oui, les femmes, de par leur nature intrinsèque, pleines de bonté comme des agnelles ont les armes nécessaires pour toucher nos raisons et nos coeurs tout en nous embarquant vers des havres de paix , de prospérité et de bonheurs auxquels nous rêvons.
Sans être un féministe fieffé, je soutiens mordicus qu’ il serait intéressant de faire confiance aux femmes pour la Magistrature Suprême dans le Mali post ATT. N’en déplaise aux phallocrates invetérés. J’ose espérer ne pas me tromper. Ne dit on pas que l’erreur peut être exacte si la personne qui la commet se soit trompée? Si aujourd’hui on peut continuer à les appeler poétiquement le “doux sexe”, il n’en demeure pas moins inexact de les affubler du vocable de “sexe faible” tant leur présence et prouesse sur la scène politique de par le monde sont des plus impressionnantes. Avec un génie et un art incontestés somme toute féminins, Ellen Johnson-Sirleaf du Libéria, Dilma Roussef au Brésil, Michelle Bachelet du Chili, Cristina Kristner en Argentine, Angela Merkel en Allemagne, Tarja Halonen en Finlande, Corazon Aquino et Gloria Macapagal-Arroyo des Philippines, Chandrika Kumaratunga du Sri Lanka, Benazir Bhutto au Pakistan, Indira Ghandhi en Inde, Michaelle Jean au Canada ……ont fait voler en éclats une certaine conception négative de la femme quant à sa capacité de mener les affaires de l’Etat. Cette conception n’a d’ailleurs aucun fondement solide ni dans la logique ni dans la raison. Elles ont marqué et continuent de marquer de leurs empreintes indélébiles la gestion de leurs pays respectifs. Margarett Thatcher, Golda Meir, Simone Veil, Margarett Allbright, Condoleezza Rice, Hilary R Clinton…… ….nous confortent dans l’idée que les femmes peuvent être une bouffée d’oxygène quand les hommes étalant leurs limites dans la gestion du pouvoir.
Un adage italien dit qu’il faut corriger les moeurs en riant: ”castigat ridendo mores”. J’ai délibérement utilisé l’ironie qui, au contraire de la critique dont nos compatriotes sont allergiques, est l’ introspection qui cristallise les déboires et les déceptions nées de la façon de faire la politique que les politiciens nous ont imposée. Elle a le mérite de faire réfléchir et de prendre position ceux qui ont l’intelligence subtile de la saisir. Faisons attention aux aventuriers et aux opportunistes à la moralité douteuse qui ont perdu leur crédibilité aux yeux des maliens. Les femmes, symboles de la franchise, porteuses de l’instinct maternel, peuvent être, à mon goût une solution de réchange valable pour nous extirper de cette situation de méli-mélo politique au goût fort fade. Acceptons dans nos subconscients puis dans nos consciences, la venue des femmes d’Etat qui viendront nous gouverner au contraire de ces hommes véreux, gloutons, qui périssent presque tous dans les travers de la petitesse en osant s’essayer au pouvoir à vie, à la mégalomanie, au narcissisme et à l’égocentrisme.
Je n’ai qu’une prière: fasse ALLAH qu’une femme patriote, ambitieuse et visionnaire trône sur Koulouba en 2012. Il appartient aux femmes de le vouloir. Ce que femme veut, Dieu le veut. Au peuple malien de le vouloir aussi.


Bonne année à toutes et à tous,
Que la nouvelle année qui va commencer soit synonyme de paix sociale, de réussite , de bonheur partagé et nous éloigne des démons de la division. Par délà nos divergences idéologiques et politiques, soyons unis dans un Mali uni et prospère.


Fatogoma Mohamed ouattara
Fouattara2@comcast.net
http://fouattara.blogspot.com
Orange, New Jersey
USA

Thursday, November 25, 2010

La lyrique de la chanson de Bafing Kul

L’auto suffisance alimentaire, la santé et l’éducation
Tant que ces besoins élémentaires ne sont pas accessibles à tous
Rien ne sera possible.
Depuis l’indépendance
Depuis que le nation est souveraine
Les maliens pleurent et disent
Chaque jour est meilleur que son lendemain
Le général a vidé le tonneau
ses successeurs ont fait de même
ils continuent à vider le tonneau et pourtant
On veut que le pays prospère…

je dis qu’ aucune nation ne change, ne change
ne change dans la corruption
que aucune nation ne change, ne change
ne change dans l’illusion

Nous nous sommes battus pour la démocratie
Le régime fut renversé, des nouvelles têtes ont été élues
Pourtant toujours la même corruption,
Des dirigeants corrompus qui corrompent
je dis que le même comportement continue
des dirigeants corrompus qui corrompent

je dis que aucune nation ne change, ne change
ne change dans la corruption
qu’ aucune nation ne change, ne change
ne change dans l’illusion.

Le général a vidé le tonneau
ses successeurs ont fait de même
ils continuent à vider le tonneau et pourtant
on veut que le pays prospère
ils nous traient tout les jours
comme des vaches à lait
que le pays prospère….
que le pays prospère….

je dis qu’ aucune nation ne change, ne change
ne change dans la corruption
qu’ aucune nation ne change, ne change
ne change dans l’illusion.

Note: Consulter ce lien pour la chanson “yelema” ( le changement de Bafing kul):
http://www.dailymotion.com/video/x6vhny_yelema-le-changement-appolo-reggae_news
http://www.dailymotion.com/video/xatxp7_yelema-live-a-change-le-changement_music
www.dailymotion.com/bafingkul

La faillite d’une gouvernance: la corruption au Mali

(With a little help from my President)
Autant il a été impossible à la Grèce Antique de résoudre ses problèmes de géométrie de la quadrature du cercle, de la duplication du cube, de la trisection de l’angle, de la construction de l’heptagone régulier, il a été impossible à ATT de résoudre les équations pourtant si simples de la corruption endémique et rampante au Mali. En sus de la crise de l’école, du cataclysme du foncier, de la question sécuritaire au Nord du pays, de la faiblesse du système judiciaire, la corruption a été inconstestablement le talon d’Achille de la gouvernance de Amadou Touré qui a manqué avoir des yeux d’argus à la manière de ce personnage auquel la fable donnait cent yeux, fort vigilant et fort difficile à tromper. Au lieu de traquer et sévir, notre gouvernance actuelle s’est contentée plutôt de jouer à ravir la juste condescendence en refusant de voir les dessous des cartes du phénomène. L’inactivité et le silence ne sont ils pas aussi coupables que le crime? Le refus de sanctionner la corruption n’est il pas aussi une forme de corruption?
Il m’est difficile de résister à la forte tentation de poser certaines questions qui me taraudent l’esprit: ATT aurait-il été l’incarnation type de l’idéal moral du parfait surveillant de nos déniers publics(dans le sens de contrôle et de prévention du mal)? Qu’est –il advenu du slogan pompeux du “ kokadjè “? Pourquoi l’appareil judiciaire est il chiche des procès pour crimes de corruption après les rapports du Vegal? Quelle est l’ utilité pratique de l’existence du Végal et de la Cour des Comptes ? Pourquoi cette absence révoltante de toute politique anti-corruption préventive, dissuasive et coercitive? Peut –on raisonnablement prétendre lutter contre la pauvreté, atteindre les objectifs du millénaire pour le développement et donner un blanc seing à la corruption et à la délinquance financière? De deux choses l’une, ou bien ATT joue astucieusement la carte de la basse complaisance en protégeant ces rapaces économiques histoire de leur revaloir les dividendes politiques et pécuniaires auxquelles ils ont droit, après de bons et loyaux services.(c’est peut être ici que sa démocratie consensuelle trouverait toute son explication?). Ou bien, il est un habile et retors marionnettiste, ne voulant pas se salir les mains dans les chemins où s’embourbent le voleurs, tirant les ficelles, dans l’ombre, bénéficiaire d’une prébende après les opérations de saccage. Et enfin, pour pasticher Victor Hugo avec une certaine ironie maligne, nous dirons qu'ATT est personnellement incorruptible et il gouverne par la corruption. Il fait l'effet d'une honnête femme qui tiendrait un bordel. Une fois cela dit, comment expliquer et concevoir que la gouvernance actuelle défaille à éradiquer ce phénomène tangible qui est sans conteste un frein mortel au développement et au progrès de notre pays.

A chaque fois que nous touchons du doigt et à l’oeil une plaie dans la gestion des affaires, certains prennent le plaisir d’enclencher une véritable chasse aux sorcières qui, à notre sens n’est pas un cache-sexe suffisant pour cacher la nudité de notre gouvernance actuelle qui effraie nos yeux impudents. A la lumière des faits qui tombent sous le sens du tact, il serait fort difficile aux “avocats du diable” et à certaines gens de mauvaise foi de réfuter et de récuser l’existence des bandits à col-blancs qui s’engraissent de la substance du peuple et qui pillent à toutes mains nos déniers publics. Toute dissertation sur la malversation ne saurait être vue comme rabachée tant notre actualité quotidienne est férue de cas de corruption doublés d’injustice criarde et rébuttante qu’on se trouve à bon droit de se demander si le Mali n’est pas en passe de devenir une espèce de sanctuaire de la corruption. Cette noire situation sociétale illustre mon accusation et le procès que j’intente. Avant moi, quelques voix autorisées ont prêché cette petite croisade, du haut de leur cathèdre. Nous avons les mêmes préoccupations, donc l’alarme est au camp. La concussion bureaucratique, omniprésente dans notre administration publique relève d’une banalité déconcertante: à la police, à la gendarmerie, à la douane, à l’aéroport, à l’hopital, aux bureaux de poste, dans les secretariats de bureau, à l’école, dans les fédérations sportives, au palais de justice, dans la presse, dans les ministères, dans l’Assemblée Nationale la conscience et l’éthique professionnelles ont disparu depuis des lustres. Le “Koutcha”ou le “ youroukou-youroukou” est dans l’air du temps: un grand nombre de fonctionnaires, dans l’exercice quotidienne de leurs tâches administratives, prélèvent une dîme en échange de leur service. Les “dessous de tables”, les pourboires, les surfacturations, les détournements de fonds par les fonctionnaires véreux ne sont plus des délits passibles de punition. L’achat des voix et des consciences par les politiques, la gratification des agents de l’Etat par certains opérateurs économiques pour éviter des sanctions, la perception des “pots –de-vins” par les fonctionnaires pour l’octroi des marchés lucratifs s’apparenteraient à s'y méprendre à la corruption. Pour que les champs fleurissent d’espérance et que les coeurs vibrent de confiance, chaque malien se doit de faire preuve d’honnêteté, d’intégrité et d’apporter du soin, la minutie dans l’exécution de sa tâche quotidienne. C'est à ce niveau qu'apparaît le recent néologisme créé par la Banque Mondiale: la corruption silencieuse, service payé par l'Etat mais non rendu. Le retard, l'absentéïsme au travail, le vol des matériaux du service public sont autant d'actes de corruption.
A cela s’ajoute la grande corruption menée méthodiquement par l’élite politique qui se soucie de sa situation matérielle aisée, de sa douce aisance et de son pouvoir personnel. L’expansion des réseaux de corruption et du détournement des fonds publics vivent indubitablement leur printemps dans le Mali d’ATT. Après la vente de la Sotelma et de la BIM-SA, le gouvernement s’est expliqué sans convaincre quant à l’utilisation de la manne générée. La malversation des subventions du Fonds mondial du Ministère de la Santé a fait un grand bruit qui n’a pas manqué d’écorner la crédibilité de notre pays et d’embarrasser nos politiques. Nos partenaires techniques et financiers, ont tiré sur la sonnette d’alarme, lors de la revue budgétaire conjointe du 18 et 19 Octobre 2010 tenue à l’hôtel de l’Amitié. Ils ont mis notre gouvernance au pas lui enjoignant de lutter efficacement contre la corruption et la délinquance financière suite aux rapports du vérificateur général. En guise de replique, nos gouvernants nous offrent la déjà -entendue réthorique politicienne. Et pourtant les belles poésies des Etats Généraux sur la corruption et la délinquance financière sont encore présentes dans nos eprits.
Le classement mondial de l’organisme non gouvernemental Transparency International version 2010 a accouché d’un classement peu honorable pour notre pays quant à son indice de perception de la corruption(IPC). Notre pays a été classé 116/178 en fonction de la perception du niveau de corruption affectant l’administration publique et la classe politico-compradore.
Dans le Mali d’ATT, la gouvernance semble pactiser avec la corruption , traîte le phénomène avec mépris; sa disposition à être agréable à l’égard des voleurs de grands chemins, des flibustiers d’un genre nouveau, vivant de rapine et d’escroquerie, en s’accordant à leurs goûts relève de la basse collusion. Il a été prêté à ATT un certain angélisme qui lui interdit de honnir des chefs de famille voleurs. Et pourtant le grand Napoléon Bonaparte avait instruit que le coeur d’un homme d’Etat doit être dans sa tête. Si la lutte contre la dépradation et le brigandage des fonctionnaires de l’Etat n’est pas prise dans l’ordre des priorités, toute lutte contre la pauvreté, le sous développement serait vouée à l’échec le plus cuissant, et le bas peuple ne manquera pas de s’engloutir dans un précipe abyssal de misère du fond duquel il ne sera réduit qu’à crier vers le ciel. Un combat efficace contre le crime de la corruption peut éviter cette cassure sociale. La grande majorité de la population malienne est en souffrance, il y’a lieu de créer l’espoir en gagnant la bataille contre la corruption.
Et cela interpelle la conscience de tout patriote-justicier. Dans une période de corruption, le silence devient synonyme d’une complicité aussi dangereuse et répugnante que la corruption. C’est une bonne marijuana qu’est le vol, aucun vol n’est suffisamment puissant pour subsister sans approbation. Le défaut ridicule de la gouvernance d’ATT est de vouloir créer le paradis pour les maliens tout en oubliant l’enfer.
Il est donc injonctif qu’ATT affûte et aiguise ses armes en les rendant plus offensives afin d’enclencher la véritable lutte qui n’a rien a voir avec ce combat de fleurets mouchetés auquel il se livre présentement. Q u’il prenne sa fronde et sa faux pour chasser ces maître fripons et grandes friponnnes autant dangereux que la peste. La corruption et l’impunité, son corollaire doivent être combattues et sanctionnées avec rigueur. Le refus de sanctionnner, le silence devant la corruption appartiennent aussi à l’ordre de la corruption. Lorsqu’on exerce un magistère et qu’on se refuse à assumer une reponsabilité vis à vis de ses actes et ceux de ses administrés, on devient ipso facto coupable. Il faut mener une véritable croisade, dans le sens d’expédition visant à orienter l’opinion publique dans le cadre de combat politico-social. Le préalable nécessaire à ce baroud d’honneur s’avère être une prise de conscience collective devant la montée exponentielle du phénomène de la corruption. La surmédiatisation orchestrée par la presse doit être partie intégrante de l’attelage. Ne seront pas concernés par ce combat, les journalistes corrompus, généreusement financés par les plutocrates, les oligarques et leurs cercles rapprochés mais ceux-là téméraires et osés qui ne réchigneront pas à déballer au grand jour les faits de corruption des puissants et des moins puissants. Le lancement d’une grande campagne publicitaire tous azimut soutenue par la radio, la télévision, la presse et l’internet portant sur la lutte contre la corruption doit être partie prenante de cette offensive.
Pour que cette gigantomachie, ce combat des Géants contre le dieux de l’Olympe, soit réelle et efficace il faut un système judiciaire très fort; une indépendance de la magistrature vis à vis du politique et d’une indépendance du barreau à l’égard de sa hiérarchie. Cette double autonomie aura le mérite d’enquêter concomitamment sur une justice injuste et sur les hommes politiques tout en suspendant leurs immunités diplomatiques, parlementaires et judiciaires. Les opérations anti-corruption menées en Espagne par le juge Baltasar Garzon, “mani pulite” ou “mains propres” par Antonio Di Pietro en Italie, au Chilie par Juan Guzman, en France par Eva Joly, sont de véritables cas d’école de courage, de conviction susceptibles d’ inspirer positivement nos juges et magistrats. A la faveur de la signature et de la ratification de la convention des Nations Unis sur la corruption par notre pays, il serait aisé de profiter de l’assistance juridique mutuelle facilitant les poursuites judiciaires en cas de corruption transnationale. L’instauration d’un contrôle conjoint avec nos partenaires financiers, les investisseurs étrangers et les institutions que sont le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale, l’Union Européenne, l’Organisation de Coopération et de Développement Economique, l’Union Monétaire Ouest Africaine, la Banque Ouest Africaine de Développement et autres en leur permettant d’organiser la fluidité et la traçabilité des flux financiers comportant l’identification des bénéficiaires et de leurs origines.

La boutade “d’un arabe arrêté pour corruption de fonctionnaire parce qu’il avait donné un sucre à un chien policier “est la devinette d’Epinal bien- à- propos. L’image cachée à chercher est la sanction qui doit accompagner un acte de corruption. Sous d’autres cieux et en d’autres temps, le code pénal punit sévèrement les fonctionnnaires ou officiers publics coupables de crime de malversation. La sanction de ce délit va de l’emprisonnement avec amende à la clef, la torture, l’échafaud, la guillotine, le bûcher, la pendaison, la peine de mort….L’évocation ou la critique de la corruption dans la société malienne est devenue un sujet tabou. Et toute transgression du sacro-saint est sanctionnée par une punition sévère ou l’ostracisme. Ce n’est pas le talentueux jeune chanteur Issa Coulibaly alias Bafing Kul*(1) qui a eu le toupet de toucher à ce fléau qui dira le contraire. Son clip “YELEMA”(le changement), véritable chef d’oeuvre en la matière, est un brulôt qui torpille la corruption dans notre pays. Le directeur des programmes et “le tribunal censorial” de l’ORTM ont jugé bon de ne pas diffuser le clip parce qu’il dérangerait au plus haut sommet. Ils ne veulent pas tout simplement perdre leurs fauteils douillets. Et pourtant, la lyrique de cette chanson est sertie de vérités crues, embêtantes et gênantes*(2) .

Vivement la venue d’un président à poigne et de séduction qui aura l’énergie et la fermeté nécessaires pour gouverner, punir et nous faire rêver. Oui nous avons besoin d’ un homme d’autorité, de conviction, de courage et d’efficacité à la Magistrature suprême pour nettoyer ce capharnaùm. Une espèce de Zorro, un justicier célèbre dont la mission consistera à traquer les corrompus et corrupteurs aux quatre coins du Mali. “Ne nous reposons pas sur nos acquis, mais efforçons –nous de construire la paix, de vouloir que la paix soit dans le coeur et dans l’esprit de chacun” disait John Fitzgerald Kennedy. Pour que la paix soit dans les esprits et dans les coeurs, il s’impose de combler la fracture sociale qui a généré des maliens malhonnêtement riches et des maliens honnêtement pauvres dont les conditions d’existence difficiles alimentent une frustration, une rancoeur qui sont à coup sûr de véritables bombes explosives à retardement. L’inégalité dans la répartition des biens a plongé bon nombre de pays dans le huitième cercle de l’enfer, celui que Dante n’aurait pu imaginer. Telle Béatrice Portinari, la Florentine inspiratrice de Dante dans la “Divine Comédie”, participons ensemble à ce combat en jouant le rôle de muse du futur Président, marchand d’espérance,visionnaire, chimérique, triomphal et vainqueur du fléau de la corruption qui ouvrira les portes du salut dans un Mali prospère, juste, paisible et uni.


Fatogoma Mohamed ouattara
Fouattara2@comcast.net
Orange, New Jersey
USA
Note: Consulter ce lien pour la chanson “yelema” ( le changement de Bafing kul):
http://www.dailymotion.com/video/x6vhny_yelema-le-changement-appolo-reggae_news
http://www.dailymotion.com/video/xatxp7_yelema-live-a-change-le-changement_music
www.dailymotion.com/bafingkul