La mesure est comble.
Nous avions naïvement cru, tels des enfants de choeur à qui on raconte des histoires de fées et de lutins, que nous étions sortis de l’auberge avec la gouvernance actuelle après l’absence de ligne politique, les approximations et autres dérapages dans la gestion quotidienne de notre pays. C’était se méprendre. Comme ajouter l’insulte à l’injure, on veut nous imposer une révision de notre histoire. Nous avons atteint le fond de la cale. La mort des martyrs, des héros, de ces hommes et femmes courageux tristement victimes de la monstruosité du régime dictatorial du Général Moussa Traoré, ne fut pas le comble des malheurs. Ce qui l’est c’est sa convocation lors des festivités du cinquantenaire du Mali indépendant par nos gouvernants actuels. Ce qui nous amène à dire sans emphase aucune que la mesure est comble, c'est-à-dire les choses sont arrivées à ce point qu'on ne peut plus les endurer. Est ce un acte de provocation de mauvais aloi ou une tentative malicieuse de réhabiliter celui dont le spectre continue de troubler nos sommeils et nos souvenirs? Dans le Mali actuel, la disgrâce ne saurait être un malheur. Car la grâce, la remise de peine existe. La loi d’amnistie, la grâce amnistiante et la réhabilitation aussi. Les juristes sauront nous édifier. Autant Jésus Christ fut transporté au pinacle du temple de Jérusalem quand il fut tenté par le démon, autant les dirigeants actuels de notre pays semblent prêts à se hisser sur le firmament d’une aventure provocatrice aux issues incertaines. C’est politiquement incorrect que de vouloir reviser l’histoire politique de notre pays pendant que les plaies sanguinolentes sont béatement ouvertes. C’est une réelle aberration au regard des douloureux événements de mars 1991
C’est une véritable bravade que de permettre au Général déchu, Moussa Traoré, de sortir de son embuscade pour venir conquérir les coeurs meurtris et saignants des maliens? Nous perdons notre latin. Nous sommes aujourd’hui à bon droit de nous poser la question de savoir si nous ne nous trouvons pas en face de sacrés vengeurs de l’ange déchu, ce Lucifer d’hier qui a fait déguster sur terre, les affres de l’Enfer aux maliens. Celui qui, de facon sadico-cynique, a fait vivre son peuple dans l’opprobre et l’ignomnie. Celui qui s’est donné le plaisir de tyranniser son peuple à chaque fois qu’il a jugé utile d’accroître sa grandeur et de fortifier son pouvoir. Le capitaine Diby Silas Diarra(septembre 1969), Yoro Diakité(1972), de Malick Diallo; (la bande des trois) Tiécoro Bagayoko, Kissima Doukara, Karim Dembélé (février1978)…..en furent les homélies propitiatoires. Comment expliquer raisonnablement la présence déraisonnée de ce bourreau, de cet homme odieusement cruel, inhumain, parmi ses victimes pour célébrer le cinquantenaire? La présence de GMT à la loge officielle, le 22 septembre 2010, s’apparenterait à la présence d’Adolphe Hitler auprès des juifs à une soirée de gala mondain. Et oui! Nous avons connu au Mali, sous le régime sanguinaire de Traoré, notre Shoah( en hébreu : catastrophe). Le Mali a connu un régime d’exception, l’état d’urgence, les travaux forcés à perpétuité dans les mines de sel de Taoudéni, les mauvais traitements, la mort lente faute de soins. L’ignoble horreur exceptionnnelle du régime de Traoré interpelle notre conscience d’homme qui se refuse à l’accueillir sans rancoeur. Nous avons connu ce Mali du CMLN , de l’UDPM bâti sur la théorie du complot permanent où nous avons tout perdu: nos droits humains, nos espoirs et nos rêves. Nous nous souvenons avec amertume de ce Mali où la vie était une ignominie et la mort une libération. N’ayant pas choisi l’une ou l’autre voie, nous avons pris, par milliers, le chemin difficile de l’exil à la recherche du mieux être. Tout départ pour l’aventure n’est qu’une fuite en avant. Nous y souffrons le spleen, ce mal du pays qui vous étreint par les tripes et les boyaux. Au Mali, nous avons aussi des négationnistes, ceux là qui ont bénéficié de cette page noire de notre histoire et qui sont prêts à en défendre les dérapages et abus, contre vents et marrées. Qu’ils nous concèdent gentillement notre devoir de mémoire à l’orée du cinquantenaire, pour que la liquidation froide des Abdoul Karim Camara Cabral, Cheick Oumar Tangara, Ibrahim Tiocary, les brimades que nous avons subies au sein de l’UNEEM, les victimes de mars 1991…. ne tombent dans la vanité. Que nos héros morts, se rassurent du fond de leurs tombes, tout ne sera pas vanité, car nous sommes là, avec notre tendre reconnaissance. La grandeur de nos sacrifices était à l’avenant de la grandeur de nos combats. Les victimes célèbres et inconnues de la dictature militaire de Traoré sont et demeurent nos héros par délà la mort. Si Néron fut célèbre dans la Rome antique pour sa monstruosité, Moussa Traoré en fut son pendant dans l’histoire multiséculaire du Mali. Moussa a tourmenté et martyrisé le peuple malien qui a bu à longs traits le calice amer de sa dictature inhumaine jusqu’à sa lie insupportable. Comme le disait sagement notre père spirituel, Pr Dialla Konaté, il faut nous comprendre dans nos cris de colère, il faut nous laisser nous exprimer. Donnez nous cette chance fabuleuse –qu’on appelle liberté d’expression-que nous n’avons pas connu sous le règne de Moussa Traoré. La diversité de nos sensibilités, de nos choix multiples de mots et expressions donne à nos littératures et poésies tout leur allant et charme.
Nous aurions aimé voir les maliens fumer le calumet de la paix à la faveur du cinquantenaire à condition qu’un devoir de mémoire soit imposé, forcément. Qu’un devoir moral visant à entretenir le souvenir des souffrances et des affres endurés par le peuple malien par la faute de Moussa Traoré soit exigible à la gouvernance actuelle , maître d’oeuvre de l’événement. Que le maître des hautes oeuvres et ses valets froids et dédaigneux viennent s’excuser publiquement auprès du peuple malien. Que soient données aux victimes d’hier l’occasion de s’épancher, de dégorger leur colère afin de rendre possible le pardon et l’oubli. Voici à mon goût , les conditions sine-qua –non qui nous feraient l’économie d’une farce fort rebutante.
A quelques encablures de la célébration du cinquantenaire de notre pays, ce billet est mon cadeau personnel grâcieux. Certains esprits retifs à la critique et à la vérité trouveront à redire. Par une politesse raffinée, je me garderai de les cabrer. Je leur repliquerai comme Socrate: la postérité prononcera entre mes juges et moi.
Bonne fête du cinquantenaire aux fêtards et “have fun” (rejouissez-vous) !.
Fatogoma Mohamed Ouattara
Orange, New Jersey, USA
fouattara2@comcast.net
www.ouattaradonzo.comhttp://fouattara.blogspot.com
Thursday, September 16, 2010
Tuesday, August 31, 2010
Vers des dynasties politiques en Afrique?
(Version revue et corrigée a la date du 31 Aoùt 2010)
Pendant que les autocraties et dynasties semblent être le souvenir d'un passé douloureux pour l'Europe, notre chère Afrique semble régresser tristement dans le domaine démocratique après les ébauches du début des années '90. Cette évolution du continent africain nous attriste tragiquement . Le destin de l'Afrique ne saurait être une tragédie permanente, loin s'en faut . Il appartient à l'Afrique de forger son destin comme les autres peuples de l'histoire ont su le faire avec leurs propres moyens:au prix du refus , de la révolte et du sang qui aurait servi à écrire les plus belles pages de l'histoire de ces peuples. Aucun progrès social, aucune avancée démocratique ne saurait être le résultat d’une génération spontanée.
Le continent africain a souffert pendant de longues années de la gestion catastrophique des autocrates ad vitam aeternam, avec une certaine passivité masochiste. Serait-il encore prêt d'assister les bras croisés à l'avénement de nouvelles dynasties politiques? Ne devons nous pas avoir honte de nous mêmes en prenant les allures d'ours de cirque? Arrêtons d'accabler les autres pour nos malheurs. Le reste du monde est compassionnant pour nous, et la compassion n'engendre jamais le respect de l'autre. Nous sommes les artisans de notre destin. Machiavel ne nous a-t-il pas enseigné que les événements assènent les coups les plus efficaces quand la capacité de réagir faillit ? A ce moment précis de l'évolution de notre continent, le rôle de l'intelligentsia n'est pas des moindres. Il est à l'image de ce que les Didérot, d'Alembert, Montesquieu.......auraient été pour la révolution française qui somme toute demeure une référence universelle. Nous serons tous coupables devant ce lugubre tableau politique de notre continent. Un véritable travail d'information, de formation, de conscientisation des masses populaires s'impose. Si chaque intellectuel africain jouait sa partition en travaillant à former les masses et en se formant , notre combat pour une Afrique libre, démocratique et prospère ne serait pas une chimère.
Dans notre souci de clarté discursive, donnons de succintes définitions d'autocratie et de dynastie :
" Une autocratie est un régime politique où un seul individu détient le pouvoir, alors qualifié de pouvoir personnel et absolu. Etymologiquement, autocratie signifie " qui tire son pouvoir (cratie) de lui-même (auto) ". L'autocratie est donc un pouvoir qui n'a d'autre justification et légitimité que lui-même ."
"Dynastie, qui vient du grec dunasteia, succession de souverains qui ont une même famille. Succession de personnes célèbres d'une même famille."
Après trente-huit ( 38 ) ans de pouvoir autocratique, " Papa" Etienne Gnassingbé Eyadéma tire sa révérence à la suite d'une crise cardiaque fatale. Nous avons tels des naïfs cru que le rideau venait de se tirer sur une page de l'histoire de ce peuple togolais qui avait tant souffert de l'unanismisme, du corset idéologique dans lequel Eyadéma l'avait volontairement fourré. Avec la pateline complicité et bénédiction des caciques, des courtisans-profiteurs, de la junte militaro-politique du pouvoir défunt, des anciens dignitaires de tout poils qui n'avaient d'intérêts que les leurs, le lit fut royalement fait pour la succession dynastique du pouvoir au grand damn de l'opposition togolaise qui somme toute mérite respect et admiration. La démocratie africaine a ainsi reçu un soufflet , les démocrates et aussi le Togo. Nous avons in petto, souhaité que le Togo de Faure Eyadéma ne soit pas un exemple -modèle. Mais hélas, l'histoire de nos peuples d'Afrique continuera à balbutier encore, ce fut le tour du Gabon avec des variances. En somme, c'est le même schéma classique: après la mort du président-autocrate, le fils lui succède par le biais constitutionnnel ou anti-constitutionnel au mépris du peuple .
Après le Togo, le Gabon, va -t-on assister à l'ébauche de nouvelles dynasties politiques après le temps des autocrates?
"L'histoire est une galérie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies " disait Alexis de Toqueville qui aimait les formules. Au vu de la donne politique d'ensemble, il y'a tout lieu de craindre que l'épidémie ne se repande. Il y'a eu le cas togolais, après les condamnations des uns et des autres, Faure Eyadéma se la coule douce . Le cas gabonais resembla à coup sur au schéma précédent. Et d'autres suivront si rien n'est fait .
Abdoulaye Wade, accusé d’avoir fait du Sénégal sa chasse gardée, use de tous les traquenards d’Ulysse possibles pour passer le relai à son fils Karim Wade. Les speculations sur les intentions réelles ou supposées de faire de son fils son successeur sont au centre du débat politique sénégalais. Le vaillant peuple du Sénégal est aux aguets.
En Libye, Mouammar Kadhafi ,au pouvoir dépuis 1969, qui n’est pas à ses premières frasques, essaie depuis bien longtemps de préparer le fauteuil de la succession pour son fils Seif El Islam qui est un habitué des arcanes de la politique libyenne.
En Egypte, Muhammed Osni Moubarak au pouvoir depuis bientôt 30 ans, prépare son fils Gamal , selon la vox populis égyptienne, à lui succeder.
Le scenario malien
Après près de vingt trois( 23) ans de règne, Le Président Général Traoré fut balayé par une révolution populaire, le 26 mars 1991. Condamné à mort en Février 1993 pour crime de sang mais pas executé avec l’onction de Konaré. Puis condamné à la peine capitale en 1999 pour crime économique, il fut élargi et mène aujourd’hui une vie tranquille. Certains de ses compagnons des heures de gloire dont Abraham Sissoko “Ramos”, frère de Mariam Traoré, Sékou Ly…. furent graciés.
Dépuis les douloureux événements de mars 1991, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts. La démocratie arrive et sème sur son passage un grain de zizanie dans notre paysage politique. Les partis politiques poussent et en une nuit on devient politicien comme un champignon. Comble de l’ironie, ce sont les épigones et les fils de l’ancien dictateur qui font infraction dans l’arène politique du Mali. Certains diront que les disciples et héritiers biologiques de l’ancien bourreau de Bamako ont le droit constitutionnel de créer leur partis politiques. Nous rappellons que la démocratie malienne ne fut pas décrétée mais fut acquise de hautes luttes, donc elle contient de fortes charges émotionnelles sur le plan psycho-sociologiques. Le peuple malien n’est pas court de mémoire. Les plaies d’hier sont encore béatement ouvertes et ont besoin de temps suffisant avant d’être cautérisées, soignées, bandées et guerries. Les blessures de nos coeurs sont aussi souffreteuses que celles de nos esprits. Le régime dictatorial du Général Traoré a causé tant de souffrance pénible, d’affliction profonde que la présence de ses fils et de tous ceux qui lui sont apparentés sur l’échiquier politique malien rouvre les plaies faite par lui. L’oubli de nos peines naîtra de l’oubli de ceux qui nous ont oppressés, qui nous ont fait perdre nos rêves. Ceux-là qui ont bu la monstruosité, le mépris le plus vil vis à vis des maliens et de leur avenir, le cynisme et la désinvolture les plus révoltants ont-ils aujourd’hui les moyens de nous montrer et de nous démontrer qu’ils ont une conscience asceptisée? Qui pardonne aisément invite à l’offenser. Et le malien d’aujourd’hui n’est pas prêt à subir une nouvelle incartade. Donc, chers héritiers présomptifs, si le Général déchu vous a mis sur son testament politique, le peuple malien s’y oppose de toute sa force. Sur le forum de discussion de malilink Cheick Bougadary , a affirmé qu’il est ouvert aux critiques. …et aux suggestions. Nous ne voulons pas l’offenser, il n’y a que la vérité qui offense. Il n’y a point d’injure plus sensible que quand nous nous sentons plus coupables des fautes commises par nous-mêmes ou par nos parents. Si vous aimez le Mali autant que vous le dites, pourqoui n’avez vous pas commis un parricide devant les dérapages de votre autocrate de père pour le sauver? Brutus l’a fait avant vous. D’où vous vient cette envie soudaine de haut justicier? Ou bien serait-on tenté de dire que l’oiseau de Minerve prend son envol à la tombée de la nuit?
A mon goût, la création du CARE(Convergence Africaine pour le Renouveau) peine à se justifier. En lieu et place de parti politique, il aurait été plus sage, d’en faire une oeuvre caritative. Ne peut-on pas servir son pays à tous les niveaux si on a réellement la fibre patriotique? Le sigle CARE est un véritable lapsus calami. Vu sous un angle purement psychanalytique, le vocable CARE apparaît comme un phénomène , un acte manqué. Sigmund Freud aurait dit que tout lapsus trouve son explication dans une source en dehors du discours et que l’élément perturbateur est l’expression d’une idée inconsciente qui, analysée de façon approfondie, apparaît dans la conscience. Sans être ironique, nous dirons que la tendance naturelle des fondateurs de ce parti aurait pu être portée sur les oeuvres caritatives. CARE (un acronyme en Anglais)ne veut-il pas dire ceci dans la langue de William Shakespeare : prendre soin de? En prenant soin de ceux qui sont dans le besoin , vous feriez oeuvre utile. Messieurs Traore fils, à nos yeux, vous manquez cruellement de crédibilité. Vous voulez venir en politique par opportunisme. Si ce n’est pas de l’opportunisme, dites nous ce que c’est ? Vous dites ceci: “Aucun système de gouvernance ne peut ou ne doit se perpétuer sans le consentement des administrés. Oui, le peuple blasé et désabusé du Mali dit non à une dynastie des Traoré. Nous n’avons pas aujourd’hui besoin de sang de martyrs versé pour refuser ou appeler le changement. Nous avons besoin de bâtir notre pays avec d’autres armes plus efficaces et convaincantes: la vérité et le refus. Refus d’accepter le statu-quo. Refus d’accepter l’inacceptable. La vérité ne saurait être un danger si nous acceptons de combattre à l'unisson le mensonge pour le seul salut de notre pays. La vérité est au mensonge ce que fut l'incadescence du soleil pour Icare. Tel l'âne de Buridan qui mourut entre la paille et l'eau faute d'avoir choisi , accepterons nous de mourir en refusant de choisir entre la vérité et le mensonge, nos intérêts personnels et l'intérêt supérieur de la grande nation malienne ? La réponse est assurément non , les maliens vivront et le Maliba survivra . Comme dans la " Divine Comédie " l'histoire de notre pays finira par la contemplation des étoiles , symboles de l'espoir et de l'espérance .
La carte démocratique de l'Afrique ne peut se parfaire sans un certain nombre de préalabes:
-La rédefinition du rôle de l'armée dans nos pays. Vu le niveau de dévéloppement de nos pays , il serait plus sage de supprimer nos armées dispendieuses qui tirent leur raison d'être dans leur obédience et allégeance aux dictateurs dont ils assurent la garde au mépris de la vie du peuple . Il n'est un secret pour personne que le rôle de l'armée en Afrique est loin d'être neutre. Celle qu'on appelle pompeusement la "Grande Muette" fait et défait le jeu politique. Etant hautement politisée , elle est dans nos pays la dernière institution dans laquelle les dictateurs, les autocrates et dictateurs se refugient face aux crises de mauvaises gouvernances et les crises de gestion de succession du pouvoir. Pourquoi ne pas allonger la liste des vingt-huit (28) pays indépendants du monde n'ayant pas d'armée en supprimant purement et simplement nos armées nationales.
La disqualification de tout militaire du jeu politique serait à notre sens une avancée notable. Le cas de la Mauritanie, véritable pied de nez à la démocratie, est une source d'inspiration et de réflexion profonde.
La disqualification des anciens dignitaires de tout régime autocratique, dynastique ou dictatorial: ceux –là qui sont restés dans l'appareil étatique avec les tyrans pour piller et massacrer leurs pays peuvent ils tourner casaque et devenir du coup crédibles ? Sonnons le glas de l'opportunisme politique. Qu'on arrête de faire de la politique une profession . Que les avides de pouvoir apprennent à se reconvertir. On peut servir son pays à tous les niveaux. La formation du citoyen lamda quant à la connaissance de la chose politique est l'une des conditions sine- qua -non du développement politique auquel nous aspirons. Le citoyen bien formé et informé devient une citadelle imprenable devant les vélléïtés d'achat de sa conscience. Il sait que dans le jeu démocratique, il compte, sa voix aussi. Il n'achètera plus le vent mais accordera son suffrage selon le projet de société qu'on lui propose.
La formation morale et civique de la classe politique: que la politique cesse d'être un tremplin pour assouvir des intérêts personnels et égoïstes. Que la politique soit restituée dans son acception originelle: celle de gérer les affaires du pays. Seule doit prévaloir l'intérêt supérieur du pays.
Que tous les fils d'Afrique, soucieux de sa liberté, de son développement, de son progrès et du bonheur de nos peuples s'éveillent et participent au combat. Le rêve est permis.
Fatogoma Mohamed Ouattara
Orange, New Jersey
New Jersey , USA
fouattara2@comcast.net
www.ouattaradonzo.com
http://fouattara.blogspot.com
Pendant que les autocraties et dynasties semblent être le souvenir d'un passé douloureux pour l'Europe, notre chère Afrique semble régresser tristement dans le domaine démocratique après les ébauches du début des années '90. Cette évolution du continent africain nous attriste tragiquement . Le destin de l'Afrique ne saurait être une tragédie permanente, loin s'en faut . Il appartient à l'Afrique de forger son destin comme les autres peuples de l'histoire ont su le faire avec leurs propres moyens:au prix du refus , de la révolte et du sang qui aurait servi à écrire les plus belles pages de l'histoire de ces peuples. Aucun progrès social, aucune avancée démocratique ne saurait être le résultat d’une génération spontanée.
Le continent africain a souffert pendant de longues années de la gestion catastrophique des autocrates ad vitam aeternam, avec une certaine passivité masochiste. Serait-il encore prêt d'assister les bras croisés à l'avénement de nouvelles dynasties politiques? Ne devons nous pas avoir honte de nous mêmes en prenant les allures d'ours de cirque? Arrêtons d'accabler les autres pour nos malheurs. Le reste du monde est compassionnant pour nous, et la compassion n'engendre jamais le respect de l'autre. Nous sommes les artisans de notre destin. Machiavel ne nous a-t-il pas enseigné que les événements assènent les coups les plus efficaces quand la capacité de réagir faillit ? A ce moment précis de l'évolution de notre continent, le rôle de l'intelligentsia n'est pas des moindres. Il est à l'image de ce que les Didérot, d'Alembert, Montesquieu.......auraient été pour la révolution française qui somme toute demeure une référence universelle. Nous serons tous coupables devant ce lugubre tableau politique de notre continent. Un véritable travail d'information, de formation, de conscientisation des masses populaires s'impose. Si chaque intellectuel africain jouait sa partition en travaillant à former les masses et en se formant , notre combat pour une Afrique libre, démocratique et prospère ne serait pas une chimère.
Dans notre souci de clarté discursive, donnons de succintes définitions d'autocratie et de dynastie :
" Une autocratie est un régime politique où un seul individu détient le pouvoir, alors qualifié de pouvoir personnel et absolu. Etymologiquement, autocratie signifie " qui tire son pouvoir (cratie) de lui-même (auto) ". L'autocratie est donc un pouvoir qui n'a d'autre justification et légitimité que lui-même ."
"Dynastie, qui vient du grec dunasteia, succession de souverains qui ont une même famille. Succession de personnes célèbres d'une même famille."
Après trente-huit ( 38 ) ans de pouvoir autocratique, " Papa" Etienne Gnassingbé Eyadéma tire sa révérence à la suite d'une crise cardiaque fatale. Nous avons tels des naïfs cru que le rideau venait de se tirer sur une page de l'histoire de ce peuple togolais qui avait tant souffert de l'unanismisme, du corset idéologique dans lequel Eyadéma l'avait volontairement fourré. Avec la pateline complicité et bénédiction des caciques, des courtisans-profiteurs, de la junte militaro-politique du pouvoir défunt, des anciens dignitaires de tout poils qui n'avaient d'intérêts que les leurs, le lit fut royalement fait pour la succession dynastique du pouvoir au grand damn de l'opposition togolaise qui somme toute mérite respect et admiration. La démocratie africaine a ainsi reçu un soufflet , les démocrates et aussi le Togo. Nous avons in petto, souhaité que le Togo de Faure Eyadéma ne soit pas un exemple -modèle. Mais hélas, l'histoire de nos peuples d'Afrique continuera à balbutier encore, ce fut le tour du Gabon avec des variances. En somme, c'est le même schéma classique: après la mort du président-autocrate, le fils lui succède par le biais constitutionnnel ou anti-constitutionnel au mépris du peuple .
Après le Togo, le Gabon, va -t-on assister à l'ébauche de nouvelles dynasties politiques après le temps des autocrates?
"L'histoire est une galérie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies " disait Alexis de Toqueville qui aimait les formules. Au vu de la donne politique d'ensemble, il y'a tout lieu de craindre que l'épidémie ne se repande. Il y'a eu le cas togolais, après les condamnations des uns et des autres, Faure Eyadéma se la coule douce . Le cas gabonais resembla à coup sur au schéma précédent. Et d'autres suivront si rien n'est fait .
Abdoulaye Wade, accusé d’avoir fait du Sénégal sa chasse gardée, use de tous les traquenards d’Ulysse possibles pour passer le relai à son fils Karim Wade. Les speculations sur les intentions réelles ou supposées de faire de son fils son successeur sont au centre du débat politique sénégalais. Le vaillant peuple du Sénégal est aux aguets.
En Libye, Mouammar Kadhafi ,au pouvoir dépuis 1969, qui n’est pas à ses premières frasques, essaie depuis bien longtemps de préparer le fauteuil de la succession pour son fils Seif El Islam qui est un habitué des arcanes de la politique libyenne.
En Egypte, Muhammed Osni Moubarak au pouvoir depuis bientôt 30 ans, prépare son fils Gamal , selon la vox populis égyptienne, à lui succeder.
Le scenario malien
Après près de vingt trois( 23) ans de règne, Le Président Général Traoré fut balayé par une révolution populaire, le 26 mars 1991. Condamné à mort en Février 1993 pour crime de sang mais pas executé avec l’onction de Konaré. Puis condamné à la peine capitale en 1999 pour crime économique, il fut élargi et mène aujourd’hui une vie tranquille. Certains de ses compagnons des heures de gloire dont Abraham Sissoko “Ramos”, frère de Mariam Traoré, Sékou Ly…. furent graciés.
Dépuis les douloureux événements de mars 1991, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts. La démocratie arrive et sème sur son passage un grain de zizanie dans notre paysage politique. Les partis politiques poussent et en une nuit on devient politicien comme un champignon. Comble de l’ironie, ce sont les épigones et les fils de l’ancien dictateur qui font infraction dans l’arène politique du Mali. Certains diront que les disciples et héritiers biologiques de l’ancien bourreau de Bamako ont le droit constitutionnel de créer leur partis politiques. Nous rappellons que la démocratie malienne ne fut pas décrétée mais fut acquise de hautes luttes, donc elle contient de fortes charges émotionnelles sur le plan psycho-sociologiques. Le peuple malien n’est pas court de mémoire. Les plaies d’hier sont encore béatement ouvertes et ont besoin de temps suffisant avant d’être cautérisées, soignées, bandées et guerries. Les blessures de nos coeurs sont aussi souffreteuses que celles de nos esprits. Le régime dictatorial du Général Traoré a causé tant de souffrance pénible, d’affliction profonde que la présence de ses fils et de tous ceux qui lui sont apparentés sur l’échiquier politique malien rouvre les plaies faite par lui. L’oubli de nos peines naîtra de l’oubli de ceux qui nous ont oppressés, qui nous ont fait perdre nos rêves. Ceux-là qui ont bu la monstruosité, le mépris le plus vil vis à vis des maliens et de leur avenir, le cynisme et la désinvolture les plus révoltants ont-ils aujourd’hui les moyens de nous montrer et de nous démontrer qu’ils ont une conscience asceptisée? Qui pardonne aisément invite à l’offenser. Et le malien d’aujourd’hui n’est pas prêt à subir une nouvelle incartade. Donc, chers héritiers présomptifs, si le Général déchu vous a mis sur son testament politique, le peuple malien s’y oppose de toute sa force. Sur le forum de discussion de malilink Cheick Bougadary , a affirmé qu’il est ouvert aux critiques. …et aux suggestions. Nous ne voulons pas l’offenser, il n’y a que la vérité qui offense. Il n’y a point d’injure plus sensible que quand nous nous sentons plus coupables des fautes commises par nous-mêmes ou par nos parents. Si vous aimez le Mali autant que vous le dites, pourqoui n’avez vous pas commis un parricide devant les dérapages de votre autocrate de père pour le sauver? Brutus l’a fait avant vous. D’où vous vient cette envie soudaine de haut justicier? Ou bien serait-on tenté de dire que l’oiseau de Minerve prend son envol à la tombée de la nuit?
A mon goût, la création du CARE(Convergence Africaine pour le Renouveau) peine à se justifier. En lieu et place de parti politique, il aurait été plus sage, d’en faire une oeuvre caritative. Ne peut-on pas servir son pays à tous les niveaux si on a réellement la fibre patriotique? Le sigle CARE est un véritable lapsus calami. Vu sous un angle purement psychanalytique, le vocable CARE apparaît comme un phénomène , un acte manqué. Sigmund Freud aurait dit que tout lapsus trouve son explication dans une source en dehors du discours et que l’élément perturbateur est l’expression d’une idée inconsciente qui, analysée de façon approfondie, apparaît dans la conscience. Sans être ironique, nous dirons que la tendance naturelle des fondateurs de ce parti aurait pu être portée sur les oeuvres caritatives. CARE (un acronyme en Anglais)ne veut-il pas dire ceci dans la langue de William Shakespeare : prendre soin de? En prenant soin de ceux qui sont dans le besoin , vous feriez oeuvre utile. Messieurs Traore fils, à nos yeux, vous manquez cruellement de crédibilité. Vous voulez venir en politique par opportunisme. Si ce n’est pas de l’opportunisme, dites nous ce que c’est ? Vous dites ceci: “Aucun système de gouvernance ne peut ou ne doit se perpétuer sans le consentement des administrés. Oui, le peuple blasé et désabusé du Mali dit non à une dynastie des Traoré. Nous n’avons pas aujourd’hui besoin de sang de martyrs versé pour refuser ou appeler le changement. Nous avons besoin de bâtir notre pays avec d’autres armes plus efficaces et convaincantes: la vérité et le refus. Refus d’accepter le statu-quo. Refus d’accepter l’inacceptable. La vérité ne saurait être un danger si nous acceptons de combattre à l'unisson le mensonge pour le seul salut de notre pays. La vérité est au mensonge ce que fut l'incadescence du soleil pour Icare. Tel l'âne de Buridan qui mourut entre la paille et l'eau faute d'avoir choisi , accepterons nous de mourir en refusant de choisir entre la vérité et le mensonge, nos intérêts personnels et l'intérêt supérieur de la grande nation malienne ? La réponse est assurément non , les maliens vivront et le Maliba survivra . Comme dans la " Divine Comédie " l'histoire de notre pays finira par la contemplation des étoiles , symboles de l'espoir et de l'espérance .
La carte démocratique de l'Afrique ne peut se parfaire sans un certain nombre de préalabes:
-La rédefinition du rôle de l'armée dans nos pays. Vu le niveau de dévéloppement de nos pays , il serait plus sage de supprimer nos armées dispendieuses qui tirent leur raison d'être dans leur obédience et allégeance aux dictateurs dont ils assurent la garde au mépris de la vie du peuple . Il n'est un secret pour personne que le rôle de l'armée en Afrique est loin d'être neutre. Celle qu'on appelle pompeusement la "Grande Muette" fait et défait le jeu politique. Etant hautement politisée , elle est dans nos pays la dernière institution dans laquelle les dictateurs, les autocrates et dictateurs se refugient face aux crises de mauvaises gouvernances et les crises de gestion de succession du pouvoir. Pourquoi ne pas allonger la liste des vingt-huit (28) pays indépendants du monde n'ayant pas d'armée en supprimant purement et simplement nos armées nationales.
La disqualification de tout militaire du jeu politique serait à notre sens une avancée notable. Le cas de la Mauritanie, véritable pied de nez à la démocratie, est une source d'inspiration et de réflexion profonde.
La disqualification des anciens dignitaires de tout régime autocratique, dynastique ou dictatorial: ceux –là qui sont restés dans l'appareil étatique avec les tyrans pour piller et massacrer leurs pays peuvent ils tourner casaque et devenir du coup crédibles ? Sonnons le glas de l'opportunisme politique. Qu'on arrête de faire de la politique une profession . Que les avides de pouvoir apprennent à se reconvertir. On peut servir son pays à tous les niveaux. La formation du citoyen lamda quant à la connaissance de la chose politique est l'une des conditions sine- qua -non du développement politique auquel nous aspirons. Le citoyen bien formé et informé devient une citadelle imprenable devant les vélléïtés d'achat de sa conscience. Il sait que dans le jeu démocratique, il compte, sa voix aussi. Il n'achètera plus le vent mais accordera son suffrage selon le projet de société qu'on lui propose.
La formation morale et civique de la classe politique: que la politique cesse d'être un tremplin pour assouvir des intérêts personnels et égoïstes. Que la politique soit restituée dans son acception originelle: celle de gérer les affaires du pays. Seule doit prévaloir l'intérêt supérieur du pays.
Que tous les fils d'Afrique, soucieux de sa liberté, de son développement, de son progrès et du bonheur de nos peuples s'éveillent et participent au combat. Le rêve est permis.
Fatogoma Mohamed Ouattara
Orange, New Jersey
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Sunday, August 29, 2010
L'exercice du pouvoir en Afrique: à la lisière de la pathologie?
L’exercice du pouvoir en Afrique: à la lisière de la pathologie ?
02/03/2010
Mr Fatogoma Mohamed Ouattara, New Jersey, USA
L’histoire vient une fois de plus de balbutier dans l’Afrique continentale. Le Niger de Mamadou Tanja se trouve en être le théatre. Après son refus obsessionnel à quitter le pouvoir , l’armée nigérienne , que nous applaudissons des deux mains, telle dans une vénerie, a chassé « l’indispensable » dictateur du pouvoir.
Par délà la satisfaction collective de tous ceux d’entre nous, apôtres de la démocratie republicaine, qui avions vilipendé l’attitude narcissique, le manque de mesure et du sens de la réalité de Tanja, c’est toute notre capacité à refléchir sur la portée sémantique de la démocratie dépouillée de toute hypocrisie qui se trouve être interpellée. Au regard de la carte démocratique du continent africain, notre capacité à refuser la conception de l’exercice du pouvoir sous nos cieux se trouve également apostrophée.
Quand Jacques Chirac en février 1990 , maire de la ville de Paris disait sans état d’âme que la démocratie est un luxe pour l’Afrique, nous avons tous gesticulé car ayant reçu un cinglant soufflet. Lacérés dans nos chairs, nous sommes allés au plus profond de notre histoire pour y puiser des preuves tangibles de la pratique démocratique dans nos moeurs socio-politiques. Vingt ans après nos dirigeants politiques ont-ils été à même de donner une belle réplique à Jacques l’Africain? Débarrassons-nous de précautions oratoires et de toute rhétorique pour dire sans ambages ni fioritures que le tableau démocratique du continent n’est guère réluisant.
Ayons une certaine dose de courage pour affirmer que la quasi-totalité des pouvoirs africains sont pires en répression, en confiscation de liberté d’expression, de la presse, en terreur policière que le plus vil des régimes staliniens. Y’a –t-il un autre vocable que celui de tyrans, d’anti-démocrates pour nommer les Tanja , Gbagbo, Compaoré, Mbiya, Deby, Kaddafi, Ben Ali, Moubarrak, la liste est non limitative. Leurs dénominateurs communs : la défense de leurs intérets , ceux de leurs familles et d’une camarilla les entourant ; le tripatouillage constitutionnel pour rester au pouvoir advitam aeternam, la défense complaisante de la corruption, du copinage, du népotisme.....
Ce faisant ils annihilent toute assise démocratique et du coup tout effort de développement au mépris du bonheur de leurs peuples. Nous crions notre rage et notre indignation : ça suffit comme ça ! Nous appellons urgemment de toutes nos forces l’âge d’or de la démocratie africaine. A bas les autocraties, les monarchies , les dictatures, les dynasties et oligarchies politiques. Toute démocratie, digne de ce nom, s’élabore dans la matrice d’un Etat de droit qui en appelle à la liberté d’expression, de presse, d’association, à la représentation, à la repartition équitable des revenus, à un contre-pouvoir et à des débats d’idées contradictoires. Les dictatures démocratiques dont souffre atrocement le continent constituent à ne pas en douter un frein pour le développement social , économique et politique.
La thématique de ce billet est de poser la relation entre le pouvoir et la pathologie mentale qui constitue un sujet de reflexion attachant d’une part, et d’autre part de nous interroger sur le rapport que les gouvernants africains ont avec le pouvoir. Toute une littérature foisonnante a germé dans la tête de bon nombre d’intellectuels qui ont pris leurs plumes et refléchi sur la vie de ceux –là qui ont l’immense responsabilité de nous gouverner. Notons pêle-mêle Blaise Pascal : « Dans le discours sur la condition des Grands », David Owen dans : « Sickness and Power »(traduisez par Maladie du pouvoir), Sébastian Dieguez, neurologue suisse dans « Caligula, entre omnipotence et décadence » , J. Davidson dans : « Syndrome d’hubris », Pierre Accoce et Pierre Rentchnick dans : « Ces malades qui nous gouvernent ». Je n’ai nullement l’outrécuidance de vouloir traiter ce sujet de façon achevée , ils ont su le faire à ravir. Cependant , la relation des gouvernants africains d’avec le pouvoir sera ma préoccupation.
Qu’on veuille gentillement me laisser me parer du plumage de Chérif Haidara de Chicago puis après me l’accommoder en disant ceci : « Depuis Tacitus, la volonté de gouverner ses semblables a toujours illuminé les coeurs mieux que n’importe quelle passion ». ‘In : Les politiciens et la politique ‘. Cette vérité d’Ukase que cet as de la belle plume nous assène du haut de sa cathèdre semble étrangement valable sous tous les cieux. Du désir de gouverner à la passion , au délire et la demesure il n’y a qu’une infime ligne facilement franchissable. D’ailleurs , toute passion ne serait elle pas à l’antipode de la raison, du bon sens?
Comment expliquer sainement aujourd’hui que « l’Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales, l’Afrique que chante ma grand mère au bord de son fleuve lointain», qui avait une conception raisonnée, altruiste et humaine de l’exercice du pouvoir ait brusquement basculé dans la phase bestiale, psycho-maniaco-dépressive et hystériforme du pouvoir ? Tous les hommes étant semblables et répondant aux mêmes mécanismes psychiques , il ne saurait tenir de la prétention frénétique que de poser cette vaste question qui me taraude la tête : Les chefs d’Etat africains seraient –ils de grands malades mentaux, des psychopathes ? Ou mieux, les chefs d’Etat africains ne souffriraient-ils pas du syndrome d’hubris. Le syndrome d’hubris ? Il est la maladie du pouvoir se caractérisant par : « la perte du sens des réalités , intolérance à la contradiction, actions à l’emporte-pièce, obsession de sa propre image et abus de pouvoir : tels sont quelques-uns des symptomes d’une maladie mentale recemment repertoriée qui se développereait durant l’exercice du pouvoir ».
L’exercice du pouvoir a t-il le don d’ inoculer un agent pathogène dans le corps des chefs d’Etat africains ? Pourquoi l’ivresse du pouvoir leur fait elle perdre la raison ? Existe-t-il une griserie du pouvoir qui aurait le don d’avarier l’imposant flegme de la raison des Chefs d’Etat ? Ou seraient –ils entourés par des griots de mauvaise foi qui ne leur disent pas la vérité? La détention du pouvoir , ce privilège de facto à exercer une certaine autorité sur les autres, engendrerait-elle une anomalie, une déviation , une corruption de la raison chez nos dirigeants ? Des questions certes difficiles mais qui en appellent d’autres sous-jacentes n’étant pas de nature à nous rendre l’entreprise facile. Mais à y réflechir profondement, on s’enlise inconsciemment dans un enchevêtrement de labyrinthes pour se trouver au carrefour subtil des énoncés disciplinaires que sont la politique et la psychiatrie.
Quand on scrute un tant soit peu la carte du continent africain , on ne peut s’empêcher d’avoir froid au dos. Devant la désolation des peuples en Afrique, les Chefs semblent n’avoir qu’un seul programme : mourir au pouvoir au péril de leurs vies et au mépris de la misère ambiante et de la vie des autres. « La possession du pouvoir corrompt inévitablement la raison . » disait déjà Emmanuel Kant au XVIIIème siècle. Pourquoi alors s’étonner de l’attitude insensée de Tanja à rester sourd à toute voix de la raison quand on sait le triste sort reservé à son prédecesseur Ibrahim Barré Maïnassara ? « IBM » comme on l’appelait affectueusement, a déclanché un putch contre Mahamane Ousmane, l’un des rares présidents à être élu sans fraudes, s’est installé au pouvoir par la force après avoir promis ne pas se présenter. Une mobilisation monstre de la société civile s’en est suivie. La repression s’est installée. Il fut abattu, déchiquetté en lambeaux lorsqu’il tentait de prendre la poudre d’escampette. Et le sieur Tanja n’en a tiré aucun enseignement. Il est entrain de ronger son frein dans la prison d’une caserne non loin de Niamey. Ah ! L’ivresse du pouvoir quand tu nous tiens !
Comment comprendre l’intransigeance de Koudou Laurent Gbagbo à s’accrocher obsessionnellement au pouvoir après tant de reports de la date des élections en Côte d’Ivoire pendant que le pays est au bord du chaos? La réponse se trouverait soit dans sa personnalité perverse et sadique ou dans cette sentence que Lord Acton , touché certainement par Polymnie, la muse de la poésie lyrique avait laissé choir ceci : « Le pouvoir corrompt , le pouvoir absolu corrompt absolument.» . Cette maxime exprime mieux que n’importe quel discours l’irrépressible tentation des mortels à se laisser séduire par le pouvoir, son abus et sa soûlerie sans oublier leurs entourages faits de panégyristes-profiteurs. La matérialisation de leur idée de grandeur et d’omnipotence névrotiques passe par la politique qui est l’art de spolier les biens publics. Que nos gouvernants revoient leurs copies : ne pas mettre le pouvoir à leurs seuls profits mais au profit des gouvernés.
Comment encore comprendre la folie délirante de Robert Gabriel Mugabe face au pouvoir ? Les psychologues et psychiatres associés seront mieux indiqués pour offrir un élément de réponse à cette question à Morgan Swangirai et au peuple zimbabwéen. Les Paul Mbiya, Idris Déby Itno , Blaise Compaoré, Zine El Abidine Ben Ali, Mouammar Kaddafi, Abdoul Aziz Bouteflika, Hosni Moubarak qui sont l’incarnation type de la démence, ont fait de l’exercice du pouvoir des fétiches personnels.
Combien de chefs d’Etat africains ont été sommés par le peuple d’aller vadrouiller ? Hissène Habré est toujours en cavale. Aimé Henry Konan Bédié, chassé du pouvoir par Robert Gueï, a connu la motte et la basse-cour puis après s’envola avec femme et enfants dans l’indifférence générale pour Lomé. Après 22 mois d’exil en France , il rentre au pays en 2001 pour participer au Forum de reconciliation national. Amadou Ahijo , Jean Bedel Bokassa, Idi Amin Dada, Joseph Désiré Mobutu, tels de vulgaires filous ont pris l’escampe pour aller tristement mourir en exil loin des leurs et de leurs «crapauds des marais » (terminologie charmante empruntée à Dialla Konaté).
Combien sont morts au pouvoir ? Véritables autocrates doublés de mégalomanes schizophrènes se prenant pour Jupiter, Houphouët Boigny, Omar Bongo Odimba, Ahmed Sékou Touré, Lassana Conté, Gnassingbé Eyadema, ont échoué à transcender leurs personnalités narcissiques et ont tous mangé le pissenlits par la racine étant au pouvoir.
Combien ont passé le relais à leur fils? Joseph Kabila remplace son père Laurent Désiré Kabila en RDC avec l’onction de la hiérarchie militaire (histoire véritablement scabreuse), Ali Bongo au Gabon, Faure Eyadéma au Togo. Le triculent Kaddafi ne fait pas un mystère de son rêve de passer le relais à son fils Seif El Islam. Une maladive velleïté de passer le relais à leurs fils respectifs : Karim Wade et Gamal Moubarak effleure la tête d’ Abdoulaye Wade du Sénégal, Mohammed Hosni Salaam Moubarak d’ Egypte.
Devant ce tableau lugubre, le silence des intellectuels ne serait que l’expression d’une complicité coupable face à cette demence inacceptable vis à vis de l’exercice du pouvoir. Notre impassibilité d’intellectuels s’assimilerait à une non assistance à des peuples en danger de misère, de malnutrition , de manque d’éducation, de santé, de souffrance et de mort. Mettons nous ensemble pour mener une croisade contre cette compulsion morale à tendance sadique que nos tenants du pouvoir cultivent consciemment ou inconsciemment. Le despotisme a .....beau jeu lorsqu'il peut repondre aux peuples qui murmurent: c'est vous mêmes qui m'avez voulu.
En dépit des dispositifs institutionnels mis en place comme garde-fou pour éviter toute dérive du pouvoir, notre vigilance associée à notre capacité de refus impulsif à accepter les décisions politiques arbitraires, l’information et la formation des masses populaires demeurent le plus sûr des garants. La démocratie est un combat permanent contre tout abus de pouvoir et toutes les formes de déviances que l’exercice du pouvoir peut emprunter. La méfiance, la capacité de refus des décisions politiques insensées, les contradictions et oppositions en guise de contre-pouvoir du peuple s’avèrent être la plus efficace des cautions. « Tout peuple qui s’endort en liberté se reveille en servitude. » disait Alain dans « le politique ». La finalité de notre combat est de briser définitivement le cadre picaresque dans lequel s’exerce le pouvoir africain en en chassant les voleurs et les aventuriers.
Chez nous en Afrique, l’aversion systématique pour les règles démocratiques dans des Etats de droit est frappée par le sceau révoltant de la pathologie. Si elle ne l’est pas , pourquoi leur est –il d’une souffrance indicible de mettre le pouvoir au service du patriotisme, de l’amour, de la probité, de l’intégrité et du salut du peuple? Les règles d’accession, d’exercice et de transmission du pouvoir des gouvernants doivent être des dogmes sacro-saints inviolables. Pourquoi en Afrique le passage du relais s’apparenterait-il aux douze travaux d’Hercule ? Il a fallu à Hercule dix années pour terminer ses travaux , combien en faudrait-il à nos gouverants pour réaliser que le pouvoir s’aquiert et se transmet , qu’il ne saurait être la chasse gardée de quiconque fut –il éclairé ou dément.
La détention du pouvoir et le passage de relais en beauté par des esprits éclairés et vertueux comme Nelson Mendela, Alpha Omar Konaré, Amadou T Touré, Léopold Sédar Senghor, Abdoul Diouf, John. Jerry Rawlings, John Agyekum Kufuor, Mathieu Kérékou........restent des images fortes gravées dans nos mémoires et qui constituent les notes de consolation et d’espoir ; et nous font comprendre curieusement que tous les pouvoirs ne sont pas forcément abusifs, corrupteurs, déraisonnés et tyranniques.
Une contribution de Mr Fatogoma Mohamed Ouattara
Orange , New jersey
USA
Fouattara2@comcast.net
02/03/2010
Mr Fatogoma Mohamed Ouattara, New Jersey, USA
L’histoire vient une fois de plus de balbutier dans l’Afrique continentale. Le Niger de Mamadou Tanja se trouve en être le théatre. Après son refus obsessionnel à quitter le pouvoir , l’armée nigérienne , que nous applaudissons des deux mains, telle dans une vénerie, a chassé « l’indispensable » dictateur du pouvoir.
Par délà la satisfaction collective de tous ceux d’entre nous, apôtres de la démocratie republicaine, qui avions vilipendé l’attitude narcissique, le manque de mesure et du sens de la réalité de Tanja, c’est toute notre capacité à refléchir sur la portée sémantique de la démocratie dépouillée de toute hypocrisie qui se trouve être interpellée. Au regard de la carte démocratique du continent africain, notre capacité à refuser la conception de l’exercice du pouvoir sous nos cieux se trouve également apostrophée.
Quand Jacques Chirac en février 1990 , maire de la ville de Paris disait sans état d’âme que la démocratie est un luxe pour l’Afrique, nous avons tous gesticulé car ayant reçu un cinglant soufflet. Lacérés dans nos chairs, nous sommes allés au plus profond de notre histoire pour y puiser des preuves tangibles de la pratique démocratique dans nos moeurs socio-politiques. Vingt ans après nos dirigeants politiques ont-ils été à même de donner une belle réplique à Jacques l’Africain? Débarrassons-nous de précautions oratoires et de toute rhétorique pour dire sans ambages ni fioritures que le tableau démocratique du continent n’est guère réluisant.
Ayons une certaine dose de courage pour affirmer que la quasi-totalité des pouvoirs africains sont pires en répression, en confiscation de liberté d’expression, de la presse, en terreur policière que le plus vil des régimes staliniens. Y’a –t-il un autre vocable que celui de tyrans, d’anti-démocrates pour nommer les Tanja , Gbagbo, Compaoré, Mbiya, Deby, Kaddafi, Ben Ali, Moubarrak, la liste est non limitative. Leurs dénominateurs communs : la défense de leurs intérets , ceux de leurs familles et d’une camarilla les entourant ; le tripatouillage constitutionnel pour rester au pouvoir advitam aeternam, la défense complaisante de la corruption, du copinage, du népotisme.....
Ce faisant ils annihilent toute assise démocratique et du coup tout effort de développement au mépris du bonheur de leurs peuples. Nous crions notre rage et notre indignation : ça suffit comme ça ! Nous appellons urgemment de toutes nos forces l’âge d’or de la démocratie africaine. A bas les autocraties, les monarchies , les dictatures, les dynasties et oligarchies politiques. Toute démocratie, digne de ce nom, s’élabore dans la matrice d’un Etat de droit qui en appelle à la liberté d’expression, de presse, d’association, à la représentation, à la repartition équitable des revenus, à un contre-pouvoir et à des débats d’idées contradictoires. Les dictatures démocratiques dont souffre atrocement le continent constituent à ne pas en douter un frein pour le développement social , économique et politique.
La thématique de ce billet est de poser la relation entre le pouvoir et la pathologie mentale qui constitue un sujet de reflexion attachant d’une part, et d’autre part de nous interroger sur le rapport que les gouvernants africains ont avec le pouvoir. Toute une littérature foisonnante a germé dans la tête de bon nombre d’intellectuels qui ont pris leurs plumes et refléchi sur la vie de ceux –là qui ont l’immense responsabilité de nous gouverner. Notons pêle-mêle Blaise Pascal : « Dans le discours sur la condition des Grands », David Owen dans : « Sickness and Power »(traduisez par Maladie du pouvoir), Sébastian Dieguez, neurologue suisse dans « Caligula, entre omnipotence et décadence » , J. Davidson dans : « Syndrome d’hubris », Pierre Accoce et Pierre Rentchnick dans : « Ces malades qui nous gouvernent ». Je n’ai nullement l’outrécuidance de vouloir traiter ce sujet de façon achevée , ils ont su le faire à ravir. Cependant , la relation des gouvernants africains d’avec le pouvoir sera ma préoccupation.
Qu’on veuille gentillement me laisser me parer du plumage de Chérif Haidara de Chicago puis après me l’accommoder en disant ceci : « Depuis Tacitus, la volonté de gouverner ses semblables a toujours illuminé les coeurs mieux que n’importe quelle passion ». ‘In : Les politiciens et la politique ‘. Cette vérité d’Ukase que cet as de la belle plume nous assène du haut de sa cathèdre semble étrangement valable sous tous les cieux. Du désir de gouverner à la passion , au délire et la demesure il n’y a qu’une infime ligne facilement franchissable. D’ailleurs , toute passion ne serait elle pas à l’antipode de la raison, du bon sens?
Comment expliquer sainement aujourd’hui que « l’Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales, l’Afrique que chante ma grand mère au bord de son fleuve lointain», qui avait une conception raisonnée, altruiste et humaine de l’exercice du pouvoir ait brusquement basculé dans la phase bestiale, psycho-maniaco-dépressive et hystériforme du pouvoir ? Tous les hommes étant semblables et répondant aux mêmes mécanismes psychiques , il ne saurait tenir de la prétention frénétique que de poser cette vaste question qui me taraude la tête : Les chefs d’Etat africains seraient –ils de grands malades mentaux, des psychopathes ? Ou mieux, les chefs d’Etat africains ne souffriraient-ils pas du syndrome d’hubris. Le syndrome d’hubris ? Il est la maladie du pouvoir se caractérisant par : « la perte du sens des réalités , intolérance à la contradiction, actions à l’emporte-pièce, obsession de sa propre image et abus de pouvoir : tels sont quelques-uns des symptomes d’une maladie mentale recemment repertoriée qui se développereait durant l’exercice du pouvoir ».
L’exercice du pouvoir a t-il le don d’ inoculer un agent pathogène dans le corps des chefs d’Etat africains ? Pourquoi l’ivresse du pouvoir leur fait elle perdre la raison ? Existe-t-il une griserie du pouvoir qui aurait le don d’avarier l’imposant flegme de la raison des Chefs d’Etat ? Ou seraient –ils entourés par des griots de mauvaise foi qui ne leur disent pas la vérité? La détention du pouvoir , ce privilège de facto à exercer une certaine autorité sur les autres, engendrerait-elle une anomalie, une déviation , une corruption de la raison chez nos dirigeants ? Des questions certes difficiles mais qui en appellent d’autres sous-jacentes n’étant pas de nature à nous rendre l’entreprise facile. Mais à y réflechir profondement, on s’enlise inconsciemment dans un enchevêtrement de labyrinthes pour se trouver au carrefour subtil des énoncés disciplinaires que sont la politique et la psychiatrie.
Quand on scrute un tant soit peu la carte du continent africain , on ne peut s’empêcher d’avoir froid au dos. Devant la désolation des peuples en Afrique, les Chefs semblent n’avoir qu’un seul programme : mourir au pouvoir au péril de leurs vies et au mépris de la misère ambiante et de la vie des autres. « La possession du pouvoir corrompt inévitablement la raison . » disait déjà Emmanuel Kant au XVIIIème siècle. Pourquoi alors s’étonner de l’attitude insensée de Tanja à rester sourd à toute voix de la raison quand on sait le triste sort reservé à son prédecesseur Ibrahim Barré Maïnassara ? « IBM » comme on l’appelait affectueusement, a déclanché un putch contre Mahamane Ousmane, l’un des rares présidents à être élu sans fraudes, s’est installé au pouvoir par la force après avoir promis ne pas se présenter. Une mobilisation monstre de la société civile s’en est suivie. La repression s’est installée. Il fut abattu, déchiquetté en lambeaux lorsqu’il tentait de prendre la poudre d’escampette. Et le sieur Tanja n’en a tiré aucun enseignement. Il est entrain de ronger son frein dans la prison d’une caserne non loin de Niamey. Ah ! L’ivresse du pouvoir quand tu nous tiens !
Comment comprendre l’intransigeance de Koudou Laurent Gbagbo à s’accrocher obsessionnellement au pouvoir après tant de reports de la date des élections en Côte d’Ivoire pendant que le pays est au bord du chaos? La réponse se trouverait soit dans sa personnalité perverse et sadique ou dans cette sentence que Lord Acton , touché certainement par Polymnie, la muse de la poésie lyrique avait laissé choir ceci : « Le pouvoir corrompt , le pouvoir absolu corrompt absolument.» . Cette maxime exprime mieux que n’importe quel discours l’irrépressible tentation des mortels à se laisser séduire par le pouvoir, son abus et sa soûlerie sans oublier leurs entourages faits de panégyristes-profiteurs. La matérialisation de leur idée de grandeur et d’omnipotence névrotiques passe par la politique qui est l’art de spolier les biens publics. Que nos gouvernants revoient leurs copies : ne pas mettre le pouvoir à leurs seuls profits mais au profit des gouvernés.
Comment encore comprendre la folie délirante de Robert Gabriel Mugabe face au pouvoir ? Les psychologues et psychiatres associés seront mieux indiqués pour offrir un élément de réponse à cette question à Morgan Swangirai et au peuple zimbabwéen. Les Paul Mbiya, Idris Déby Itno , Blaise Compaoré, Zine El Abidine Ben Ali, Mouammar Kaddafi, Abdoul Aziz Bouteflika, Hosni Moubarak qui sont l’incarnation type de la démence, ont fait de l’exercice du pouvoir des fétiches personnels.
Combien de chefs d’Etat africains ont été sommés par le peuple d’aller vadrouiller ? Hissène Habré est toujours en cavale. Aimé Henry Konan Bédié, chassé du pouvoir par Robert Gueï, a connu la motte et la basse-cour puis après s’envola avec femme et enfants dans l’indifférence générale pour Lomé. Après 22 mois d’exil en France , il rentre au pays en 2001 pour participer au Forum de reconciliation national. Amadou Ahijo , Jean Bedel Bokassa, Idi Amin Dada, Joseph Désiré Mobutu, tels de vulgaires filous ont pris l’escampe pour aller tristement mourir en exil loin des leurs et de leurs «crapauds des marais » (terminologie charmante empruntée à Dialla Konaté).
Combien sont morts au pouvoir ? Véritables autocrates doublés de mégalomanes schizophrènes se prenant pour Jupiter, Houphouët Boigny, Omar Bongo Odimba, Ahmed Sékou Touré, Lassana Conté, Gnassingbé Eyadema, ont échoué à transcender leurs personnalités narcissiques et ont tous mangé le pissenlits par la racine étant au pouvoir.
Combien ont passé le relais à leur fils? Joseph Kabila remplace son père Laurent Désiré Kabila en RDC avec l’onction de la hiérarchie militaire (histoire véritablement scabreuse), Ali Bongo au Gabon, Faure Eyadéma au Togo. Le triculent Kaddafi ne fait pas un mystère de son rêve de passer le relais à son fils Seif El Islam. Une maladive velleïté de passer le relais à leurs fils respectifs : Karim Wade et Gamal Moubarak effleure la tête d’ Abdoulaye Wade du Sénégal, Mohammed Hosni Salaam Moubarak d’ Egypte.
Devant ce tableau lugubre, le silence des intellectuels ne serait que l’expression d’une complicité coupable face à cette demence inacceptable vis à vis de l’exercice du pouvoir. Notre impassibilité d’intellectuels s’assimilerait à une non assistance à des peuples en danger de misère, de malnutrition , de manque d’éducation, de santé, de souffrance et de mort. Mettons nous ensemble pour mener une croisade contre cette compulsion morale à tendance sadique que nos tenants du pouvoir cultivent consciemment ou inconsciemment. Le despotisme a .....beau jeu lorsqu'il peut repondre aux peuples qui murmurent: c'est vous mêmes qui m'avez voulu.
En dépit des dispositifs institutionnels mis en place comme garde-fou pour éviter toute dérive du pouvoir, notre vigilance associée à notre capacité de refus impulsif à accepter les décisions politiques arbitraires, l’information et la formation des masses populaires demeurent le plus sûr des garants. La démocratie est un combat permanent contre tout abus de pouvoir et toutes les formes de déviances que l’exercice du pouvoir peut emprunter. La méfiance, la capacité de refus des décisions politiques insensées, les contradictions et oppositions en guise de contre-pouvoir du peuple s’avèrent être la plus efficace des cautions. « Tout peuple qui s’endort en liberté se reveille en servitude. » disait Alain dans « le politique ». La finalité de notre combat est de briser définitivement le cadre picaresque dans lequel s’exerce le pouvoir africain en en chassant les voleurs et les aventuriers.
Chez nous en Afrique, l’aversion systématique pour les règles démocratiques dans des Etats de droit est frappée par le sceau révoltant de la pathologie. Si elle ne l’est pas , pourquoi leur est –il d’une souffrance indicible de mettre le pouvoir au service du patriotisme, de l’amour, de la probité, de l’intégrité et du salut du peuple? Les règles d’accession, d’exercice et de transmission du pouvoir des gouvernants doivent être des dogmes sacro-saints inviolables. Pourquoi en Afrique le passage du relais s’apparenterait-il aux douze travaux d’Hercule ? Il a fallu à Hercule dix années pour terminer ses travaux , combien en faudrait-il à nos gouverants pour réaliser que le pouvoir s’aquiert et se transmet , qu’il ne saurait être la chasse gardée de quiconque fut –il éclairé ou dément.
La détention du pouvoir et le passage de relais en beauté par des esprits éclairés et vertueux comme Nelson Mendela, Alpha Omar Konaré, Amadou T Touré, Léopold Sédar Senghor, Abdoul Diouf, John. Jerry Rawlings, John Agyekum Kufuor, Mathieu Kérékou........restent des images fortes gravées dans nos mémoires et qui constituent les notes de consolation et d’espoir ; et nous font comprendre curieusement que tous les pouvoirs ne sont pas forcément abusifs, corrupteurs, déraisonnés et tyranniques.
Une contribution de Mr Fatogoma Mohamed Ouattara
Orange , New jersey
USA
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Thursday, August 19, 2010
De l'hiver au printemps politique au Mali
La médiocrité dans la gestion de notre pays a engendé un populisme d'un goût fade et rebutant dont le Prince du jour en a tiré les dividendes auprès d'une frange de la population engluée dans la brume. Du fait de la démocratie consensuelle- véritable exception malienne-la vie politique au Mali a connu une hibernation semblable à celle de la Tchécoslavaquie des années '60. La gouvernance cafouille, la démocratie s'empêtre.
Est-il acceptable que la gouvernance actuelle défaille à résoudre le problème de la corruption qui est un véritable frein au developpement de notre pays? Est-il admissible que la classe politique de l'opposition donne un blanc-seing devant le gaspillage de nos déniers publics? Comment comprendre la collusion des politiques devant l'injustice de la justice avec son corollaire d'abus de pouvoir, de repression des droits et des méthodes directives édulcorées? Comment comprendre la diplomatie du silence de notre pays tant à l'intérieur qu'à l'extérieur? Vivement un dégel politique synonyme d'un printemps de Bamako qui serait une tentative vigoureuse à tordre le cou à cette démocratie de l'hypocrisie dont on nous a gavés. Dans cette grisaille, le Doctor Mariko pour qui l'expression "opposant politique" semble être fait, apparaît comme une embellie doublée d'un emblème. Faisant siennes les reflexions de Brutus: "Ce n'est pas que j'aimasse moins César mais j'aimais Rome davantage". Le Mali d'abord, Mariko s'est montré indigne de délier les souliers du Prince et de se prosterner devant lui. Il s'est rendu compte de l'urgence d'une remise en cause totale d'un système de nomenklatura animé cyniquement par les mêmes clans , lobbystes, francs-maçons et opportunistes de tous poils depuis 1968. Il s'est fait l'echo de la douloureuse prise de conscience de la libération d'un embastillement certain et la volonté réelle de bâtir un MALI nouveau . Ce changement s'impose à l'évidence, à la raison et à l'exigence historique. La nécessité absolue de bâtir un état-modèle basé sur la vérité, la liberté et l'équité.
Autant il relève de la gageure que de parler de soi même, autant il paraît difficile l'entreprise qui consiste à vouloir objectivement dépeindre un homme politique.
Ce n'est pas Oumar Mariko, en tant qu'être humain avec ses grandeurs et ses misères , qui est au centre de nos préoccupations, mais l'homme en tant qu'animal politique. Comme tout le monde, l'ange et le démon sont présents en lui. Comme mortel, il a trois caractères: celui qu'il a , celui qu'il montre, et celui qu'il croit avoir. Toute la vie est une affaire de choix. Et tout choix est un renoncement, une revolution. Comme lui, nous avons choisi de ne pas nous taire. Comme lui , nous avons choisi de ne pas cautionner le statu-quo, tout comme nous avons rejeté le statu ante d'hier. Jeter son dévolu sur Oumar Mariko, ce n'est pas mépriser les autres acteurs de la vie politique malienne dont la morosité est aux limites du tolérable, c'est souhaiter le changement de la sombre et triste condition des maliens, c'est souhaiter leur bonheur.
Sans vouloir offenser qui que ce soit, il ne serait pas exageré de soutenir que Omar Mariko parait être l'esprit le plus beau dans l'opacité parfaite du landerneau politique malien. L'homme a une conviction : il croit absolument à un Mali meilleur. Il a des raisons et des arguments qui portent sa conviction comme disait la Bruyère. Il n'a jamais fait mystère de son aversion systématique pour le néocolonialisme. Il a mené un combat incessant contre les privatisations sauvages de nos enterprises. La santé et l'éducation du peuple se trouvent engoncées au centre de son combat social.
Il est un homme de vérité: il n'a pas la langue dans la poche. Il ne s'embarrasse pas de circonlocution et de rhétorique politicienne pour stigmatiser la mauvaise gouvernance et d'autres fléaux qui minent mortellement notre pays. Souvenons-nous de son combat épique en compagnie du Parena ayant astreint le pouvoir en place à un exercice inhabituel de transparence qui a consisté à reconnaître le droit de savoir du peuple sur la gestion des affaires lorsqu'il s'est agi de nous éclairer sur l'utilisation de la manne générée de la vente de la Sotelma-BIM.
Le député de Kolondiéba, Don Quichotte de notre temps, redresseur des torts a interpellé maître Abdoul Wahab Berthé sur le dossier des partants volontaires à la retraite.(310 milliards de francs déboursés par la Banque mondiale pour le programme de départ volontaire à la retraite). La Banque Mondiale a donné aux fonctionnaires du Sénégal 14millions, du Burkina 10millions et du Mali 4millions? (pourquoi?)
La flamme et l'enthousiasme de son passé de militantisme estudiantin aurait certes laissé des traces indélébiles sur l'homme ."….. toute opposition que je suis, je suis effectivement provisoire. Pas pour être un complément d'effectif mais pour prendre le pouvoir et l'exercer. Nous sommes, en tout cas au niveau du parti Sadi, résolument engagés dans le combat pour développer notre parti, pour organiser notre parti, le structurer davantage et prendre le pouvoir en 2012. Ça c'est l'objectif stratégique immédiat pour nous." Dixit Mariko
Sa particularité réside dans son audace. Il n'a pas daigné jouer à la Farce de Maître Pathelin à laquelle les autres ont été conviés, au nom de la démocratie de l'hypocrisie. Le Prince jouit d'une liberté de manoeuvre totale dans l'exercice de sa profession.
Les discours politiques de ce nouveau champion des causes nobles soulagent les coeurs, contentent et donnent l'espoir et l'espérance à ceux –là qui les écoutent dans un Mali dont l'avenir tient de l'incertitude. Sa grandeur d'âme, la fougue de son génie, la vivacité de son éloquence, sa haine viscérale pour l'injustice, son combat permanent pour la cause des pauvres et des démunis ne manqent pas de faire de lui la peinture achevée de l'opposant emblématique du Mali actuel.
Un vrai patriote , trouverait toujours quelque chose pour quoi il accepterait de souffrir: sa patrie. Ses camarades de combat d'hier, déçus et mus en oiseaux politiques migrateurs, et transhumants trouveront à redire sur son compte. Qu'il se soulage en pensant à ces propos d'Oscar Wilde: "De nos jours, tous les grands hommes ont leurs disciples et c'est toujours Judas qui rédige la biographie". Dans le Mali où tous les coups sont permis pour faire du mensonge et de la médisance une philosophie de la vie, Mariko peut paraître aux yeux des fourbes , des calominiateurs et des conspirateurs qui ne délient la langue que pour la fabulation et l'intérêt, comme un être marginal, un aigri et un arriviste. Qu'il les laisse lui jeter des pierres et des boulets rouges. Ces tas de pierres amoncelés constitueront à coup sûr le socle de son piédestal qui s'érigera un jour certain aux pieds de la colline de Koulouba. La réalité est que la politique est un art et il nous donne un avant-goût de cet art attesté dont il maîtrise à ravir les mécanismes. Il n'a cure des cirques médiatiques archestrés au profit des personnes de richissimes dinausaures et mastodontes, qui ont longtemps saccagé nos déniers publics. Avec le langage qui est le sien et la harpe et la lyre qu'il utilise pour nous announcer les charmes et les beautés du Mali de nos rêves, il ne manque pas de nous séduire. D'ici les échéances de 2012, il ne dérogera pas d'ajouter à sa lyre d'autres cordes d'airain.
Avant d'aller en expédition, les croisés n'oubliaient pas de prendre le soin de faire bénir leurs armes et leurs drapeaux. Les maliens avides de démocratie, de changement et de progrès n'oublieront pas d'accorder leur onction à Oumar Mariko . Ne mène –t-il pas une croisade au propre et au figuré dans le combat politique quotidien qui est le sien? Son offensive vise à aiguiller l'opinion publique dans le cadre de son combat social.
Une hirondelle ou une fleur ne fait guère le printemps. Nous osons esperer que ceux des politiques qui étaient frappés de laryngite et de mutisme chroniques et qui voudraient se détacher des serments de fidélité à l'endroit du Prince s'en inspireront. Ne vaudrait il pas d'être plusieurs sur une bonne affaire que d'être seul sur la mauvaise? Le combat pour un Mali meilleur tient d'une tâche herculéenne. Il se décline en terme de conviction, de courage et d'audace. " On amène les gens courageux à une action en la leur exposant plus périlleuse qu'elle n'est." disait philosophiquement Friedrich Nietzsche. Oui, les dinosaures, les mastodontes , les panégyristes-prébendiers, les bourgeois bureaucratico-militaro-compradores qui se sont greffés au pouvoir ne se laisseront pas faire. Au nom de la lutte des classes, ils iront puiser au plus profond d'eux -mêmes , le venin nécessaire pour se défendre et défendre le statu-quo.
Nous souhaitons vivement une saine émulation sur la scène politique malienne pour que d'autres talents et mérites se conjuguent pour repondre à l'angoisse existentielle de notre jeunesse désemparée qui n'a nullement besoin de s'immoler au feu , ou de s'immoler à la mer dans les enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla, ou dans l'enfer du désert saharien pour que devienne une réalité le printemps politique au Mali. Nous croyons foncièrement à la force des idées nouvelles et plurielles, annonciatrices d'un Mali nouveau où la politique se fera autrement : tout simplement avec un visage plus humain.
De méchantes gens verront dans cette prose une espèce de ballade, d'hymne en l'honneur du Dr Mariko. Loin s'en faut. Nous avons avec Mariko ceci de commun : notre amour de la patrie, notre désir de changement. C'est lui devoir une fière chandelle. Nous serons prêts à agiter l'encensoir devant ceux qui le mériteront, nous leur dresserons des autels aussi, à leur gloire réelle. Mais "Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire" disait La Fontaine. Cependant , qu'Oumar Mariko sache que le plus dur , ce n'est pas de devenir un célèbre justicier, mais de le rester. Au yeux de ceux-là qui savent lire entre les lignes de l'histoire politique de notre continent, il y'a lieu d'être circonspect à l'endroit des opposants politiques sous nos latitudes de calmes tropicaux. Laurent Gbagbo et Abdoulaye Wade en sont les parfaites illustrations. En cas de dérapages, monsieur Mariko, nous cristalliserons nos énergies pour stigmatiser . Qui aime bien , châtie bien. A bon attendeur salut!!
Et vivement un printemps politique au Mali.
Fatogoma Mohamed ouattara
Fouattara2@comcast.net
www.ouattaradonzo.com
http://fouattara.blogspot.com
Est-il acceptable que la gouvernance actuelle défaille à résoudre le problème de la corruption qui est un véritable frein au developpement de notre pays? Est-il admissible que la classe politique de l'opposition donne un blanc-seing devant le gaspillage de nos déniers publics? Comment comprendre la collusion des politiques devant l'injustice de la justice avec son corollaire d'abus de pouvoir, de repression des droits et des méthodes directives édulcorées? Comment comprendre la diplomatie du silence de notre pays tant à l'intérieur qu'à l'extérieur? Vivement un dégel politique synonyme d'un printemps de Bamako qui serait une tentative vigoureuse à tordre le cou à cette démocratie de l'hypocrisie dont on nous a gavés. Dans cette grisaille, le Doctor Mariko pour qui l'expression "opposant politique" semble être fait, apparaît comme une embellie doublée d'un emblème. Faisant siennes les reflexions de Brutus: "Ce n'est pas que j'aimasse moins César mais j'aimais Rome davantage". Le Mali d'abord, Mariko s'est montré indigne de délier les souliers du Prince et de se prosterner devant lui. Il s'est rendu compte de l'urgence d'une remise en cause totale d'un système de nomenklatura animé cyniquement par les mêmes clans , lobbystes, francs-maçons et opportunistes de tous poils depuis 1968. Il s'est fait l'echo de la douloureuse prise de conscience de la libération d'un embastillement certain et la volonté réelle de bâtir un MALI nouveau . Ce changement s'impose à l'évidence, à la raison et à l'exigence historique. La nécessité absolue de bâtir un état-modèle basé sur la vérité, la liberté et l'équité.
Autant il relève de la gageure que de parler de soi même, autant il paraît difficile l'entreprise qui consiste à vouloir objectivement dépeindre un homme politique.
Ce n'est pas Oumar Mariko, en tant qu'être humain avec ses grandeurs et ses misères , qui est au centre de nos préoccupations, mais l'homme en tant qu'animal politique. Comme tout le monde, l'ange et le démon sont présents en lui. Comme mortel, il a trois caractères: celui qu'il a , celui qu'il montre, et celui qu'il croit avoir. Toute la vie est une affaire de choix. Et tout choix est un renoncement, une revolution. Comme lui, nous avons choisi de ne pas nous taire. Comme lui , nous avons choisi de ne pas cautionner le statu-quo, tout comme nous avons rejeté le statu ante d'hier. Jeter son dévolu sur Oumar Mariko, ce n'est pas mépriser les autres acteurs de la vie politique malienne dont la morosité est aux limites du tolérable, c'est souhaiter le changement de la sombre et triste condition des maliens, c'est souhaiter leur bonheur.
Sans vouloir offenser qui que ce soit, il ne serait pas exageré de soutenir que Omar Mariko parait être l'esprit le plus beau dans l'opacité parfaite du landerneau politique malien. L'homme a une conviction : il croit absolument à un Mali meilleur. Il a des raisons et des arguments qui portent sa conviction comme disait la Bruyère. Il n'a jamais fait mystère de son aversion systématique pour le néocolonialisme. Il a mené un combat incessant contre les privatisations sauvages de nos enterprises. La santé et l'éducation du peuple se trouvent engoncées au centre de son combat social.
Il est un homme de vérité: il n'a pas la langue dans la poche. Il ne s'embarrasse pas de circonlocution et de rhétorique politicienne pour stigmatiser la mauvaise gouvernance et d'autres fléaux qui minent mortellement notre pays. Souvenons-nous de son combat épique en compagnie du Parena ayant astreint le pouvoir en place à un exercice inhabituel de transparence qui a consisté à reconnaître le droit de savoir du peuple sur la gestion des affaires lorsqu'il s'est agi de nous éclairer sur l'utilisation de la manne générée de la vente de la Sotelma-BIM.
Le député de Kolondiéba, Don Quichotte de notre temps, redresseur des torts a interpellé maître Abdoul Wahab Berthé sur le dossier des partants volontaires à la retraite.(310 milliards de francs déboursés par la Banque mondiale pour le programme de départ volontaire à la retraite). La Banque Mondiale a donné aux fonctionnaires du Sénégal 14millions, du Burkina 10millions et du Mali 4millions? (pourquoi?)
La flamme et l'enthousiasme de son passé de militantisme estudiantin aurait certes laissé des traces indélébiles sur l'homme ."….. toute opposition que je suis, je suis effectivement provisoire. Pas pour être un complément d'effectif mais pour prendre le pouvoir et l'exercer. Nous sommes, en tout cas au niveau du parti Sadi, résolument engagés dans le combat pour développer notre parti, pour organiser notre parti, le structurer davantage et prendre le pouvoir en 2012. Ça c'est l'objectif stratégique immédiat pour nous." Dixit Mariko
Sa particularité réside dans son audace. Il n'a pas daigné jouer à la Farce de Maître Pathelin à laquelle les autres ont été conviés, au nom de la démocratie de l'hypocrisie. Le Prince jouit d'une liberté de manoeuvre totale dans l'exercice de sa profession.
Les discours politiques de ce nouveau champion des causes nobles soulagent les coeurs, contentent et donnent l'espoir et l'espérance à ceux –là qui les écoutent dans un Mali dont l'avenir tient de l'incertitude. Sa grandeur d'âme, la fougue de son génie, la vivacité de son éloquence, sa haine viscérale pour l'injustice, son combat permanent pour la cause des pauvres et des démunis ne manqent pas de faire de lui la peinture achevée de l'opposant emblématique du Mali actuel.
Un vrai patriote , trouverait toujours quelque chose pour quoi il accepterait de souffrir: sa patrie. Ses camarades de combat d'hier, déçus et mus en oiseaux politiques migrateurs, et transhumants trouveront à redire sur son compte. Qu'il se soulage en pensant à ces propos d'Oscar Wilde: "De nos jours, tous les grands hommes ont leurs disciples et c'est toujours Judas qui rédige la biographie". Dans le Mali où tous les coups sont permis pour faire du mensonge et de la médisance une philosophie de la vie, Mariko peut paraître aux yeux des fourbes , des calominiateurs et des conspirateurs qui ne délient la langue que pour la fabulation et l'intérêt, comme un être marginal, un aigri et un arriviste. Qu'il les laisse lui jeter des pierres et des boulets rouges. Ces tas de pierres amoncelés constitueront à coup sûr le socle de son piédestal qui s'érigera un jour certain aux pieds de la colline de Koulouba. La réalité est que la politique est un art et il nous donne un avant-goût de cet art attesté dont il maîtrise à ravir les mécanismes. Il n'a cure des cirques médiatiques archestrés au profit des personnes de richissimes dinausaures et mastodontes, qui ont longtemps saccagé nos déniers publics. Avec le langage qui est le sien et la harpe et la lyre qu'il utilise pour nous announcer les charmes et les beautés du Mali de nos rêves, il ne manque pas de nous séduire. D'ici les échéances de 2012, il ne dérogera pas d'ajouter à sa lyre d'autres cordes d'airain.
Avant d'aller en expédition, les croisés n'oubliaient pas de prendre le soin de faire bénir leurs armes et leurs drapeaux. Les maliens avides de démocratie, de changement et de progrès n'oublieront pas d'accorder leur onction à Oumar Mariko . Ne mène –t-il pas une croisade au propre et au figuré dans le combat politique quotidien qui est le sien? Son offensive vise à aiguiller l'opinion publique dans le cadre de son combat social.
Une hirondelle ou une fleur ne fait guère le printemps. Nous osons esperer que ceux des politiques qui étaient frappés de laryngite et de mutisme chroniques et qui voudraient se détacher des serments de fidélité à l'endroit du Prince s'en inspireront. Ne vaudrait il pas d'être plusieurs sur une bonne affaire que d'être seul sur la mauvaise? Le combat pour un Mali meilleur tient d'une tâche herculéenne. Il se décline en terme de conviction, de courage et d'audace. " On amène les gens courageux à une action en la leur exposant plus périlleuse qu'elle n'est." disait philosophiquement Friedrich Nietzsche. Oui, les dinosaures, les mastodontes , les panégyristes-prébendiers, les bourgeois bureaucratico-militaro-compradores qui se sont greffés au pouvoir ne se laisseront pas faire. Au nom de la lutte des classes, ils iront puiser au plus profond d'eux -mêmes , le venin nécessaire pour se défendre et défendre le statu-quo.
Nous souhaitons vivement une saine émulation sur la scène politique malienne pour que d'autres talents et mérites se conjuguent pour repondre à l'angoisse existentielle de notre jeunesse désemparée qui n'a nullement besoin de s'immoler au feu , ou de s'immoler à la mer dans les enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla, ou dans l'enfer du désert saharien pour que devienne une réalité le printemps politique au Mali. Nous croyons foncièrement à la force des idées nouvelles et plurielles, annonciatrices d'un Mali nouveau où la politique se fera autrement : tout simplement avec un visage plus humain.
De méchantes gens verront dans cette prose une espèce de ballade, d'hymne en l'honneur du Dr Mariko. Loin s'en faut. Nous avons avec Mariko ceci de commun : notre amour de la patrie, notre désir de changement. C'est lui devoir une fière chandelle. Nous serons prêts à agiter l'encensoir devant ceux qui le mériteront, nous leur dresserons des autels aussi, à leur gloire réelle. Mais "Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire" disait La Fontaine. Cependant , qu'Oumar Mariko sache que le plus dur , ce n'est pas de devenir un célèbre justicier, mais de le rester. Au yeux de ceux-là qui savent lire entre les lignes de l'histoire politique de notre continent, il y'a lieu d'être circonspect à l'endroit des opposants politiques sous nos latitudes de calmes tropicaux. Laurent Gbagbo et Abdoulaye Wade en sont les parfaites illustrations. En cas de dérapages, monsieur Mariko, nous cristalliserons nos énergies pour stigmatiser . Qui aime bien , châtie bien. A bon attendeur salut!!
Et vivement un printemps politique au Mali.
Fatogoma Mohamed ouattara
Fouattara2@comcast.net
www.ouattaradonzo.com
http://fouattara.blogspot.com
Saturday, May 22, 2010
Le projet de réforme constitutionnelle: un cheval de troie?
Le projet de réforme constitutionnelle: un cheval de troie?
Le rapport de Daba Diawara et de son aréopage sur la consolidation de la démocratie au Mali, verse beaucoup d'encre et de salive. Et il ne manquera pas d'en verser davantage pour un certain temps. La plus grande des sagesses nous recommande plutôt de mettre balle à terre, en nous départissant de nos émotions et passions fortes, pour l'approcher, le lire et l'appréhender avec une certaine sérénité. Par délà nos divergeances personnelles, il y'a une variante qui, à coup sûr, permet de légitimer le Mali comme un grand peuple. Cette variante, c'est "l'exception patriotique malienne". Où que nous soyons, à l'intérieur comme à l'extérieur, qui que nous soyons, "maliens de souche" ou "maliens de circonstance", nous aimons ce pays comme la prunelle de nos yeux.Un projet, c'est ce que l'on souhaite faire ou entreprendre. Dans le cas d'espèce, le projet constitutionnel de Sir Daba Diawara, est la rédaction préparatoire d'un texte. Il est un avant-projet entendu dans le sens d'essai provisoire d'une loi mise en avant pour servir de sujet de discussion. Comme tout projet, il n'est pas une entité en soi rigide, mais une esquisse, un dessin- brouillon en cours de réalisation. Etant dans les langes, le travail de Diawara n'est pas figé. Il a besoin d'être lu, re-lu, puis après la nécessité de le raboter et le peaufiner s'imposera. Sa réalisation ou sa mise à mort se nourrirait de nos choix collectifs à dire OUI ou NON, produits de nos cogitations et élucubrations. En clair, on n'exécute pas tout ce qui se propose. Et le chemin est long du projet à sa réalisation.
D'abord, le Président de la République passera la râpe sur le sabot de ce cheval de troie pour le polir et le rendre uni en lui donnant forme et corps. Il devra être adopté en Conseil des ministres avant d'être défendu à l'Assemblée Nationale. Nos "honorables députés" plancheront sur le texte. Nous osons croire qu'ils travailleront avec sérieux, minutie et rigueur dans le but de fignoler le texte dans les moindres details. Et enfin, le dernier mot reviendra au peuple souverain lors de la consultation référendaire à laquelle il sera convié dans le dernier trimestre de cette année.
A la lecture du texte, il nous apparaît que ce projet constitutionnel n'est pas d'une perfection absolue, il est certes une avancée sur certains points, il n'en demeure pas moins qu'il recèle des tares et des insuffisances qu'il convient de corriger pour lui en donner des moulures agréables et plaisantes. Ne dit-on pas à juste titre qu'en tant que mortels, nous nous trompons dans nos entreprises. C'est à quoi nous sommes sujets?
Comme il y'a une crise de confiance grave entre gouvernants et gouvernés, il ne releverait sûrement pas de la prétention que d'alambiquer son esprit dans ces vastes questions. Que se cache réellement derrière ce projet constitutionnel ? Ce projet est-il à même d'être une réponse à l'angoisse existentielle à laquelle le peuple malien est en butte? Sommes nous en face d'un projet politique ou d'un projet de société aux dépends du peuple? Ce projet peut-il donner l'espoir à l'homme malien en redonnant à nos institutions leurs véritables lettres de noblesse et au politique son véritable rôle et sa dimension? Ou encore mieux, pour nos princes et nos potentats , ce projet , est-il un instrument astucieux visant à imposer à la majorité un monde noir d'injustice, de malheur et de misère et se donner les moyens et pouvoirs d'un hold-up sur notre pays pour se forger un avenir radieux pour eux et leurs progénitures?
Comme toujours, on s'est trompé de combat. Une démocratie forte présuppose des institutions et des hommes forts. La démocratie malienne est forte de ses institutions mais les hommes en charge de les animer restent les véritables plaies. Selon le rapport de Diawara: "Le pays n'a en effet, connu, sauf en 1997, aucune crise institutionnelle majeure mettant en cause les fondements de la République et de la démocratie. Pour l'essentiel, les libertés et les droits individuels et collectifs reconnus et garantis par la Constitution ont été respectés....". L'utilisation des amendements et des abrogations pour dessabler le texte en vigueur aurait été la plus simple et la moins dispendieuse des solutions. Curieusement le CARI met au devant de son argumentaire la volonté de " proposer des aménagements qu'il considère capables de doter le Mali d'institutions qui fonctionnent harmonieusement sans constituer un trop lourd fardeau pour le contribuable". Il aurait été de bon ton de crystalliser nos efforts non sur les institutions(projet de loi, projet politique, projet de société, …) mais sur les hommes (projet éducatif, projet professionnnel, projet familial, moral …) Notre démocratie est en proie à une crise morale aiguë et non institutionnelle. La fiabilité, la transparence et la force des institutions dépendent des hommes en charge de les faire fonctionner: des journalistes indépendants et impartiaux, des fonctionnaires de l'Administration Publique consciencieux professionnnellement, des policiers, gendarmes et douaniers honnêtes et incorruptibles, un Végal indépendent et probe, des juges indépendents et justes. Dans les champs, les fermes, les bureaux, à l'école , à l'usine, …si tout le monde y met du sien en accomplissant correctement la tâche quotidienne , le Mali sera un pays de rêve. Si la répartition des biens se fait équitablement, l'autosuffisance alimentaire et la santé pour tous deviennent des réalités, si l'emploi cesse d'être un casse-tête chinois, les champs fleuriront d'espérance et les coeurs vibreront de confiance. Voilà à mon goût , le vrai challenge auquel nous devons faire face. Sans ce préamble catégorique toute enterprise de consolidation de la démocratie ne serait qu'un leurre.
Le but de tout projet est d'apporter des innovations en vue d'atteindre l'excellence voire l'idéal. A t-on vraiment atteint l'excellence à la suite des nombreux fora sur la délinquence financière, l'école, le foncier….? Dans une perspective anthropologique c'est à dire l'adaptation et le fonctionnement de ce projet pour le Mali qui a ses spécificités économico-socio-culturelles nous amènent à nous interroger sur le bien fondé de certains de ses points. Nous osons craindre qu'une fois de plus que ce projet de reforme ne soit une fiente de poule , de la poussière dans les yeux du peuple malien.
Comment comprendre le cumul des fonctions dans un pays où l'école est , depuis près de trente ans, une puissante manufacture de fabrication de jeunes diplomés sans emploi. Dans un pays où le gouvernement incite les fonctionnaires à aller volontairement à la retraite pour pouvoir désengorger une administration publique qu'il peine à prendre en charge, le cumul des fonctions semble tenir de l'absurde et du burlesque. Il s'explique difficilement dans un pays où le retard, l'absentéïsme au travail sont des sports de prédilection. Il est un danger pour notre démocratie en ce sens que le cumul des fonctions électives entraîne une professionnalisation et une prise en otage de la fonction d'élu. Pas de renouvellement de la classe politique. Pour aider certains à comprendre, disons que le cumul des mandats électifs autorise une seule personne à avoir un mandat de sénateur!!!, de député, de conseiller municipal, de maire et même de ministre avec des émoluments et autres fruits à la clef. Dites moi comment un ministre-député-maire peut-il pratiquement avoir le temps de s'occuper de sa municipalité, de son ministère et avoir le temps suffisant pour lire les projet de lois de l'Assemblée Nationale? "On ne peut pas être au four et au moulin , et dans le pré à faucher le blé……". Un problème d'agenda se posera sûrement à moins d'avoir un don d'ubiquité. Comment comprendre les avantages exorbitants accordés à ceux- là qui, depuis l'ère du général Moussa Traoré, ont fait main basse sur notre pays et sont partie prenante de son échec?
Comment comprendre la création d'un sénat dans un pays en développement. Allons nous copier pâlement sur le système français avec environ 343 sénateurs ou 2 sénateurs par région comme aux Etats-Unis d'Amérique( qui en compte 100 à raison de 2 sénateurs par Etat)? La création d'un parlement bicaméral ne s'explique pas eu égard à nos ressources limitées et à l'existence d'une Assemblée Nationale, à moins d'avoir succombé à un snobisme. En sus de la complexité de la procédure législative, le budget de fonctionnement des deux chambres, les rémunérations et indemnités des sénateurs et députés et leurs collaborateurs seront dispendieux pour le contribuable. Cette manne pourrait être destinée à d'autres causes plus nobles. Encore une fois, que nos gouvernants sachent qu'un changement , une innovation se mesurent à l'aune de l'efficacité et de la rentabilité. J'en veux pour preuve. Avec l'existence de la Cour des Comptes, la pertinence de l'importation du Vegal reste à prouver en ceci que leurs champs d'action semblent s'entrecroiser et se confondre.
Comment comprendre la question de la double nationalité dans un pays d'émigration par excellence dont la richesse réside dans son union. Faisons attention à ce sujet sensible, véritable serpent des mers, qui a été un casus belli dans bien des pays. Evitons de prendre la scie pour le rabot, la lame pour l'aiguille. Que nos princes et potentats nous fassent l'économie d'une déchirure sociale qui a empêtré certains pays dans le huitième cercle infernal de l'Enfer, celui que Dante n'aurait pas prévu dans la folie de son imagination lugubre. En jettant sur la table la pomme qui porte son nom, la déesse Discorde fut à l'origine de la guerre de Troie. Le vocable"d'origine" de l'article 31 serait-il notre pomme de discorde? Mettre une grosse biffure sur le vocable d'origine débarrasserait l'article de toute argutie juridique. Il deviendrait tout simplement :
"Tout candidat aux fonctions de Président de la République doit être de nationalité malienne et jouir de ses droits civiques et politiques". " La fibre patriotique et l'amour du pays ne resultant pas seulement d'une donnée juridique mais plutôt d'une orientation philosophique et culturelle. Il est vain de la rechercher dans une démarche exclusivement normative". C'est donc à dessein qu'en liminaire j'ai utilisé le mot variante par référence à nos degrés divers de patriotisme. Ceux qui ont saccagé ce pays sont-ils plus patriotes que les Sadio Draméra , Frédérick Oumar Kanouté, Mamadou Lamine Koné du Pr Dialla Konaté? Les MKD, FMT et JL.Doumbia de Chérif Haidara?
La hausse du montant de la caution pour les présidentiables de cinq à dix millions n'est qu'une diversion supplémentaire. Il ne leur coûterait pas les yeux de la tête, ceux -là qui ont impunément puisé dans le dénier public et devenus riches comme Crésus, que de débourser un tel montant.
Au regard de la crise de confiance entre gouvernants et gouvernés, générée de la gestion calamiteuse de notre pays par une cotérie d'intrigants et d'aventuriers politiques pendant près de vingt (20) ans , nous nous posons à bon droit la question de savoir si ce projet de reforme constitutionnelle n'est pas un traquenard d'Ulysse. Nous souhaitons vivement qu'il ne s'apparente pas au mythe du cheval de troie pour le peuple malien qui n'a nullement besoin d'être pris en otage par une camarilla politique sans loi ni foi. Le peuple malien craint les tenants actuels du pouvoir même quand ils apportent des cadeaux. Dans une société, quand des couches sociales sont en conflit larvé ou ouvert, les couches supérieures essaient de maintenir leurs suprématies sociales sur les classes inférieures qui, à leur tour, tentent de réduire ou de supprimer les avantages des premières. Héritiers de la théorie de lutte de classes de Saint Simon et de Karl Marx, nous dirons que nous sommes au Mali sans contexte dans le cadre d'une farouche lutte de classes. Cette lutte est un combat permanent et notre résolution à dire NON au texte référendaire serait le seul emplâtre que le peuple malien pourra mettre sur les blessures réçues tout au long de cette période d'incurie, de gaucherie et d'égoïsme impur qui a émaillé la gestion calamiteuse de notre pays par ceux- là qui, du fond de leur coeur, aurait séché le partriotisme.
Fatogoma Mohamed Ouattara
Fouattara2@comcast
Orange, New Jersey
USA
Le rapport de Daba Diawara et de son aréopage sur la consolidation de la démocratie au Mali, verse beaucoup d'encre et de salive. Et il ne manquera pas d'en verser davantage pour un certain temps. La plus grande des sagesses nous recommande plutôt de mettre balle à terre, en nous départissant de nos émotions et passions fortes, pour l'approcher, le lire et l'appréhender avec une certaine sérénité. Par délà nos divergeances personnelles, il y'a une variante qui, à coup sûr, permet de légitimer le Mali comme un grand peuple. Cette variante, c'est "l'exception patriotique malienne". Où que nous soyons, à l'intérieur comme à l'extérieur, qui que nous soyons, "maliens de souche" ou "maliens de circonstance", nous aimons ce pays comme la prunelle de nos yeux.Un projet, c'est ce que l'on souhaite faire ou entreprendre. Dans le cas d'espèce, le projet constitutionnel de Sir Daba Diawara, est la rédaction préparatoire d'un texte. Il est un avant-projet entendu dans le sens d'essai provisoire d'une loi mise en avant pour servir de sujet de discussion. Comme tout projet, il n'est pas une entité en soi rigide, mais une esquisse, un dessin- brouillon en cours de réalisation. Etant dans les langes, le travail de Diawara n'est pas figé. Il a besoin d'être lu, re-lu, puis après la nécessité de le raboter et le peaufiner s'imposera. Sa réalisation ou sa mise à mort se nourrirait de nos choix collectifs à dire OUI ou NON, produits de nos cogitations et élucubrations. En clair, on n'exécute pas tout ce qui se propose. Et le chemin est long du projet à sa réalisation.
D'abord, le Président de la République passera la râpe sur le sabot de ce cheval de troie pour le polir et le rendre uni en lui donnant forme et corps. Il devra être adopté en Conseil des ministres avant d'être défendu à l'Assemblée Nationale. Nos "honorables députés" plancheront sur le texte. Nous osons croire qu'ils travailleront avec sérieux, minutie et rigueur dans le but de fignoler le texte dans les moindres details. Et enfin, le dernier mot reviendra au peuple souverain lors de la consultation référendaire à laquelle il sera convié dans le dernier trimestre de cette année.
A la lecture du texte, il nous apparaît que ce projet constitutionnel n'est pas d'une perfection absolue, il est certes une avancée sur certains points, il n'en demeure pas moins qu'il recèle des tares et des insuffisances qu'il convient de corriger pour lui en donner des moulures agréables et plaisantes. Ne dit-on pas à juste titre qu'en tant que mortels, nous nous trompons dans nos entreprises. C'est à quoi nous sommes sujets?
Comme il y'a une crise de confiance grave entre gouvernants et gouvernés, il ne releverait sûrement pas de la prétention que d'alambiquer son esprit dans ces vastes questions. Que se cache réellement derrière ce projet constitutionnel ? Ce projet est-il à même d'être une réponse à l'angoisse existentielle à laquelle le peuple malien est en butte? Sommes nous en face d'un projet politique ou d'un projet de société aux dépends du peuple? Ce projet peut-il donner l'espoir à l'homme malien en redonnant à nos institutions leurs véritables lettres de noblesse et au politique son véritable rôle et sa dimension? Ou encore mieux, pour nos princes et nos potentats , ce projet , est-il un instrument astucieux visant à imposer à la majorité un monde noir d'injustice, de malheur et de misère et se donner les moyens et pouvoirs d'un hold-up sur notre pays pour se forger un avenir radieux pour eux et leurs progénitures?
Comme toujours, on s'est trompé de combat. Une démocratie forte présuppose des institutions et des hommes forts. La démocratie malienne est forte de ses institutions mais les hommes en charge de les animer restent les véritables plaies. Selon le rapport de Diawara: "Le pays n'a en effet, connu, sauf en 1997, aucune crise institutionnelle majeure mettant en cause les fondements de la République et de la démocratie. Pour l'essentiel, les libertés et les droits individuels et collectifs reconnus et garantis par la Constitution ont été respectés....". L'utilisation des amendements et des abrogations pour dessabler le texte en vigueur aurait été la plus simple et la moins dispendieuse des solutions. Curieusement le CARI met au devant de son argumentaire la volonté de " proposer des aménagements qu'il considère capables de doter le Mali d'institutions qui fonctionnent harmonieusement sans constituer un trop lourd fardeau pour le contribuable". Il aurait été de bon ton de crystalliser nos efforts non sur les institutions(projet de loi, projet politique, projet de société, …) mais sur les hommes (projet éducatif, projet professionnnel, projet familial, moral …) Notre démocratie est en proie à une crise morale aiguë et non institutionnelle. La fiabilité, la transparence et la force des institutions dépendent des hommes en charge de les faire fonctionner: des journalistes indépendants et impartiaux, des fonctionnaires de l'Administration Publique consciencieux professionnnellement, des policiers, gendarmes et douaniers honnêtes et incorruptibles, un Végal indépendent et probe, des juges indépendents et justes. Dans les champs, les fermes, les bureaux, à l'école , à l'usine, …si tout le monde y met du sien en accomplissant correctement la tâche quotidienne , le Mali sera un pays de rêve. Si la répartition des biens se fait équitablement, l'autosuffisance alimentaire et la santé pour tous deviennent des réalités, si l'emploi cesse d'être un casse-tête chinois, les champs fleuriront d'espérance et les coeurs vibreront de confiance. Voilà à mon goût , le vrai challenge auquel nous devons faire face. Sans ce préamble catégorique toute enterprise de consolidation de la démocratie ne serait qu'un leurre.
Le but de tout projet est d'apporter des innovations en vue d'atteindre l'excellence voire l'idéal. A t-on vraiment atteint l'excellence à la suite des nombreux fora sur la délinquence financière, l'école, le foncier….? Dans une perspective anthropologique c'est à dire l'adaptation et le fonctionnement de ce projet pour le Mali qui a ses spécificités économico-socio-culturelles nous amènent à nous interroger sur le bien fondé de certains de ses points. Nous osons craindre qu'une fois de plus que ce projet de reforme ne soit une fiente de poule , de la poussière dans les yeux du peuple malien.
Comment comprendre le cumul des fonctions dans un pays où l'école est , depuis près de trente ans, une puissante manufacture de fabrication de jeunes diplomés sans emploi. Dans un pays où le gouvernement incite les fonctionnaires à aller volontairement à la retraite pour pouvoir désengorger une administration publique qu'il peine à prendre en charge, le cumul des fonctions semble tenir de l'absurde et du burlesque. Il s'explique difficilement dans un pays où le retard, l'absentéïsme au travail sont des sports de prédilection. Il est un danger pour notre démocratie en ce sens que le cumul des fonctions électives entraîne une professionnalisation et une prise en otage de la fonction d'élu. Pas de renouvellement de la classe politique. Pour aider certains à comprendre, disons que le cumul des mandats électifs autorise une seule personne à avoir un mandat de sénateur!!!, de député, de conseiller municipal, de maire et même de ministre avec des émoluments et autres fruits à la clef. Dites moi comment un ministre-député-maire peut-il pratiquement avoir le temps de s'occuper de sa municipalité, de son ministère et avoir le temps suffisant pour lire les projet de lois de l'Assemblée Nationale? "On ne peut pas être au four et au moulin , et dans le pré à faucher le blé……". Un problème d'agenda se posera sûrement à moins d'avoir un don d'ubiquité. Comment comprendre les avantages exorbitants accordés à ceux- là qui, depuis l'ère du général Moussa Traoré, ont fait main basse sur notre pays et sont partie prenante de son échec?
Comment comprendre la création d'un sénat dans un pays en développement. Allons nous copier pâlement sur le système français avec environ 343 sénateurs ou 2 sénateurs par région comme aux Etats-Unis d'Amérique( qui en compte 100 à raison de 2 sénateurs par Etat)? La création d'un parlement bicaméral ne s'explique pas eu égard à nos ressources limitées et à l'existence d'une Assemblée Nationale, à moins d'avoir succombé à un snobisme. En sus de la complexité de la procédure législative, le budget de fonctionnement des deux chambres, les rémunérations et indemnités des sénateurs et députés et leurs collaborateurs seront dispendieux pour le contribuable. Cette manne pourrait être destinée à d'autres causes plus nobles. Encore une fois, que nos gouvernants sachent qu'un changement , une innovation se mesurent à l'aune de l'efficacité et de la rentabilité. J'en veux pour preuve. Avec l'existence de la Cour des Comptes, la pertinence de l'importation du Vegal reste à prouver en ceci que leurs champs d'action semblent s'entrecroiser et se confondre.
Comment comprendre la question de la double nationalité dans un pays d'émigration par excellence dont la richesse réside dans son union. Faisons attention à ce sujet sensible, véritable serpent des mers, qui a été un casus belli dans bien des pays. Evitons de prendre la scie pour le rabot, la lame pour l'aiguille. Que nos princes et potentats nous fassent l'économie d'une déchirure sociale qui a empêtré certains pays dans le huitième cercle infernal de l'Enfer, celui que Dante n'aurait pas prévu dans la folie de son imagination lugubre. En jettant sur la table la pomme qui porte son nom, la déesse Discorde fut à l'origine de la guerre de Troie. Le vocable"d'origine" de l'article 31 serait-il notre pomme de discorde? Mettre une grosse biffure sur le vocable d'origine débarrasserait l'article de toute argutie juridique. Il deviendrait tout simplement :
"Tout candidat aux fonctions de Président de la République doit être de nationalité malienne et jouir de ses droits civiques et politiques". " La fibre patriotique et l'amour du pays ne resultant pas seulement d'une donnée juridique mais plutôt d'une orientation philosophique et culturelle. Il est vain de la rechercher dans une démarche exclusivement normative". C'est donc à dessein qu'en liminaire j'ai utilisé le mot variante par référence à nos degrés divers de patriotisme. Ceux qui ont saccagé ce pays sont-ils plus patriotes que les Sadio Draméra , Frédérick Oumar Kanouté, Mamadou Lamine Koné du Pr Dialla Konaté? Les MKD, FMT et JL.Doumbia de Chérif Haidara?
La hausse du montant de la caution pour les présidentiables de cinq à dix millions n'est qu'une diversion supplémentaire. Il ne leur coûterait pas les yeux de la tête, ceux -là qui ont impunément puisé dans le dénier public et devenus riches comme Crésus, que de débourser un tel montant.
Au regard de la crise de confiance entre gouvernants et gouvernés, générée de la gestion calamiteuse de notre pays par une cotérie d'intrigants et d'aventuriers politiques pendant près de vingt (20) ans , nous nous posons à bon droit la question de savoir si ce projet de reforme constitutionnelle n'est pas un traquenard d'Ulysse. Nous souhaitons vivement qu'il ne s'apparente pas au mythe du cheval de troie pour le peuple malien qui n'a nullement besoin d'être pris en otage par une camarilla politique sans loi ni foi. Le peuple malien craint les tenants actuels du pouvoir même quand ils apportent des cadeaux. Dans une société, quand des couches sociales sont en conflit larvé ou ouvert, les couches supérieures essaient de maintenir leurs suprématies sociales sur les classes inférieures qui, à leur tour, tentent de réduire ou de supprimer les avantages des premières. Héritiers de la théorie de lutte de classes de Saint Simon et de Karl Marx, nous dirons que nous sommes au Mali sans contexte dans le cadre d'une farouche lutte de classes. Cette lutte est un combat permanent et notre résolution à dire NON au texte référendaire serait le seul emplâtre que le peuple malien pourra mettre sur les blessures réçues tout au long de cette période d'incurie, de gaucherie et d'égoïsme impur qui a émaillé la gestion calamiteuse de notre pays par ceux- là qui, du fond de leur coeur, aurait séché le partriotisme.
Fatogoma Mohamed Ouattara
Fouattara2@comcast
Orange, New Jersey
USA
Le multipartisme au Mali: un échec?
Le multipartisme au Mali: un échec?
Le paysage politique malien ressemble étrangement à un véritable capharnaüm habité par des mastodontes indéboulonnables dont la personnalité s'imbrique inextricablement avec le nom des partis politiques qu'ils ont fondés ou pilotent. Ils sont idolâtrés , tels des dieux sur leurs autels, par des militants-adorateurs vouant un culte à leurs divinités, chantant un hymne à leur gloire réelle ou supposée. En somme, de véritables veaux d'or qu'ils vénèrent plus par le poids de leurs capacités financières, d'influence et de nuisance que des projets de sociétés qu'ils offrent. Dans ces partis, la contestation et l'opposition prennent les allures de crime de lèse-majesté. Les récalcitrants et ceux qui éprouvent une déception transhument à la recherche de l'herbe et l'eau nécessaires à leurs survies. Les ouailles les plus soumis sont recompensés par des postes ministeriels, de fauteuils parlementaires, d'édiles municipaux…..sous la bannière du parti. Quand le chef du parti accepte lui même d'entrer dans le gouvernement , c'est pour puiser dans le dénier public pour alimenter la vie de son parti. C'est pourquoi la démission pour incompatibilité n'est pas encore entrée dans nos moeurs politiques. Tout départ d'un ministre du gouvernement s'apparente à un deuil.Un parti politique, c'est d'abord un courant politique et sa structure interne. Une idéologie aussi, qui reflète les aspirations d'une frange de la population qu'on appelle électorat. Il a une vocation nationale. Il a une implantation et une representation nationales.
Ma préoccupation est de savoir si les partis politiques au Mali sont de véritables associations de personnes unies par des intérêts et des opinions communs en vue de conquérir le pouvoir pour se servir ou servir le peuple ? Representent-ils des électeurs convaincus? Savent-ils séduire un électorat ? Combien de fois leur est -il arrivé d'empêcher légalement la mise en oeuvre des actions gouvernementales? Sont-ils des Clubs de soutien?
L'opposition malienne, majoritairement, a complaisamment joué un jeu de flirt , tissé une histoire d'amour d'avec le pouvoir. Elle a le plus souvent perdu de vue que la relation dialectique entre le pouvoir en place et sa contestation confère à la politique toute sa légitimité. Une opposition permanemment active sous-tendue par des critiques acerbes et pointues, des suggestions pertinentes, des refus et des empêchements légaux à la façon de gérer le pays a manqué au tableau et aurait du coup faussé le jeu politique. Ce qui nous amène infailliblement à nous poser la question de savoir si bon nombre de partis politiques ont des convictions. La conviction en politique participe à l'élaboration d'une identité sociale. Et à chaque fois qu'il y'a une violence volontaire ou involontaire contre ces valeurs structurantes , des réactions de défense instinctives et naturelles naissent. A ce niveau, la limite est plus ténue entre les convictions sociales fortes, vecteurs de violence et le fait de s'opposer aux tenants du pouvoir.
A l'heure du bilan du régime d'ATT, l'opposition malienne sera en partie comptable car elle n'a pas pleinement joué son rôle de contre-pouvoir qui aurait été de nature à donner du grain à moudre au pouvoir. Ce qui aurait évité un certain nombre de dérapages et d'échecs imputables à la gouvernance actuelle. Maliba, notre héritage commun en aurait gagné. Nous avons plutôt assisté à une espèce de démocratie consensuelle, véritable particularité malienne. "Quiconque flatte ses maîtres les trahit"
Sans vouloir offenser qui que ce soit, il ne serait pas exageré de soutenir que Oumar Mariko paraît être l'esprit le plus beau dans l'opacité parfaite du landerneau politique malien. L'homme a une conviction : il croit absolument à un Mali meilleur. Il a des raisons et des arguments qui portent sa conviction comme disait la Bruyère. Il n'a jamais fait mystère de son aversion systématique pour le néocolonialisme. Il a mené un combat incessant contre les privatisations sauvages de nos enterprises. La santé et l'éducation du peuple se trouvent engoncées au centre de son combat social.
Une hirondelle ne fait guère le printemps. Le Mali regorge d'environ une bonne centaine de partis politiques dont l'utilité et la pertinence restent à démontrer. Ce qui m'amène ipso facto aux interrogations non moins pertinentes de notre frère aîné Ousmane Sy:
"Les partis politiques sont-ils encore utiles pour la démocratie et l'émancipation des peuples africains? Si oui, que doit -on faire pour qu'ils jouent mieux leurs rôles?
Si non, par quoi doit-on les remplacer ?"
Oui, monsieur Sy, les partis politiques sont encore utiles pour la marche démocratique et l'émancipation des peuples. Telle la langue d'Oeusope, ils seront la pire ou la meilleure des choses suivant l'utilisation qu'on en ferait. Donc, on ne saurait légitimement accepter et concevoir la gestion démocratique du pouvoir sans contre-pouvoir. Le contre-pouvoir est sémantiquement un pouvoir qui s'exerce en opposition à une autorité établie. Notre démocratie ne ressent aucun besoin d'avoir de carriéristes chévronnés se plaisant à jouer à ravir la carte de la démocratie consensuelle. Le Mali , tout comme le reste du continent africain, a besoin de partis politiques forts, fruits de long processus de maturation, bien structurés, faisant de la formation politique et idéologique de leurs militants des impératifs catégoriques. Notre démocratie souffre d'un déficit criard d'information et de formation politique des masses populaires. Bon nombre de partis politiques ont peiné dans leurs efforts d'opérer la mise en mouvement des masses , à faire la publicité des activités, à vendre leurs idéologies , s'il en ont. Une crise de confiance très aiguë sépare les politiciens et la population.
Que doit- on faire pour que les partis jouent leurs rôles?Il faut tout simplement re-configurer le schéma politique. L'avénément de la démocratie au Mali a géneré un multipartisme des plus débridés exposant notre pays à toutes sortes d'aventuriers de mauvais aloi embrigadés dans des partis fantômes faisant serment d'allégeance au pouvoir en place. Environ deux décennies après il s'impose à l'évidence de briser ce schéma picaresque pour reconfigurer l'échiquier politique malien. Pourquoi ne prendrions -nous pas chez les autres ce qui semble marcher.
LE MULTIPARTISME DEBRIDE FUT UNE ERREURPourquoi ne pas reconfigurer notre paysage politique en limitant le nombre des partis politiques? Vingt ans après la pratique du multipartisme débridé , nous en sommes à nous demander si ce choix s'impose être le meilleur pour notre pays eu egard au nombre d'habitants et de nos ressources financières. Des pays de vieilles traditions démocratiques gardent le bipartisme: au Royaume Uni, les Conservateurs à droite et les Travaillistes à gauche. Tout autour de ces deux grands partis se greffent de petits partis. On rencontre le même schéma politique aux USA avec les Démocrates et les Républicains auxquels s'écussonnent de petits partis. En Israël , le Likoud et les Travaillistes auxquels serait venu s'ajouter le Kadima d'Ariel Sharon, un parti centriste. Tout autour viennent s'amonceler quelques petits partis. Le multipartisme débridé fut une erreur, vivement le multipartisme contrôlé. L'instauration du vote uninominal majoritaire à un seul tour serait une avancée notable dans nos choix démocratiques en ceci qu'il éviterait aux choux et chèvres de s'acoquiner pour former des alliances qui ne survivent que le temps d'une élection présidentielle. C'est une tare pour notre démocratie que d'octroyer la représentativité d'une large portion de la société aux analphabètes à l'Assemblée Nationale dont les fonctions sont couramment le contrôle de l'action gouvernementale, l'élaboration des lois en tant que détentrice du pouvoir législatif. Quelles armes intellectuelles un analphabète dispose-t-il pour voter un budget et en vérifier l'emploi? Peut-il procéder à des enquêtes et interpeler les gouvernants? Notre démocratie perd de son lustre avec des députés analphabètes-baudruches croûlant sous le faix d'une infirmité rédhibitoire vis à vis de la chose politique qui se décline en terme d'accessibilité, d'expression, de compréhension et d'appréhension. Cette bizarrerie gagnerait à être corrigée pour le bonheur de notre démocratie. Cette approche peut à première vue paraître provocatrice, une espèce de pavé dans la mare. Mais le débat reste ouvert pour ceux des maliens ayant une idée divinement haute de la liberté d'expression et de la diversité des idées dans le cadre convivial de la confrontation des idées d'où sort un Mali grandi.
Derrière Amadou Toumani Touré, ex-général, se cache à coup sûr un fin stratège qui a su jouer à ravir sa partition. Il a fait ce qu'il a voulu. Il est sorti vainqueur de ce jeu de méli-mélo politique au goût détestable. Il est tard de vouloir s'opposer au vainqueur. Le vaincu, le peuple malien a dramatiquement pris les allures de maître Aliboron. Les rideaux sont presque tirés. Nous sommes à quelques encablures de la fin du mandat présidentiel qui le plus souvent se trouve être des plus difficiles pour le président sortant. C'est le moment de prédilection pour les insatisfaits et les aigris de le lâcher et de se faire entendre. Nous leur dirons d'aller paître. Heureusement que Monsieur Touré fait durer le suspens en ne procédant pas au fameux remaniement ministeriel qui est devenu une espèce de fixation pour certains attentistes. Et puis aussi, il y'a l'ombre d'un hypothétique troisième mandat qui plane. La copie de l'opposition malienne gagnerait à être revue.
Fatogoma Mohamed ouattara
Orange, New Jersey,
USA
Fouattara2@comcast.net
Le paysage politique malien ressemble étrangement à un véritable capharnaüm habité par des mastodontes indéboulonnables dont la personnalité s'imbrique inextricablement avec le nom des partis politiques qu'ils ont fondés ou pilotent. Ils sont idolâtrés , tels des dieux sur leurs autels, par des militants-adorateurs vouant un culte à leurs divinités, chantant un hymne à leur gloire réelle ou supposée. En somme, de véritables veaux d'or qu'ils vénèrent plus par le poids de leurs capacités financières, d'influence et de nuisance que des projets de sociétés qu'ils offrent. Dans ces partis, la contestation et l'opposition prennent les allures de crime de lèse-majesté. Les récalcitrants et ceux qui éprouvent une déception transhument à la recherche de l'herbe et l'eau nécessaires à leurs survies. Les ouailles les plus soumis sont recompensés par des postes ministeriels, de fauteuils parlementaires, d'édiles municipaux…..sous la bannière du parti. Quand le chef du parti accepte lui même d'entrer dans le gouvernement , c'est pour puiser dans le dénier public pour alimenter la vie de son parti. C'est pourquoi la démission pour incompatibilité n'est pas encore entrée dans nos moeurs politiques. Tout départ d'un ministre du gouvernement s'apparente à un deuil.Un parti politique, c'est d'abord un courant politique et sa structure interne. Une idéologie aussi, qui reflète les aspirations d'une frange de la population qu'on appelle électorat. Il a une vocation nationale. Il a une implantation et une representation nationales.
Ma préoccupation est de savoir si les partis politiques au Mali sont de véritables associations de personnes unies par des intérêts et des opinions communs en vue de conquérir le pouvoir pour se servir ou servir le peuple ? Representent-ils des électeurs convaincus? Savent-ils séduire un électorat ? Combien de fois leur est -il arrivé d'empêcher légalement la mise en oeuvre des actions gouvernementales? Sont-ils des Clubs de soutien?
L'opposition malienne, majoritairement, a complaisamment joué un jeu de flirt , tissé une histoire d'amour d'avec le pouvoir. Elle a le plus souvent perdu de vue que la relation dialectique entre le pouvoir en place et sa contestation confère à la politique toute sa légitimité. Une opposition permanemment active sous-tendue par des critiques acerbes et pointues, des suggestions pertinentes, des refus et des empêchements légaux à la façon de gérer le pays a manqué au tableau et aurait du coup faussé le jeu politique. Ce qui nous amène infailliblement à nous poser la question de savoir si bon nombre de partis politiques ont des convictions. La conviction en politique participe à l'élaboration d'une identité sociale. Et à chaque fois qu'il y'a une violence volontaire ou involontaire contre ces valeurs structurantes , des réactions de défense instinctives et naturelles naissent. A ce niveau, la limite est plus ténue entre les convictions sociales fortes, vecteurs de violence et le fait de s'opposer aux tenants du pouvoir.
A l'heure du bilan du régime d'ATT, l'opposition malienne sera en partie comptable car elle n'a pas pleinement joué son rôle de contre-pouvoir qui aurait été de nature à donner du grain à moudre au pouvoir. Ce qui aurait évité un certain nombre de dérapages et d'échecs imputables à la gouvernance actuelle. Maliba, notre héritage commun en aurait gagné. Nous avons plutôt assisté à une espèce de démocratie consensuelle, véritable particularité malienne. "Quiconque flatte ses maîtres les trahit"
Sans vouloir offenser qui que ce soit, il ne serait pas exageré de soutenir que Oumar Mariko paraît être l'esprit le plus beau dans l'opacité parfaite du landerneau politique malien. L'homme a une conviction : il croit absolument à un Mali meilleur. Il a des raisons et des arguments qui portent sa conviction comme disait la Bruyère. Il n'a jamais fait mystère de son aversion systématique pour le néocolonialisme. Il a mené un combat incessant contre les privatisations sauvages de nos enterprises. La santé et l'éducation du peuple se trouvent engoncées au centre de son combat social.
Une hirondelle ne fait guère le printemps. Le Mali regorge d'environ une bonne centaine de partis politiques dont l'utilité et la pertinence restent à démontrer. Ce qui m'amène ipso facto aux interrogations non moins pertinentes de notre frère aîné Ousmane Sy:
"Les partis politiques sont-ils encore utiles pour la démocratie et l'émancipation des peuples africains? Si oui, que doit -on faire pour qu'ils jouent mieux leurs rôles?
Si non, par quoi doit-on les remplacer ?"
Oui, monsieur Sy, les partis politiques sont encore utiles pour la marche démocratique et l'émancipation des peuples. Telle la langue d'Oeusope, ils seront la pire ou la meilleure des choses suivant l'utilisation qu'on en ferait. Donc, on ne saurait légitimement accepter et concevoir la gestion démocratique du pouvoir sans contre-pouvoir. Le contre-pouvoir est sémantiquement un pouvoir qui s'exerce en opposition à une autorité établie. Notre démocratie ne ressent aucun besoin d'avoir de carriéristes chévronnés se plaisant à jouer à ravir la carte de la démocratie consensuelle. Le Mali , tout comme le reste du continent africain, a besoin de partis politiques forts, fruits de long processus de maturation, bien structurés, faisant de la formation politique et idéologique de leurs militants des impératifs catégoriques. Notre démocratie souffre d'un déficit criard d'information et de formation politique des masses populaires. Bon nombre de partis politiques ont peiné dans leurs efforts d'opérer la mise en mouvement des masses , à faire la publicité des activités, à vendre leurs idéologies , s'il en ont. Une crise de confiance très aiguë sépare les politiciens et la population.
Que doit- on faire pour que les partis jouent leurs rôles?Il faut tout simplement re-configurer le schéma politique. L'avénément de la démocratie au Mali a géneré un multipartisme des plus débridés exposant notre pays à toutes sortes d'aventuriers de mauvais aloi embrigadés dans des partis fantômes faisant serment d'allégeance au pouvoir en place. Environ deux décennies après il s'impose à l'évidence de briser ce schéma picaresque pour reconfigurer l'échiquier politique malien. Pourquoi ne prendrions -nous pas chez les autres ce qui semble marcher.
LE MULTIPARTISME DEBRIDE FUT UNE ERREURPourquoi ne pas reconfigurer notre paysage politique en limitant le nombre des partis politiques? Vingt ans après la pratique du multipartisme débridé , nous en sommes à nous demander si ce choix s'impose être le meilleur pour notre pays eu egard au nombre d'habitants et de nos ressources financières. Des pays de vieilles traditions démocratiques gardent le bipartisme: au Royaume Uni, les Conservateurs à droite et les Travaillistes à gauche. Tout autour de ces deux grands partis se greffent de petits partis. On rencontre le même schéma politique aux USA avec les Démocrates et les Républicains auxquels s'écussonnent de petits partis. En Israël , le Likoud et les Travaillistes auxquels serait venu s'ajouter le Kadima d'Ariel Sharon, un parti centriste. Tout autour viennent s'amonceler quelques petits partis. Le multipartisme débridé fut une erreur, vivement le multipartisme contrôlé. L'instauration du vote uninominal majoritaire à un seul tour serait une avancée notable dans nos choix démocratiques en ceci qu'il éviterait aux choux et chèvres de s'acoquiner pour former des alliances qui ne survivent que le temps d'une élection présidentielle. C'est une tare pour notre démocratie que d'octroyer la représentativité d'une large portion de la société aux analphabètes à l'Assemblée Nationale dont les fonctions sont couramment le contrôle de l'action gouvernementale, l'élaboration des lois en tant que détentrice du pouvoir législatif. Quelles armes intellectuelles un analphabète dispose-t-il pour voter un budget et en vérifier l'emploi? Peut-il procéder à des enquêtes et interpeler les gouvernants? Notre démocratie perd de son lustre avec des députés analphabètes-baudruches croûlant sous le faix d'une infirmité rédhibitoire vis à vis de la chose politique qui se décline en terme d'accessibilité, d'expression, de compréhension et d'appréhension. Cette bizarrerie gagnerait à être corrigée pour le bonheur de notre démocratie. Cette approche peut à première vue paraître provocatrice, une espèce de pavé dans la mare. Mais le débat reste ouvert pour ceux des maliens ayant une idée divinement haute de la liberté d'expression et de la diversité des idées dans le cadre convivial de la confrontation des idées d'où sort un Mali grandi.
Derrière Amadou Toumani Touré, ex-général, se cache à coup sûr un fin stratège qui a su jouer à ravir sa partition. Il a fait ce qu'il a voulu. Il est sorti vainqueur de ce jeu de méli-mélo politique au goût détestable. Il est tard de vouloir s'opposer au vainqueur. Le vaincu, le peuple malien a dramatiquement pris les allures de maître Aliboron. Les rideaux sont presque tirés. Nous sommes à quelques encablures de la fin du mandat présidentiel qui le plus souvent se trouve être des plus difficiles pour le président sortant. C'est le moment de prédilection pour les insatisfaits et les aigris de le lâcher et de se faire entendre. Nous leur dirons d'aller paître. Heureusement que Monsieur Touré fait durer le suspens en ne procédant pas au fameux remaniement ministeriel qui est devenu une espèce de fixation pour certains attentistes. Et puis aussi, il y'a l'ombre d'un hypothétique troisième mandat qui plane. La copie de l'opposition malienne gagnerait à être revue.
Fatogoma Mohamed ouattara
Orange, New Jersey,
USA
Fouattara2@comcast.net
Le lycée Sankore: mon cri de coeur
Le lycée Sankoré: mon cri de coeur
Depuis un certain temps, comme dans une chasse à courre, le hallali avait été entendu aux environs du lycée Sankoré, l'un des temples du savoir et de l'éducation dans le Mali moderne. Cette sonnerie de détresse est tombée sur la toile cirée de nos indifférences. Aujourd'hui, c'est le glas qui vient d'être sonné. C'est avec beaucoup d'amertume que nous avons appris la fermeture du lycée Sankoré. Sankoré: un nom, un mythe et un symbole, évoque les pages les plus glorieuses et les plus brillantes du Mali d'hier et d'aujourd'hui.
Le Mali, berceau des grands empires et d'une brillante civilisation, est une charmante formule qui , considerée sous un aspect purement psycho-sociologique , n'est pas sans revaloriser notre ego de patriote invéteré. Une multitude de fois, il m'est arrivé de rencontrer des gens qui voulaient savoir d'où je venais en Afrique. C'est avec une certaine fierté que j'ai toujours repondu : Mali. Mais malheureusement , il était impossible pour la plupart de ces curieux de situer le Mali sur une carte. J'ai toujours pris un malin plaisir à utiliser les noms de Tombouctou et de Sankoré comme fil d'Arianne pour les sortir du pétrin. Croyez moi, loin de nos terres, ces deux noms mythiques sont plus connus que celui de Bamako, la capitale. Sankoré, c'est un nom. Sankoré est le nom d'un quartier et celui de cette mécène qui, au XVème siècle, construisit une mosquée, aux dimensions de la Kaaba. Sankoré est le nom mythique d'une université islamique et des medersas au rayonnement international qui fascinait les érudits du monde entier et donna à la cité mystérieuse ses véritables lettres de noblesse. Et enfin, c'est un symbole: celui de la spiritualité, de la morale et de l'espoir.
Il n'est nullement dans mes intentions de m'ériger en avocat défenseur du promoteur de l'établissement qui ne serait pas un saint, semblerait-il. On lui reproche pêle-mêle le non-paiement des salaires des enseignants et des impôts, sa cupidité et son manque de sérieux. Loin de moi aussi l'idée de rejeter et condamner aux peines éternelles la décision sage du Forum national sur l'éducation relative à l'enseignement privé avec encouragement et blame pour les bons et mauvais promoteurs. Le lycée Sankoré fut le premier établissement privé du Mali. Il porte un nom qui est partie intégrante de la brillance de notre civilisation malienne. Mon problème réside dans les symboles psycho-affectifs forts que recèle cet établissement. Pensez à la forte charge émotionnelle de tous ceux- là, filles et garçons (certains sont cadres de l'administration aujourd'hui) qui sont passés par cet établissement et qui en gardent des souvenirs impérissables. Je partage , la douleur et le chagrin de tous ces innombrables écoliers qui à un moment ou à un autre de leurs vies scolaires ont tissé des liens affectifs avec le lycée Sankoré. Avouons qu'il est des souvenirs qu'on est pas prêt d'effacer ou d'oublier. Et le Lycée Sankoré fait partie de ceux-là. "Vous qu'afflige la détresse, croyez que plus d'un héros dans le soulier qui le blesse peut regretter ses sabots"(Bérang.le gueux.). La fin tragique de cet établissement est assurément triste à contempler et difficile à accepter.
Nous nous apitoyons sur le triste sort du lycée et des élèves qui ont été obligés de transférer au cours de l'année scolaire. Mais gardons nous d'oublier les enseignants qui ont travaillé dans des conditions difficiles pour ce promoteur véreux . Quel sort l'Etat va-t-il leur réserver? Je ne veux nullement ouvrir ici une boîte de pandore en parlant des problèmes de l'école malienne. Mais je reste convaincu qu'aucun forum sur l'éducation , aussi savamment ficelé soit-il , serait voué à l'échec le plus cuisant s'il ne tenait pas en compte le destin de ceux -là qui ont la responsabilité d'animer l'école: les enseignants. Loin d'être une sinécure, le métier d'enseignant ressent un besoin immense d'être rehaussé eu egard à son caractère sacerdotal. Le statut de l'enseignant est si dévalorisé qu'il s'impose à l'évidence sa révalorisation comme préalable de tout effort de renouveau de l'école malienne. Les enseignants sont les parents pauvres de notre administration et il est une exigence nécessaire de réparer cette injustice. Je souhaite de tout mon coeur que la cruauté du destin des enseignants au Mali ne se transforme pas en "fabuleux destin d'enseignants"(référence à :"Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain" qui consacra sa vie au bonheur des autres tout en s'oubliant).
Je supplie, sages gouvernants ,de sauver un nom, celui de Sankoré qui fut jadis synonyme du rayonnement culturel de notre pays par délà les océans et les déserts.
Souffrez que je vous supplie encore d'intercéder en faveur de mes frères enseignants dont le changement de statut à la hausse serait la plus belle des choses. Notre histoire a retenu que près de 25.000 étudiants fréquentèrent la fameuse université de Sankoré sous le règne de Sonni Ali Ber ( Ber en Sonrhaï= le Grand). Peut être la grandeur des actuels gouvernants et responsables de l'éducation viendrait de leur volonté réelle de rendre un grand service à notre pays en préservant le nom Sankoré et de sauver aussi l'école malienne qui ne demande qu'à être libérée de ses démons.
Vivement que les hautes autorités politiques repondent à mon cri de coeur par un cri de la conscience en sauvant le lycée Sankoré. Pourquoi ne pas en faire une école publique? Ce faisant, ils auraient préservé un nom prestigieux, et perpetué l'héritage culturel et islamique de l'université/mosquée de Sankoré que nos ancêtres nous ont légué depuis le XVème siècle. "Tout ce que peut faire un grand homme d'Etat et un grand capitaine, Annibal le fit pour sauver sa patrie" disait Montesquieu . A bon entendeur salut!
Fatogoma Mohamed Ouattara
Orange, New jersey
USA
Fouattara2@comcast.net
Depuis un certain temps, comme dans une chasse à courre, le hallali avait été entendu aux environs du lycée Sankoré, l'un des temples du savoir et de l'éducation dans le Mali moderne. Cette sonnerie de détresse est tombée sur la toile cirée de nos indifférences. Aujourd'hui, c'est le glas qui vient d'être sonné. C'est avec beaucoup d'amertume que nous avons appris la fermeture du lycée Sankoré. Sankoré: un nom, un mythe et un symbole, évoque les pages les plus glorieuses et les plus brillantes du Mali d'hier et d'aujourd'hui.
Le Mali, berceau des grands empires et d'une brillante civilisation, est une charmante formule qui , considerée sous un aspect purement psycho-sociologique , n'est pas sans revaloriser notre ego de patriote invéteré. Une multitude de fois, il m'est arrivé de rencontrer des gens qui voulaient savoir d'où je venais en Afrique. C'est avec une certaine fierté que j'ai toujours repondu : Mali. Mais malheureusement , il était impossible pour la plupart de ces curieux de situer le Mali sur une carte. J'ai toujours pris un malin plaisir à utiliser les noms de Tombouctou et de Sankoré comme fil d'Arianne pour les sortir du pétrin. Croyez moi, loin de nos terres, ces deux noms mythiques sont plus connus que celui de Bamako, la capitale. Sankoré, c'est un nom. Sankoré est le nom d'un quartier et celui de cette mécène qui, au XVème siècle, construisit une mosquée, aux dimensions de la Kaaba. Sankoré est le nom mythique d'une université islamique et des medersas au rayonnement international qui fascinait les érudits du monde entier et donna à la cité mystérieuse ses véritables lettres de noblesse. Et enfin, c'est un symbole: celui de la spiritualité, de la morale et de l'espoir.
Il n'est nullement dans mes intentions de m'ériger en avocat défenseur du promoteur de l'établissement qui ne serait pas un saint, semblerait-il. On lui reproche pêle-mêle le non-paiement des salaires des enseignants et des impôts, sa cupidité et son manque de sérieux. Loin de moi aussi l'idée de rejeter et condamner aux peines éternelles la décision sage du Forum national sur l'éducation relative à l'enseignement privé avec encouragement et blame pour les bons et mauvais promoteurs. Le lycée Sankoré fut le premier établissement privé du Mali. Il porte un nom qui est partie intégrante de la brillance de notre civilisation malienne. Mon problème réside dans les symboles psycho-affectifs forts que recèle cet établissement. Pensez à la forte charge émotionnelle de tous ceux- là, filles et garçons (certains sont cadres de l'administration aujourd'hui) qui sont passés par cet établissement et qui en gardent des souvenirs impérissables. Je partage , la douleur et le chagrin de tous ces innombrables écoliers qui à un moment ou à un autre de leurs vies scolaires ont tissé des liens affectifs avec le lycée Sankoré. Avouons qu'il est des souvenirs qu'on est pas prêt d'effacer ou d'oublier. Et le Lycée Sankoré fait partie de ceux-là. "Vous qu'afflige la détresse, croyez que plus d'un héros dans le soulier qui le blesse peut regretter ses sabots"(Bérang.le gueux.). La fin tragique de cet établissement est assurément triste à contempler et difficile à accepter.
Nous nous apitoyons sur le triste sort du lycée et des élèves qui ont été obligés de transférer au cours de l'année scolaire. Mais gardons nous d'oublier les enseignants qui ont travaillé dans des conditions difficiles pour ce promoteur véreux . Quel sort l'Etat va-t-il leur réserver? Je ne veux nullement ouvrir ici une boîte de pandore en parlant des problèmes de l'école malienne. Mais je reste convaincu qu'aucun forum sur l'éducation , aussi savamment ficelé soit-il , serait voué à l'échec le plus cuisant s'il ne tenait pas en compte le destin de ceux -là qui ont la responsabilité d'animer l'école: les enseignants. Loin d'être une sinécure, le métier d'enseignant ressent un besoin immense d'être rehaussé eu egard à son caractère sacerdotal. Le statut de l'enseignant est si dévalorisé qu'il s'impose à l'évidence sa révalorisation comme préalable de tout effort de renouveau de l'école malienne. Les enseignants sont les parents pauvres de notre administration et il est une exigence nécessaire de réparer cette injustice. Je souhaite de tout mon coeur que la cruauté du destin des enseignants au Mali ne se transforme pas en "fabuleux destin d'enseignants"(référence à :"Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain" qui consacra sa vie au bonheur des autres tout en s'oubliant).
Je supplie, sages gouvernants ,de sauver un nom, celui de Sankoré qui fut jadis synonyme du rayonnement culturel de notre pays par délà les océans et les déserts.
Souffrez que je vous supplie encore d'intercéder en faveur de mes frères enseignants dont le changement de statut à la hausse serait la plus belle des choses. Notre histoire a retenu que près de 25.000 étudiants fréquentèrent la fameuse université de Sankoré sous le règne de Sonni Ali Ber ( Ber en Sonrhaï= le Grand). Peut être la grandeur des actuels gouvernants et responsables de l'éducation viendrait de leur volonté réelle de rendre un grand service à notre pays en préservant le nom Sankoré et de sauver aussi l'école malienne qui ne demande qu'à être libérée de ses démons.
Vivement que les hautes autorités politiques repondent à mon cri de coeur par un cri de la conscience en sauvant le lycée Sankoré. Pourquoi ne pas en faire une école publique? Ce faisant, ils auraient préservé un nom prestigieux, et perpetué l'héritage culturel et islamique de l'université/mosquée de Sankoré que nos ancêtres nous ont légué depuis le XVème siècle. "Tout ce que peut faire un grand homme d'Etat et un grand capitaine, Annibal le fit pour sauver sa patrie" disait Montesquieu . A bon entendeur salut!
Fatogoma Mohamed Ouattara
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Fouattara2@comcast.net
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